Quelle est notre responsabilité en tant qu’utilisateur de logiciels libres? Sommes-nous tenus de soutenir d’une quelconque façon le développeur principal ou la communauté d’un logiciel libre que nous avons téléchargé et que nous utilisons quotidiennement? J’en conviens, la question a de quoi surprendre sachant que, depuis toujours, on vous affirme dans ces pages que les logiciels libres sont gratuits.
Pourtant, depuis quelques jours, je ne cesse de me poser cette question. La bévue commise par Matt Mullenweg, le concepteur de la plateforme WordPress, est sans aucun doute le grand déclencheur de cette réflexion à laquelle je vous convie.
La semaine dernière, les responsables du moteur de recherche Google ont retiré à la page d’accueil du site WordPress.org sa note élevée de 8/10 à l’indice «Pagerank». Le «Pagerank» est une des normes utilisées par Google dans son algorithme afin de classer les sites Internet par importance. Le principe en est fort simple : plus votre site est lié par hyperliens à d’autres sites, et plus d’autres sites vous lient à eux, plus Google conclut que votre site est important et populaire. Heureusement, d’autres éléments de l’algorithme de Google peuvent tempérer l’indice «Pagerank». À vrai dire, selon Google, «plus de 100 facteurs déterminent automatiquement l’ordre d’affichage des résultats».
Les liens cachés
Alors, pourquoi tant de personnes attachent-elles autant d’importance à l’indice Pagerank ? Dans le cas qui nous préoccupe, l’important «Pagerank» du site WordPress.org lui permettait d’être présent dans le «top 1» de nombreuses recherches effectuées sur Google. Cependant, pour s’assurer que les résultats de recherche sont le plus démocratique possible, Google interdit aux sites Internet l’utilisation de liens cachés n’ayant aucun rapport avec la mission du site. Dans le jargon des spécialistes du référencement, on dit de cette pratique qu’elle «spamme» les moteurs de recherche.
Or, la semaine dernière, le site Internet Waxy.org a révélé que WordPress.org hébergeait quasi confidentiellement sur son site plus de 120 000 articles touchant des sujets aussi excitants que les médicaments censés redonner vigueur au membre masculin, l’obtention de crédit facile et de nombreux autres sujets associés au pourriel. Le développeur principal de WordPress a avoué avoir passé un accord financier avec une firme de placement publicitaire afin de bénéficier de revenus. Quant à la firme publicitaire, le but avoué était de faire la promotion des produits de ses annonceurs grâce à l’important Pagerank de WordPress.
Sanction rapide
Une fois ces faits connus, la sanction de Google ne s’est pas fait attendre : perte pour WordPress.org de son indice Pagerank et une moins grande popularité dans les résultats de recherche. Heureusement pour WordPress, après que furent retirés les articles incriminants, Google lui a redonné son indice. Fin du psychodrame qui a secoué principalement la blogosphère. Pour Matt Mullenweg toutefois, cette perte de revenus l’empêchera-t-il de se consacrer autant qu’il le voudrait au développement de son produit ?
Dans toute cette histoire, on peut affirmer sans se trop tromper que le développeur principal de WordPress, Matt Mullenweg, a péché par stupidité, une conclusion qu’appuie un des développeurs associés au projet WordPress, le Dr Dave : «Cette décision de Matt est probablement l’une des plus stupides de toute l’histoire du projet. Mais plutôt que d’y voir une intention malfaisante ou même foncièrement égoïste, je l’interprète surtout comme un reflet de ce qui représente le problème majeur de WP. Un problème très commun qui se retrouve dans plus d’un projet Open Source : l’ego surdimensionné de son développeur principal.»
