Ici Radio-Mononcle

S’il faut en croire le collègue Tommy Chouinard, las d’une supposée presse fédéraliste hostile au mouvement souverainiste, des jeunes du Parti québécois seraient en train de mettre en place une radio Internet carburant à l’énergie nationale (il faudra d’ailleurs m’expliquer un jour à quoi ça carbure l’énergie nationale).

Toujours selon Chouinard, monsieur Landry se serait montré enthousiaste devant ce projet. Toutefois, le chef du Parti québécois a dit souhaiter analyser plus en détail le projet de Radio-PQ avant de donner sa bénédiction. Inquiétant à mon avis.

Car voyez-vous, l’idée de lancer une radio Internet n’est pas mauvaise en soi. Certains diront même qu’il est enfin temps que les partis politiques canadiens et québécois sortent de leur léthargie pour courtiser sur leur terrain les jeunes de moins de trente ans.

Toutefois, et les dernières élections fédérales nous l’ont prouvé encore une fois, les efforts de partis politiques en vue d’atteindre les jeunes par Internet me font penser à ce vieux mononcle qui, dans les réunions de famille, raconte que, dans son temps, lui aussi se tapait son gros joint de colombien tous les jours.

– Moi aussi, dans mon temps, on en fumait des barreaux de chaise.

– Oui, mononcle, t’es vraiment cool toi aussi mononcle. Alors, on se roule un gros pétard tous les deux ?

– Minute le jeune, ce n’est pas de cette façon que ça fonctionne. Je vais te montrer comment en réalité.»

Il n’y a qu’à fréquenter le site Internet de la Saison des idées pour comprendre que si monocle aime bien les belles images hautes en couleurs (ça fait tellement jeune, frais et dynamique), en termes d’idées et de discussions, il n’y a pas de quoi fouetter un chat ou exciter un Antoine. Mononcle peut donc dormir en paix, car mis à part les réflexions d’un ou deux iconoclastes, l’audace n’était manifestement pas au rendez-vous dans les forums de discussion. Quant aux textes de réflexions, on précise bien en page d’accueil que seuls les textes pertinents seront publiés sur ce site. Bonjour la spontanéité et le véritable brassage d’idées. On sent bien que le parti garde le contrôle sur cet espace virtuel.

Or, est-il besoin de le préciser encore une fois, cette absence d’audace et d’appropriation de ce nouveau moyen de communication qu’est Internet n’est pas l’apanage du PQ. Aucun des partis politiques fédéraux et provinciaux au Canada n’a compris la force que pouvait représenter Internet, combiné avec les autres médias traditionnels et électroniques.

Il faut plutôt se tourner vers notre voisin du sud, avec Howard Dean et maintenant John Kerry. Ou plus proche de nous, du côté des altermondialistes et de nombreux groupes communautaires, pour se rendre compte que, contrairement aux supposés stratèges en communications des partis traditionnels, eux seuls ont su véritablement déchiffrer et assimiler les principes d’utilisation et de communication d’Internet et de la culture de réseau.

En effet, à la différence d’une télévision, d’une radio ou d’un journal qui joue le rôle d’un émetteur unique diffusant vers des milliers de récepteurs (lecteurs ou auditeurs), Internet, par sa nature, permet à tout un chacun d’être non pas juste un récepteur, mais aussi un émetteur relais. Ce principe, beaucoup de jeunes l’ont compris et l’ont déjà mis à profit.

Les stratèges d’Howard Dean avaient d’ailleurs bien compris que le seul espoir de permettre à leur candidat de se démarquer était de mettre en place une véritable stratégie Internet basée sur une vision «bottom-up», c’est-à-dire un brassage d’idées qui part de la base pour remonter vers le haut de la pyramide, et non pas l’inverse. Et ceci, sans étouffer la spontanéité et la confrontation d’opinions diversifiées qui ne suivent pas nécessairement toutes la ligne du parti.

Cette stratégie du clan Dean a d’ailleurs permis à l’ex-gouverneur du Vermont d’attirer vers lui des électeurs qui, normalement, se seraient abstenus de toute participation. Bref, grâce à sa stratégie Internet et son discours anti-guerre, Dean a contribué à faire renaître un parti démocrate amorphe et tétanisé par les événements du 11 septembre.

