Utilisation discutable de Google Maps

Il fallait s’y attendre, il ne se passe pas une semaine sans qu’une nouvelle application renversante de Google Maps ne fasse son apparition sur la Toile. Toutefois, ils y en a certaintes qui dérangent plus que d’autres et qui annoncent des lendemains pénibles. Et ça ne fait que commencer.

Et demain, ce sera quoi? Un répertoire des vilains couples « pervers » gay de votre voisinage? De « cathos » de l’extrême-droite qui résident dans votre quartier?

Est-ce vraiment le genre de société que nous voulons?

9 réflexions au sujet de « Utilisation discutable de Google Maps »

  1. Voilà un bel exemple qu’il faudrait soumettre à Marc Bellemare, à Québec, pour savoir ce qu’il ferait advenant l’apparition d’un site de ce type dans la ville qu’il aspire à diriger.

  2. « Ne tirez pas sur le messager »

    Justement, j’ai résisté à l’idée de tirer sur le messager. Et je résiste encore. Je ne fait qu’exprimer un simple sentiment qui m’habite. Mais loin de moi l’idée de demander d’interdire de telles applications.

  3. Ping : ZERO SECONDE - Carnet de note de Martin Lessard

  4. En fait, c’est très intéressant, car cela montre qu’ils sont partout :) C’est plutôt ironique quand tu regardes la carte qui n’est faite que pour la Floride.

    La question que cela pose est pas tellement dans la divulgation de l’information mais dans l’utilisation de cette information. Les humains n’étant pas très maturés, nous nous protégeons par la notion du secret et de la confidentialité.

    Pour ce qui est de la liste des gays du quartiers ou des cathos extrémistes, à moins justement de ne pas avoir de vie de quartier, ces choses là sont déjà connues. Le bouche à oreille, les on-dit, les confidences de crémerie, etc.

    Donc Michel, je comprends ta réaction mais je pense qu’il faut aller plus loin que cela. Ces informations sont en possession d’autorités, qu’est-ce qui les rend moins dangereuses ? Qu’est-ce qui fait que nous avons peur de la divulgation publique (je ne jette la pierre à personne, cela m’emmerde quand on sait où j’habite), mais cela pose des problèmes de société intéressant au-delà de la simple peur de la surveillance.

  5. Encore une fois, je me permet d’insister: « je ne tire aucunement sur le messager ». Loin de moi l’idée de vouloir censurer d’une quelconque façon l’utilisation faite de ces bases de données.Et tes questions Karl, sont tout à fait pertinentes. Il faut tenter de me comprendre, ma réaction se veut simplement « humaine ».

    Cependant, je risque une simple prédiction: je m’attend à voir apparaître au cours des prochains mois plusieurs applications dérangeantes du type « FloridaSexualPredators ». Toutefois. tout comme Martin Lessard, je m’attend à certains débordements suivis d’un retour à un point d’équilibre. Comme le chantait la Dufresne, « nous entrons dans une zone de turbulence ».

  6. En fait ce qui est étonnant, c’est pas tant Google Maps, que ces données là qui sont déjà publiques. C’est juste un accès différent aux données. Comme certains états aux Etats-Unis où on peut trouver l’adresse de la personne avec le numéro de plaque minéralogique. :) « Oh elle est mignonne la fille dans la voiture, c’est quoi son numéro… »

    TIens je vais faire une google map de toutes les pitounes sexy.

  7. Karl, tu as raison. Les données sont accessibles. Mais la différence c’est quand on mixe les deux infos (la DB et GMap). Mettre une Étoile de David sur le bras, dessiner un x sur une porte, brûler au fer la peau de quelqu’un sont du même ordre. On permet de mettre en lien des agresseurs potentiels et des victimes potentielles via un outil qui incite à des actes sur un coup de tête (c’est dégrissant de faire une sérieuse recherche dans une DB aride).

    Évidemment, dans le cas précis qui nous concerne, les ‘victimes’ potentielles étaient des ‘agresseurs’ averrés. Ça ne fait que compliquer notre discussion. Mais ce site est ambiguë dans la façon d’interprèter la raison pourquoi on pointe du doigt ces gens. Mais en général quand on précise sur une carte routière un endroit, ce n’est pas pour se rendre dans une autre direction. Quelle intention faut-il y voir?

  8. Je suis bien d’accord avec Martin Lessard, c’est le couplage des deux informations qui produit un effet particulier. D’ailleurs, à ma connaissance, il en est toujours ainsi. Les informations brutes sont assez insignifiantes, c’est leur mise en forme qui les rends significatives.

  9. oui et non (en bon normand). Je comprends vos commentaires, mais la mise en forme, c’est la prise de conscience par la population normale, c’est à dire exactement votre réaction maintenant. C’est exactement comme les 3 singes (pas vu, pas entendu, pas dit). Très Tartuffe « Cachez ce sein que je ne saurais voir »

    Nous avons tendance dans la société à vivre la tête dans le sable, car l’ignorance rend notre vie confortable. Savoir et avoir le choix de décider rend notre vie beaucoup plus difficile. Donc on met en relief des informations qui ne devraient pas l’être. L’information devient dangereuse pas par sa mise en relief, car elle fait autant prendre conscience du problème initial, qu’elle génère des dérives potentiellles.

    Les dérives potentielles, c’est à dire les intérêts de ceux qui veulent utiliser cette information existent sans ou avec mise en relief. Et quand tu as des intérêts à le faire, plonger dans une base aride n’est pas un problème.

    Donc oui cela met en relief une information librement accessible et donc avec des dérives potentielles, Et OUI, cela fait prendre conscience aux gens (comme vous ici) qu’il y a un problème, mais pas avec la mise en relief, mais bien avec la divulgation.

    En fait le véritable problème est encore plus loin, mais je ne pense pas qu’il soit soluble juste comme ça.

    PS; Pour les étoiles jaunes, j’ai failli répondre. Ce n’est pas l’étoile qui était dangereuse, c’est le système en place derrière qui l’était. Le choix de porter l’étoile a été même pour certains un moyen de reconnaissance, de fierté (lire par exemple la vie de Gainsbourg).

    Exemple récent de mise en relief qui m’avait étonné : Les gens qui portent un identifiant lors des jeunesses catholiques mondiales, ils étaient tous autour de nous à Paris… c’était dans les années 90. Même chose le port de la croix, du foulard, le port d’une alliance de mariage. :) etc.