Coûts faramineux
Pour ma part, j’y vois un des problèmes auxquels, de plus en plus, sont confrontés les concepteurs de logiciels libres qui gagnent soudainement en popularité. Que faire lorsqu’un projet auquel on planche quasiment à plein temps, sans revenu aucun, et dans lequel on doit synchroniser les efforts d’une foule de programmeurs associés, devient un gouffre financier ? Pour donner une idée de la popularité du logiciel, en quelques semaines, plus de 100 000 personnes ont téléchargé la nouvelle version de WordPress. Je n’ose imaginer les coûts en termes de bande passante. Ceux-ci doivent être faramineux. Et n’oublions pas les milliers d’heures passées à répondre aux suppliques des utilisateurs qui demandent constamment, à quand telle ou telle fonctionnalité ou à quand la sortie d’une nouvelle version améliorée ? Et quid de sa vie personnelle et de la productivité dans son emploi permanent ?
En tant qu’utilisateur de WordPress, l’outil qui me sert à rédiger mon carnet Web personnel, je me sens personnellement interpellé par toute cette histoire. Je me sens une responsabilité morale à contribuer d’une quelconque façon aux efforts de la communauté WordPress. Morale, mais aucunement légale, car lorsqu’on relit attentivement la licence GPL accompagnant le logiciel, rien ne m’oblige à donner ne serait-ce qu’un dollar afin de continuer à utiliser WordPress. Et il en est de même pour tous les logiciels libres que j’utilise sur mes différentes machines.
Un don
En ce qui me concerne, j’ai résolu ce conflit éthique en envoyant un don en argent à la communauté WordPress équivalant au service qu’elle me rend. Mais j’aurais pu tout autant prendre comme décision de donner de mon temps à la communauté afin de contribuer à la localisation du produit ou à son amélioration. Encore une fois, rien ne m’obligeait à faire ce don, et rien ne vous oblige non plus à en faire de même. De même, rien ne vous oblige à donner un montant important. Ce qu’il y a de bien avec le libre, c’est que chacun est libre d’estimer la valeur qu’il accorde à un produit.
Et vous, amis lecteurs ? Utilisez-vous quotidiennement des logiciels libres ? Sûrement ! Par exemple, si vous naviguez sur la Toile avec le fureteur Firefox, vous avez entre les mains un des fleurons du libre. Considérez-vous avoir une quelconque responsabilité envers sa communauté de développeurs ? Avez-vous envoyé un don à une communauté du libre ? Contribuez-vous de votre temps à l’amélioration d’un logiciel libre ? Vous sentez-vous une responsabilité morale à soutenir d’une quelconque façon le logiciel libre ? J’aimerais bien vous entendre à ce sujet.
En complément de programme:
WordPress
L’article de WAXY qui a tout déclenché
Débat sur WordPress avec les commentaires du Dr.Dave
J’ai lu quelques articles sur la question mais en voilà un qui pique vraiment ma réflexion… Très intéressant!
Ping : PJBlog
Bonjour,
Personnellement, aucun des logiciels « open source » que j’utilise ne répond tout-à-fait à mes besoins. Il s’agit de Audacity (un logiciel audio qui me dépanne parfois) et OpenOffice.Org que j’utilise à de rares occasions. Donc à l’heure actuelle, je ne me sens pas dans l’obligation morale de contribuer à ces projets. Par contre, si les logiciels deviennent réellement performants et complets (Firefox entre dans cette catégorie, mais Safari reste pour moi le choix premier) et que je me trouve à les utiliser plus régulièrement, je ferai fort probablement un don, que ce soit en temps ou en argent. Et puis à bien y réfléchir, je crois que si j’étais suffisamment à l’aise financièrement, je contribuerais certainement dès maintenant aux projets qui semblent prometteurs (comme OpenOffice,Org et Ardour -ardour.org-, parmi d’autres…). Il s’agirait dans ce cas d’un élan de sympathie, davantage que d’un sentiment de responsabilité. Je crois que cette petite révolution peut inspirer d’autres changements dans la société et ça me plaît beaucoup.