Cependant, avec cette course à la direction non officielle que madame Marois a déclenché, il serait bien surprenant que Radio-PQ ait carte blanche des mononcles et qu’elle devienne un véritable outil d’information, de brassage d’idées, d’échange et de mobilisation libre de toute mainmise du parti. Si jamais la radio Internet du Parti Québécois voit le jour, elle ne sera qu’un simple outil de propagande conçu par des souverainistes, pour les souverainistes et étroitement contrôlé par les instances dirigeantes du parti. Vous savez, quand Marshall McLuhan affirmait que le medium est le message, il ne faudrait tout de même pas le prendre au pied de la lettre.

Ici Radio-Mononcle !

Rétablissons les faits? Soit!

Pour faire suite à ma chronique sur les archives radio-canadiennes, la société d’État sort ses gros canons en envoyant au front rien de moins que le directeur général des communications au service français. Je suis touché. A-t-on touché un point sensible? Réponse de la société sur le site du Devoir suivie de la réplique du chroniqueur. Je sens que je viens de me faire un nouvel ami. :mrgreen:

Et il y eut le 1 500…

Moment magique au 1 500 mètres masculin hier. Il ne manquait qu’à Hicham El Guerrouj, champion du monde, qu’une seule récompense : l’or olympique. Pour celui qui est sans contredit le plus grand coureur de 1 500 de la dernière décennie, Athènes était l’endroit où devait cesser cette malédiction qui n’avait de cesse de le poursuivre. Dernier 400. Entre le prétendant kenyan Lagat et le marocain El Guerrouj, c’est à qui prendrait la tête de la course. Finalement, quelques mètres avant l’arrivée, El Guerrouj coiffe au finish Lagat et obtient SON 1 500. Moment magique, les kenyan vont consoler celui qui s’effondre sous l’émotion. C’est ça les Jeux. Dépassement et émotion.

Bernstein-Woodward

Il est rare que les entrevues « bonbon » aux questions prévisibles de Larry King parviennent à me passionner. Pourtant, celle regroupant les deux ex-partenaires du Washington Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, sur les 30 ans du Watergate m’a reconcilié avec l’intervieweur vedette de CNN.

On s’en doute, la qualité des personnes interviewées a dû forcer King à se surpasser. Pour qui se passionne pour la politique américaine, la lecture de la transcription de cette entrevue est un « must ».

De l’insatiable curiosité des moteurs de recherches

Des donateurs affiliés au groupe de pression de centre-gauche MoveOn.org ont vraisemblablement quitté l’anonymat que leur conférait Internet pour se voir propulsés sur la scène publique, gracieuseté de la négligence du webmestre et, surtout, de l’insatiable curiosité des moteurs de recherche tels que Google et Yahoo.

En effet, une erreur de configuration du site permettait au moteur de recherche de parcourir et d’indexer dans ses bases de données une page Web normalement inaccessible aux internautes, à savoir celle qui recense les noms et courriels des abonnés ainsi que le détail des listes d’envoi auxquels ils sont abonnés.

Cet incident n’est que le dernier d’une longue série d’indiscrétions que commettent quotidiennement les moteurs de recherche qui se voient dotés d’algorithmes de plus en plus sophistiqués. Indiscrétions dont la source réside la plupart du temps dans la négligence des webmestres ou, tout simplement, dans l’ignorance et la bêtise des simples internautes.

Je ne compte plus le nombre de fois où une recherche somme toute innocente a fini par me conduire vers des pages remplies d’informations personnelles. Un simple CV affichant votre nom, votre adresse, votre numéro de téléphone et votre numéro d’assurance sociale, c’est tout ce dont a besoin un fraudeur pour recevoir des cartes de crédit à votre nom et détruire à tout jamais votre crédit.

Toutefois, si on se met à fouiller un peu plus, c’est quelquefois des jardins secrets que l’on aimerait bien garder secrets et que, sans pudeur, les moteurs de recherche exposent aux internautes baladeurs.

