De partenariat et d’Île sans Fil

Comme bien des utilisateurs du service communautaire Île sans Fil (qui incidemment, compte plus de 5 000 membres aujourd’hui), j’étais particulièrement heureux de lire l’éditorial de François Cardinal sur un sujet qui me rappelle vaguement ;-) un texte similaire. Toutefois, j’ai un problème avec la conclusion de l’éditorial en question.

En effet, dans sa conclusion, Cardinal interpelle les dirigeants de Ville de Montréal en ces termes:

La Ville de Montréal, sans aller aussi loin que des villes comme Philadelphie qui ont décidé de municipaliser l’accès Wi-Fi, aurait tout intérêt à se pencher sur ce projet. Île sans Fil ne pourra vraisemblablement poursuivre sa croissance sans l’aide d’un ou deux employés. Une minuscule subvention de 100 000$ permettrait à la roue de continuer à tourner.

Soit. Sauf que cette conclusion est une à courte vision. Car, posons-nous la question: Qu’arrivera-t-il une fois les fonds épuisés? Île sans Fil devra-t-il à chaque année refaire cet excercice de quémander des fonds publics en jouant sa survie à chaque fois? Parlez-en aux dirigeants d’organismes communautaires qui, annuellement, vivent ce cauchemar et qui doivent composer avec des programmes qui changent au gré des humeurs du politique, des conditions d’attribution qui varient d’une année à l’autre, des fonds qui rapetissent comme peau de chagrin, etc.

Ce qu’il faut savoir, c’est que de nos jours, les différents paliers de gouvernement sont de plus en plus réticents à investir dans les opérations quotidiennes (appelées dans le jargon bureaucratique « les fonds de roulement ») des organismes communautaires. Oui à investir dans le fonctionnement, mais non au fond de roulement.

Bref, à mon pas très humble avis, les dirigeants d’Île sans Fil se doivent de résister à l’envie de solliciter une subvention de quelques dizaines de milliers de dollars afin d’assurer les opérations quotidiennes. Ceux-ci devront plutôt se concentrer à nouer un véritable partenariat public-communautaire avec la Ville de Montréal. Un partenariat basé sur des conditions gagnantes pour les deux parties. À vrai dire les trois parties, car il ne faudrait pas passer sous silence la contribution des hébergeurs de points d’accès qui contribuent, eux aussi par la location de la bande passante et de l’achat d’équipements, au succès d’Île-sans-Fil.

Une telle initiative, un partenariat public-communautaire, ne pourrait que rejaillir sur l’image que l’on se fait de la Ville de Montréal à l’étranger, à savoir une des villes internationales à l’économie créative où il fait bon vivre et il fait bon venir en visite. Les trois parties, la Ville, Île-sans-Fil et les hébergeurs de points d’accès, des hommes et des femmes d’affaires, ont tout intérêt à travailler main dans la main afin de ce projet soit un véritable succès.

Et pour que ce projet se développe substentiellement et enveloppe d’une toile hetzienne le territoire de la Ville, il doit absolument avoir le support d’un champion. Un champion qui saura les guider dans les dédales de la bureaucratie et qui leur assurera la crédibilité nécessaire afin d’être reconnu à leur juste valeur. Et ce champion, c’est le Maire.

Bref, oui à assurer la survie une première année, en autant d’avoir une vision à long terme.

Petite mise à jour: Oui, je taquine François Cardinal, avec qui je m’entend très bien soit dit en passant (d’où la petite binette dans le texte). Non, je n’envoie pas le message que celui-ci m’a repris des idées sans me citer. Bien au contraire, je le répète, je suis ravi de lire un éditorialiste bien établi affirmer lui aussi qu’Île sans Fil mérite le support de la Ville de Montréal. Un bon éditorialiste s’appuie sur plusieurs textes et commentaires avant d’écrire son billet. Qu’il ait consulté mon papier pour se faire une opinion l’honore et par le fait même, m’honore aussi. Bref, circulez, y’a rien à voir. ;-)

Semaine de fou

Semaine totalement dingue au point où je n’ai pas écouté une minute mon médium favori, la radio.

Plusieurs rencontres excommunicado, un truc à la radio, annulé mon voyage à Québec pour la conférence sur le gouvernement en ligne du CEFRIO et trouvé le moyen d’abimer mon Blackberry (bon service chez Telus, j’en ai eu un nouveau illico).

Ouf!

Message personnel: Je viens de recevoir à nouveau ton message sur mon Blackberry Ami Calmant. Je vais jouer le jeu, promis.

Pour une politique du logiciel libre

Les 3, 4 et 5 juin prochain, le Parti Québécois tiendra son grand congrès national. En plus de couronner Bernard Landry comme chef du parti, les délégués auront à adopter toute une série de propositions (PDF) sur des sujets aussi diversifiés que la souveraineté, le développement durable, l’éducation et… le logiciel libre.

Proposition 126 du cahier des propositions, soumise par la région Capitale Nationale:

« Politique du logiciel libre »

« Avec la de?pendance grandissante de la socie?te? et de l’E?tat que?be?cois vis-a?-vis des technologies de l’information et, plus spe?cifiquement, du logiciel (fureteur Internet, traitement de texte, base de donne?es, etc.), il faut qu’un Que?bec souverain se dote d’une politique nationale en matie?re de logiciel libre. »

Des embûches à l’horizon pour Île sans fil?