Pour l’instant, je guette les nouvelles versions des différents logiciels (particulièrement dans le domaine de l’audio) et je commence à réfléchir au moment de mon ultime migration vers Linux… Reste qu’il sera difficile de renoncer complètement à la convivialité de OS X.
Bonjour,
1. J’utilise linux parce que j’aime contrôler mon environnement et que par souci d’équilibre, je préfère David à Goliath. J’ai acheté Mandrake 10 Power Pack (120$), pour encourager évidemment. Six mois plus tard, ils sortaient la 10.1, avec beaucoup de modifications. Perplexité. Mais bon, c’est gratuit. Donc, avant d’acheter pour encourager, il faut trouver chaussure à son pied.
Le monde linux (non la plate-forme) est encore instable. Mais pas la plate-forme: Kde + Openbox, c’est du gâteau. Scribus et openOffice: encore du gâteau.
Ma cousine a acheté un mac pour la capture vidéo, contre mon avis. Quand est venu le temps de rédiger son site, heureusement que NeoOffice était là! J’ai acheté StarOffice, pour encourager Sun.
2. Mac est construit sur BSD (le meilleur des 2 mondes disait un prof d’informatique de Laval). Mais il faut creuser profondément pour trouver linux sous le crémage. Mac reste encore le sympatico des pas trop débrouillards.
3. Pourquoi WordPress et le bloguisme ? Vous devriez utiliser le Html
Françoise Labelle
Vieille proffe de Saguenay
Bonjour Michel,
« Et vous, amis lecteurs ? Utilisez-vous
quotidiennement des logiciels libres ?
Sûrement ! Par exemple, si vous
naviguez sur la Toile avec le fureteur
Firefox, vous avez entre les mains un
des fleurons du libre. Considérez-vous
avoir une quelconque responsabilité
envers sa communauté de développeurs
? Avez-vous envoyé un don à une
communauté du libre ? Contribuez-vous
de votre temps à l’amélioration d’un
logiciel libre ? Vous sentez-vous une
responsabilité morale à soutenir d’une
quelconque façon le logiciel libre ?
J’aimerais bien vous entendre à ce
sujet. »
Pour ma part, j’envisage d’offrir mon
»
temps « dans un avenir rapproché
comme la traduction en français de
logiciels, ou de fichiers d’aide. Mais
pour ce qui est de mes réalisations
concrètes, j’ai fait l’acquisition de
chandail Firefox par internet, de même
que l’acquisition des CD originaux de la
distribution Edulinux 2004
(RévolutionLinux & Université de
Sherbrooke) au coût de 30$. Je
connais aussi quelques collègues de
travail qui en ont également fait
l’acquisition. J’ai déjà hâte de
contribuer financièrement à la
prochaine version.
Étant un ancien « installateur-
configurateur de PC » (lire win12), j’ai
offert à ma soeur, pour Noël, un PC
usagé (PII-400) tout frais configuré avec
Edulinux 2004, Firefox, les petites
caisses de son, l’accès à Internet, etc…
Elle en a vu que du feu et me rappelle
à l’occasion Ö combien elle est aux
anges depuis qu’elle utilise cette
machine!. J’en prépare déjà un autre
pour un de mes beau-frère, avec
Ubuntu (Debian).
Mais ce que j’ai de plus à coeur, serait
de contribuer au logiciel libre
directement dans mon environnement
de travail, comme développer des
applications internes avec des outils du
monde libre, mais malheureusement (…)
mon employeur ne semble
pas être partant… ils sont très
hésitants… ils sont trop conservateurs
tant qu’à moi !!
…Mais ça va sûrement venir un jour
Bonne journée !
Martin.
Bonjour,
Je me suis questionné comme vous à
plusieurs reprises, mais je dois avouer
que, jusqu’à maintenant, je suis demeuré
hésitant à transmettre des contributions.