Il m’est arrivé à quelques reprises d’écrire à ces personnes, de leur expliquer que, soudainement, leur vie privée devenait… très publique. Étrangement, j’ai eu à faire face à deux types de réactions : celles qui provenaient de personnes âgées de 30 ans et plus, qui reconnaissaient leur erreur et s’empressaient de retirer rapidement les informations qu’elles auraient voulu garder anonymes de leur site personnel, et celles provenant de jeunes gens qui, au contraire de leurs aînés, n’avaient aucune intention de retirer ne serait-ce qu’un mot de leur page Internet.

En effet, pour ces jeunes, et particulièrement ceux qui ont entre 15 et 25 ans, la question d’être ou ne pas être anonyme sur Internet ne se pose même pas. Ils sont conscients que, dans cette société qui embrasse le numérique et qui voit les bases de données se multiplier quasiment à l’infini, l’anonymat et le respect de la vie et des données personnelles que nous, les boomers, avons si chèrement défendus, ne sont que purement théoriques.

En fait, pour eux, la seule façon d’acquérir un certain anonymat sur la toile est, soit de se débrancher complètement, soit, au contraire, de noyer les moteurs de recherche sous un flot d’informations contradictoires.

«Dans un site, j’ai les yeux bleus, dans un autre, je les ai verts. Ici, je suis grand et célibataire et, ailleurs, de taille moyenne et en couple. Mais dans le fond, qui suis-je vraiment ? Seuls les gens qui me connaissent véritablement le savent. Pour les moteurs de recherche, j’existe… en plusieurs exemplaires.»

Un fichier «robots.txt»

Selon Éric Baillargeon, un spécialiste en marketing Internet et référencement de sites Web, la tactique est originale et a déjà fait ses preuves. Cependant, rien n’empêchera les moteurs de recherche de récolter une quelconque information factuelle, comme un numéro d’assurance sociale, si celle-ci se trouve sur une page.

«Et pour qui sait utiliser le plein potentiel de Google ou de tout autre moteur de recherche, il est encore aussi facile de trouver de l’information sensible sur Internet.»

Si, toutefois, vous tenez mordicus à publier sur votre site Internet des informations «sensibles», Éric Baillargeon recommande de déposer à la racine de votre site ou d’un répertoire de votre site, un fichier «robots.txt». Ce fichier repousse les avances des moteurs de recherche et empêche ceux-ci de moissonner votre site. Éric a d’ailleurs conçu un tel fichier pour les lecteurs du Devoir, fichier que vous pouvez récupérer à l’adresse suivante : http://www.micheldumais.com/archives/2004/08/22/robotstxt/.

Cependant, sachez que vous ne pourrez pas empêcher un internaute le moindrement entreprenant de trouver le chemin vers vos secrets, particulièrement si le fichier «robots.txt» est aussi mal foutu que celui… de la Maison-Blanche. Hé oui, on se serait attendu à un peu plus de rigueur après le 11 septembre, et pourtant ! Amusez-vous à regarder le contenu de ce fichier en vous rendant à l’adresse suivante : http://www.whitehouse.gov/robots.txt. Loin d’être un modèle de discrétion, ce fichier est un véritable guide vers des sections moins connues du site de la Maison-Blanche.

Détail encore plus cocasse, en faisant une recherche sur Google avec l’expression «robots.txt», la Maison-Blanche décroche une cinquième place.

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Encadré faisant suite à l’article

Toujours sceptique à propos des indiscrétions révélées par Google? Une conférence prononcée par Johnny Long lors du Black Hat Security Briefing, un congrès un peu particulier qui regroupe autant des spécialistes de la sécurité que des pirates de toutes confessions, a mis en lumière la puissance d’un outil comme Google et la négligence dont font preuve les webmestres de nombreux sites Internet.

En toute légalité, et sans utiliser rien d’autre que des requêtes de recherches finement ciselées, Long a démontré que les pirates de l’information n’ont besoin que de Google pour récolter des mots de passe, des numéros de cartes de crédit et, surtout, une quantité incroyable d’informations personnelles sur des internautes.

Selon Long, il est même possible d’utiliser Google pour trouver les trous de sécurité de serveurs Internet afin de planifier ultérieurement une intrusion non autorisée.