Pour de nombreux activistes citoyens, l’arrivée du sans-fil (802.1x et ses déclinaisons) fut le signal que tous attendaient afin de pouvoir enfin démocratiser l’accès à Internet. À l’aide d’un simple router, une antenne coûtant moins d’une centaine de dollars (dans le cas d’une couverture élargie) et une connection haute-vitesse, il était dorénavant permis de rêver à un accès Internet pour tous, en « réinjectant » dans la communauté les ressources non-utilisées, à savoir la bande passante dormante. Développement durable dites-vous?

Les précurseurs de ce mouvement furent sans contredit des activistes de Seattle qui créèrent le projet Seattle Wireless. Au cours des derniers mois, plusieurs dizaines de villes de par le monde ont vu naître des projets semblables à celui de Seattle Wireless. Montréal n’est pas en reste du moins, avec la création du projet Île sans Fil.

Bien que très bien accueuilli par l’ensemble des citoyens et des hommes et des femmes d’affaires participant à une telle initiative, il n’en demeure pas moins que de tels projets commencent à déranger l’industrie des télécommunications. Et ces géants se préparent à réagir, comme en fait foi cet article du magazine citoyen In These Times.

Telecommunications giants have mobilized a well-funded army of coin-operated think tanks, pliant legislators and lazy journalists who stand ready to paint community Internet as an affront to American innovation and free enterprise. Their weapon of choice is industry-crafted legislation that restricts local governments from offering public service Internet access at reasonable rates. Laws are already on the books in a dozen states. This year alone, 10 states are considering similar bills to block public broadband or to strengthen existing restrictions.

Alors que les dirigeants de certaines villes ont compris tout l’intérêt de favoriser l’éclosion de tels projets (À quand de véritables partenariats public-communautaire monsieur le Maire Tremblay?), les sociétés de télécommunications ont choisi de mener une lutte de tous les instants contre ces groupes citoyens. On s’en doute, dans cette bataille qui se prépare, les forces en présence ne lutteront pas à forces égales.

Bien que les majors de télécommunications canadiens et québécois ne se soient pas encore manifestés, malgré les rumeurs d’un hypothétique projet sans-fil piloté par l’institut International de Télécommunications, il convient aux dirigeants d’Île sans Fil d’être vigilant. Car normalement, ce qui arrive chez nos voisins du Sud ne tarde pas à franchir la frontière.

En lecture complémentaire:

Is Low-Cost Wi-Fi Un-American?
Minneapolis is about the become a wired city
Philadelphia Wireless
Municipal broadband and wireless map
Local officials sound off on municipal wireless
Hands off our Wi-Fi network

Retour sur le CLLAP

L’ensemble de présentations (PDF) livrées au CLLAP sont maintenant disponibles sur le site de la conférence. Dommage que les organisateurs n’aient pas encore mis un lien vers l’excellent reportage en direct de Sylvain et Fabian. Un oubli qui sera bientôt réparé j’espère?

Long Tail

En octobre 2004, le magazine Wired publiait un article fascinant sous le titre de « The Long Tail« . Si vous n’avez pas encore lu cet article, n’attendez plus une seconde et précipitez-vous sur le topo en question qui aborde le futur des micro-marchés et de la micro-popularité.

Récemment toutefois, je me demandais comment nommer ce phénomène de « Long Tail » en français. Longue traîne? Longue queue? Bref, plutôt que de risquer un néologisme apte à déclencher un certain fou rire, j’ai demandé à Éric Brunelle, président de Druide Informatique, éditeur de la suite grammaticale Antidote, ce qu’en pensait son équipe. Quelques jours plus tard, sa réponde me parvenait par courriel:

Salut Michel,

J’ai examiné ta question sur la « Long Tail » (l’article lui-même était très intéressant) et voici mes conclusions.

J’ai d’abord pensé à « longue traine », qui est plus élégant que « longue queue », mais Google m’a montré que personne ne l’utilise dans ce sens; tu serais le premier. Alors je me suis demandé, puisque ce phénomène de distribution statistique est bien connu, comment les statisticiens francophones le nommaient.

En statistiques, les auteurs semblent bien parler de la queue d’une distribution pour décrire cette aire sous ce genre de courbe. Les distributions bilatérales ont deux queues de part et d’autre de la moyenne (comme la distribution en cloche de Gauss). Les distributions unilatérales ont une queue (à droite dans le cas de la distribution de Zipf qui décrit la fréquence des mots du lexique). Les distributions asymétriques n’ont pas des queues égales de part et d’autre de la moyenne, etc. Les auteurs parlent de la « longueur » ou de l’« importance » de la queue (« distribution à queue importante »).

Quant au phénomène plus général, comme décrit dans Wired, il semble effectivement le plus souvent appelé « la longue queue » (souvent avec des majuscules), ou alors n’est carrément pas traduit (« la Long Tail »).

Alors voilà. Si tu n’as pas peur de t’opposer à la traduction établie, je te suggère « longue traine » (je ne mets pas de circonflexe because rectifications). Sinon, tu peux te joindre à la masse avec la longue queue.

Au plaisir,

Éric.

Merci infiniment Éric d’avoir pris le temps de répondre à cette question.

Utilisation discutable de Google Maps

Il fallait s’y attendre, il ne se passe pas une semaine sans qu’une nouvelle application renversante de Google Maps ne fasse son apparition sur la Toile. Toutefois, ils y en a certaintes qui dérangent plus que d’autres et qui annoncent des lendemains pénibles. Et ça ne fait que commencer.

Et demain, ce sera quoi? Un répertoire des vilains couples « pervers » gay de votre voisinage? De « cathos » de l’extrême-droite qui résident dans votre quartier?

Est-ce vraiment le genre de société que nous voulons?