Je vous soumets ci-dessous quelques
éléments qui alimentent encore ma réflexion:
1) la difficulté à contribuer en dollars
canadiens dans de nombreux cas;
2) même sur des sites d’excellente
réputation comme Mozilla où l’on semble
disposé à accepter cartes de crédit ou
Paypal, la procédure n’est pas claire.
On semble acheminé, veut, veut pas, vers
Paypal que je ne désire pas utiliser.
J’éprouve un inconfort à m’avancer dans
une procédure dont j’ai de la difficulté
à m’imaginer d’avance où et comment elle
va m’y amener;
3)je suis plus enclin à l’idée de
contribuer au développement dans le cas
du logiciel libre (OpenOffice, Mozilla)
que dans le cas de certains logiciels
gratuits où j’ai eu souvent le sentiment
que le montant de la contribution
suggérée était élevé.
Encore une fois, merci pour votre chronique.
4 avril 2005
Pierre Lesage
Bonjour,
Votre article est des plus intéressants. Il pose une question d’ordre
éthique à laquelle nous seront de plus en plus confrontés. Un peu la même
question lorsqu’il s’agit de payer 1$ pour télécharger une musique alors
qu’on la trouve gratuitement par Limewire. Question d’éthique et de morale
personnelle.
LOGICIELS PAYANTS?!?
Mais, en lisant votre article, je me faisais la réflexion. En ce qui a trait
aux logiciels libres (que j’utilise très peu) j’ai la tendance à payer ce
qu’il convient. Mais quand il s’agit d’utiliser des logiciels professionnels
(dans mon cas, ce serait relié à la musique) qui me coûteraient 1000$ le
logiciel alors que j’en utilise trois ou quatre nouveaux par année, quelle
devient mon attitude?
On nous demande de payer comme si nous étions des professionnels qui gagnent
leur vie par la musique. C’est impossible pour moi de payer autant pour de
pareils outils. Donc, je télécharge sur Limewire les mêmes logiciels
gratuitement, la conscience troublée mais le portefeuille vivant.
J’aimerais bien verser 50$ à Digital Performer pour qu’ils continuent de
faire un travail remarquable. Mais non, je dois me résigner, c’est 1000$ ou
c’est rien. N’auraient-ils pas à gagner de faire ainsi une échelle de prix?
Ou alors, 50$ = 500 heures d’utilisation
100$ = 1000 heures, etc…
Merci et continuez votre bon travail!
Si vous étiez libre, je vous enverrais un p’tit quelque chose.
Bruno Marcil
Cher M Dumais
« J’aimerais bien vous entendre à ce sujet. »
Excusez moi, s’il vous plait, si vous trouveras des barbarismes
Français ci-dessous. Ces jours ci, j’apprendre ou reprendre le
Français, après une lacune de usage d’environ 35 années. Mais, c’est
pour cette que j’ai lu votre méditation moral sur le sujet dit. Parce
que vous avez invité des réponses, et pour pratiquer le Français,
j’essayerai une.
Au commencement, il faut que je avoue franchement que je suis presque
tout en accord avec votre opinion. Je souvent pense de telles choses,
non au titre de logiciels dont je suis trop conservateur pour jamais
oser téléchargé rien, mais au programmation de la télévision. Et donc,
ayant une telle même ou analogue opinion que votre, peut-être et
semblable j’offrirai presque rien de nouveau.
Je suis un homme de livres. Je ne regarde pas la télévision que au peu
d’occasions. Il y a plus que dix années que nous avons fait coupé le
service câble en acceptant les limites de télédiffusion en directe.
Nous captons, donc, dans la mesure exacte où le temps les soulève, 2 à
8 chaînes. Duquel CBC et RadioCanada, TVO, une locale de London et la
même du parent à Toronto, et deux ou trois autres très indistinct «
neigeuses ».