On peut trouver sur le carnet Web de Johnny Long, Johnny.Ihackstuff.com, le contenu de sa conférence au Black Hat Security Briefing, ainsi que de nombreuses bidouilles (hacks) Google et des guides visant à exposer les trous de sécurité des systèmes d’exploitation et les solutions pour s’en protéger.

Robots.txt

Voici le fichier « robots.txt » conçu par Éric Baillargeon à l’intention des lecteurs du Devoir. Vous pouvez le personnaliser pour empêcher les robots des moteurs de recherches d’indexer certaines sections de votre site.

Bref, la lecture du contenu de ce fichier s’impose. Pour récupérer le fichier, cliquez sur le lien ci-haut et sauvegardez le contenu au format TXT ou ASCII. Des applications toutes simples comme NotePad (Windows) ou SimpleText/TextEdit (Macintosh) suffisent pour en personnaliser le contenu.

Bon appétit!

Julia ChildBien avant l’arrivée des chaînes de télévision spécialisées, et particulièrement Food Network, et lorsque j’étais tout jeune, deux émissions culinaires ne cessaient de me captiver: The Galoping Gourmet, avec Graham Kerr, un australien complètement éclaté qui n’aurait sans doute pas renié le doublage… psychotronique de son émission. Bien avant Emeril Lagacé, Graham Kerr avait contribué à faire d’une émission culinaire un véritable « show », sans toutefois délaisser la rigueur nécessaire à la résussite d’un plat. Grahm Kerr était (et est toujours) un des mes héros de jeunesse.

Cependant, il y avait cette autre émission à laquelle je revenais toujours avec curiosité et plaisir. Celle animée par Julia Child et son complice Jacques Pépin. La grande Julia, cette dame toute simple qui n’hésitait pas à s’enfiler (discrètement il va s’en dire) le reste de la bouteille de vin derrière le tablier. Celle qui m’avait donné le goût d’apprendre à cuisiner, et qui avait révélé aux américains que la grande cuisine française pouvait être facile d’approche, en autant que l’on respecte certaines règles. Ses livres sont de grands classiques qu’il convient de posséder dans sa cuisine. Madame Julia nous a quitté et est partie faire ce qu’elle aimait le plus dans les cuisines de Saint-Pierre.

And indeed, she said she preferred not to be remembered as any kind of celebrity.

« I want (the history book) to say that I was a teacher and that I was teaching French cooking. It’s serious business, but it’s fun. »

Je suis d’ailleurs parfairement d’accord avec le Lapin Gourmand qui compare cette grande dame de la cuisine à une autre grande dame de chez nous, madame Jéhanne Benoît, dont je possède en passant, ami Lapin, l’intégrale de ses bouquins sur la cuisine aux… micro-ondes (si, si, c’est possible de faire cuire un délicieux filet de porc dans ces « machins », en autant qu’ils soient de haut de gamme et qu’ils intègrent un système de cuisson à convection).

Prenez note que Food Network diffusera plusieurs émissions hommages à madame Julia demain, le 22 août, et ce, tout au cours de la journée.

Bon appétit!

Walter Cronkite

Walter Cronkite annonçant le décès de JFKMonsieur Crédibilité lui-même (pour les américains) prend sa retraite.

Cronkite juge que les décennies qu’il a consacrées à la présentation du journal du soir, sur CBS, étaient «gratifiantes» mais «pas entièrement satisfaisantes», dénonçant la médiocrité croissante des informations télévisées, qui passent trop de temps sur des affaires «de sexe, d’Hollywood et de crime». «Il est carrément impossible de couvrir correctement les prin-cipaux sujets du jour, tout autour de la Terre, en 17 minutes [30 minutes de journal moins 13 minutes de pub, ndlr]», a-t-il déclaré récemment à Reuters. En revanche, la presse écrite, juge-t-il dans sa chronique d’adieu, a vocation à être «la gardienne de l’Histoire».

Blackberry et Mac OS X

Blackberry 7510Enfin, ça se synchronise ensemble.

Now you can sync your BlackBerry handheld with your Mac. PocketMac BlackBerry Edition is the first program to allow Mac users to sync their crucial data between their BlackBerry and Entourage, Address Book, iCal, Now Contact, Now Up-To-Date, and even Stickies. And it’s fully integrated with iSync as well!