Sans tenant compte de RadioCanada, qui semble capable de nous
présenter des superbes productions presque libres de subventions
commerciales, tous les autres se soutiennent par le vent des minutes
pub. C’est le système ! Ils pensent que les gens regardant leurs
productions soient persuadés à acheter des choses y présentées. Mais,
en dépit de ma conscience ici un peu scrupuleuse je ne vois pas
presque jamais rien qui m’intéresse. Les shampooings, les machines à
culturisme, les amuse-gueules sur-salés ou sur-grassés, les concerts
du Pop, enfin, toutes les choses que on bonimente en télévisions, ils
ne m’attirent pointe. Et donc je regardes quelques programmes qui je
considère de bon qualité, qui m’informent, ou qui me font penser, et
je ne paye pas rien. Prendre un « free ride » cause pour moi un petit
souci. Je ne veux pas jamais vivre en parasite. Mais… Quoi ?
J’ai commencé au-dessus en disant que je ne pense pas offrir des
solutions valables pour vous. Mais, peut-être juste une geste de
fraternité morale doive être bienvenu.
Je vous salut pour eu garder votre conscience tellement tendre.
Robert Gordon MBA PHD
London Ontario Canada
Bonjour Michel,
J’ai commencé à utiliser Firefox en décembre 2004 après avoir
pris connaissance de son existence par le magazine « Protégez-vous ».
Je cherchais alors une façon de me débarrasser des fameux popups de
publicité non sollicitée. Je peux vous dire que je n’ai pas été déçu et
que je n’utilise plus Internet Explorer que pour les sites qui l’exigent (formulaires des gouvernements etc.).
Je me demandais si je devais contribuer financièrement au développement de ces applications tellement
supérieures aux produits de Microsoft.
C’est donc avec plaisir que j’ai pris connaissance de votre article dans Le Devoir de ce matin,
article que j’ai trouvé particulièrement éclairant sur toute cette question.
Comme contribution, j’ai donc décidé de me procurer plusieurs articles de la boutique Mozilla.
Ma commande est déjà passée.
Firefox possède une foule de caractéristiques que j’apprécie au plus haut point dont la possibilité de retenir les dizaines de noms d’utilisateurs et de mots de passe n’est pas la moindre. Je n’ai plus jamais reçu de popups
depuis que j’ai cessé d’utiliser I.E.
Merci pour votre article qui m’a permis de passer de la réflexion à l’action.
Richard Gagné
Pour répondre à Mme Labelle qui mentionne que Mac demeure le Sympatico des pas trop débrouillards, je dirais que ça dépend de ce qu’on veut faire avec un ordinateur. Prendre 30 minutes pour bidouiller l’installation d’une carte de son, je pouvais en faire un but lorsque j’étais ado. Maintenant, j’aime bien un ordinateur qui ne me cause pas trop de tracas sur le plan technique pour pouvoir utiliser son potentiel à d’autre escient. Bref, je suis davantage le type d’usager qui s’achète un véhicule pour l’utiliser plutôt que démonter ce qu’il y a sous le capot et tout remonter!
Il faut assumer
Il y a un coût à long terme à offrir des logiciels libres puis gratuits que la communauté informatique doit assumer. C’est toute la profession de développeur de logiciels qui a été remise en cause avec l’avènement des logiciels libres. Bien entendu, cette conception intéressante des logiciels a permis la diffusion et l’implantation d’idées novatrices qui n’auraient jamais pu dépasser le stade de la planche à dessiner. J’utilise chaque jour des logiciels libres ou des composants libres que j’incorpore à mes propres logiciels et je me trouve chanceux de vivre à une telle époque.
D’un autre côté, plusieurs grandes entreprises ont vu dans le mouvement des logiciels libres une avenue intéressante pour écraser la compétition et augmenter leur part de marché : elles financent d’immenses projets (comme Eclipse et Firefox) ce qui tue carrément les produits compétiteurs (comme IntelliJ et Opera) en plus de leur permettre d’intégrer ces produits dans leur gamme de produits propriétaires si la licence le permet. De plus, que diraient les libraires si demain matin, on distribuait les livres gratuitement? On peut aussi étendre cette logique à tous les produits et les services. Il apparaît alors évident que l’on assiste à une remise en question de la profession de développeur logiciels : si on ne peut plus gagner sa vie ainsi parce que l’on ne peut plus obtenir une rétribution juste pour le travail qu’on a accompli, le métier devient alors rapidement l’apanage des plus riches ou de ceux travaillant pour les grosses corporations. On peut réfuter qu’il restera toujours un marché pour des applications spécialisées ou plus complexes, mais si le mouvement des logiciels libres a réussi à accoucher d’un système d’exploitation (Linux), il semble alors que ce mouvement soit capable de tout, ce qui est tout de même extraordinaire en soi.
La communauté des logiciels libres aura bientôt à se poser certaines questions sinon elle contribuera elle-même à son déclin. En attendant, il existe plusieurs façons de diminuer ses goûts et d’augmenter ses revenus avec un logiciel libre. Des sites comme SourceForge.net offrent une multitude de services gratuits (hébergement web, ferme de compilation, contrôle des sources) pour les projets de logiciels libres. De plus, il est toujours possible comme il est mentionné dans l’article de souscrire à un programme de dons ou de vendre une documentation plus détaillée ou une version commerciale du produit. La publicité reste d’après mon expérience le moyen le plus répandu d’obtenir un revenu faible, mais durable pour un projet de logiciel libre. Pour ma part, j’hésite souvent à donner des dons à des projets de logiciels libres, préférant réserver cet argent pour acheter des licences personnelles ou étudiantes de logiciels propriétaires, mais innovateurs provenant de petites entreprises.
Barthélémy Dagenais
Étudiant en informatique et génie logiciel, UQÀM
Créateur du projet de logiciel libre EasyUnit ( http://easyunit.sourceforge.net )
À la question posée hier Michel, je dois bien sûr répondre oui mais j’aimerais
ajouter que le fait d’utiliser un logiciel libre ne veut pas nécessairement
dire que ce logiciel roule sur une plate-forme libre.
J’ai reçu dernièrement un message m’informant de l’existence du logiciel libre
coccinella http://recitmst.qc.ca/coccinella/ qui roule à la fois sur Mac et
Window’s et bien évidemment sous Linux.
Je fais une différence entre le logiciel libre qui roule sous plate-forme privée
et un lgiciel libre qui roule sous plate-forme libre GPL/Linux par exemple.
Je crois qu’une distinction serait sûrement à faire ici.
Logiciel libre ne veut pas nécessairement dire que le système sous lequel il
roule, lui, est nécessairement libre.
merci et a+
Real Gingras/Profenligne
J’utilise de nombreux logiciels libres. Le plus utilisé, pour ma part, est Firefox (sans oublié son compagnon Thunderbird
me le permet ( http://extensions.geckozone.org/ )
Je n’ai pas vraiment beaucoup d’argent, donc je donne de mon temps sur le forum d’aide francophone ( http://www.geckozone.org/forum/ ) et je traduit des extensions quand mon temps (libre bien sur
Votre billet, et plus spécialement le titre et la dernière partie (je n’ai pas suivi l’actualité sur l’affaire Word-press) est la reflet exact de ce que je pense. un don pour les fortunés, et un peu de temps pour les autres : tout le monde a une expérience et peut la faire partager…
Le libre n’a pas d’avenir sans communauté.
> rien ne m’obligeait à faire ce don, et rien ne vous oblige
> non plus à en faire de même. De même, rien ne
> vous oblige à donner un montant important
Peut être la conscience et la générosité ?
Ping : Carnet :: PL en toute libert!
C’est amusant de voir que ton billet fait écho à l’un des miens qui date de janvier 2004
http://www.dyingculture.net/blog/2004/01/12/41-le-logiciel-libre-en-danger
Ne pensez-vous pas qu’il y a quelque chose de tordu dans les rapports à l’argent chez les
partisans de l’ open source ?
Il n’y a rien de gratuit dans la vie.Quand c’est gratuit pour l’un c’est parce qu’un autre a payé.
Et maintenant après avoir gueulé contre les logiciels « propriétaires » voilà que les utopistes du Web passe le chapeau pour payer le loyer …
(J’ajoute que l’aspect « open » du code source est pour la vaste majorité des utilisateurs
quelque chose d’inutile… )
Entre vivre de la charité publique et l’acharnement financier à la M$ n’y a-t-il pas place pour quelque chose d’autre ?
Quand on prend une cuite d’utopie on fini par se réveiller avec un mal de bloc.
Depuis quelques mois en tant que consultant à temps plein proposant des logiciels libres pour la plupart de mes mandats, j’ai adopté quelques habitudes à ce sujet.
Pour ma part mes derniers apports ont été à:
– Mozilla Foundation (achat pour env. U$300 de matériel promo, don de U$50 par journée de consultation consacrée à leurs produits)
– SourceForge.net (donateur niveau 1)
– PDFCreator – environ U$100 pour encourager la résolution du RFE #940131, soit U$50 pour chaque client qui me l’a demandé
– WordPress – U$50 suite à cet article (merci Michel), j’ai donc constaté que seulement 179 dons ont été enregistrés par Paypal
- Ubuntu.com / Debian.org – U$50 par semaine de consultation consacrée à l ‘une ou l’autre de ces distributions Linux
Pour l’instant Mozilla est le principal bénéficiaire de mes dons car c’est le logiciel qui me fait travailler le plus.
Par ailleurs j’encourage mes clients à faire des dons et à devenir membres de FACIL (www.facil.qc.ca). Ça c’est moins facile
C’est un peu comme manger biologique/organique/équitable/végétarien … c’est une bonne habitude
Salutation
Je Pense que ce n’est pas le refus de donné sont temps quand ont est dans cette unique possibilité de remercier l’altruisme de ces concepteurs, mais de déterminer si ont en est capable ce qui est autre chose, si je puis rendre service je le fait de bon coeur et bien souvent je remarque que certains softs meritent un don vu l’efficacité et la fiabilité qu’ils procurent à leurs utilisateurs.
mais il ne sufit pas de placé un logiciel à télécharger pour que celui ci plaise, je dirais que c’est un coup de coeur ou une fonction inexistante ou encore une certaine ergonomie qui font leurs succés sur d’autre softs, certains repondent à des besoins réels d’autres sont la pour engorger le système de fonctions inutiles ou gadgets sans intérêts, il ne faut pas s’attendre a des miracles alors.
Mais dans l’ensemble ils mériteraient d’être plus souvent soutenus et proposés plus largement au public pour qu’il fasse la difference.
Je m’emploie à leurs faire connaitre, malgré cet effort ils sont bornés et préfèrent souvent des logiciels payants ou « microsoftien » basic, certainement l’habitude ou la peur d’une mauvaise manipulation, sur cela moi même j’essais certains softs sans grand intérêt qui promettent monts et merveilles, dans ce cas comment si retrouver, d’autant que les sites
officiels sont souvent en anglais et rebuttent la plus par des internautes incapables de savoir à quoi ça sert, tous le monde ne maitrise pas l’anglais technique pas plus que l’anglais courant et à constater l’éfficacité des traducteurs en ligne, les créateurs de logiciels de translation comme ils disent, ne se doutent t’ils pas que les sites de softs ont souvent un anglais qui leurs est propre, même moi avec mon anglais de sixième je sait ça.
Peut être que si ont ignorait moins souvent la langue française, ces logiciels seraient mieux distribués et plus connues du public qui alors s’afranchirait de certaines chaines à leurs chevilles et leurs coups tels des bagnards dont ont se partagerait les restes, il faudrait qu’ils puissent se faire une opinion par eux même, ne croyez vous pas?
Par Vindrisi
il est bien