Interactif: Podcast dites-vous? Précurseur? Ah bon!

Ce qui est bien avec la Wayback Machine, c’est qu’elle nous permet de retrouver des sites que l’on croyait à jamais évaporé dans le cyberespace. C’est grâce à cette merveilleuse à remonter le temps que j’ai pu retrouver le site de la radio Web que nous avions réalisé dans le temps (1998), René Barsalo, Bruno Guglielminetti et moi, Interactif. Pour nous accompagner dans cette aventure, il y avait aussi notre recherchiste de choc, Robert Cassius de Linval et notre ingénieur de son, un copain à moi du temps que j’oeuvrais dans cette industrie, Mark The Shark. Avec en prime régulièrement, la visite d’Ami Calmant.

Or, en relisant la programmation des émissions, je puis affirmer sans trop me tromper que les trois ensembles, nous faisions avec rigueur du bon boulot. Mais surtout, on s’amusait en réfléchissant aux enjeux des années à venir. D’ailleurs Paul Cauchon avait rédigé un excellent papier lors du lancement d’Interactif.

Radio virtuelle sans studio, sans émetteur ni antenne, diffusée nulle part ailleurs sur les ondes traditionnelles, l’émission Interactif est disponible sur un nouveau site Web inauguré la semaine dernière, et on peut l’écouter grâce au logiciel RealAudio

Ce projet a été conçu par trois personnalités très actives dans le milieu des inforoutes et des nouveaux médias, soit René Barsalo, Michel Dumais et Bruno Guglielminetti.

Les trois hommes ont conçu cette émission à titre personnel, et non pour le compte des organismes respectifs auxquels ils travaillent (Guglielminetti, par exemple, est bien connu pour son travail à Radio-Canada).

La première émission a été lancée le 20 mars dernier, à l’occasion de la Fête de l’Internet, et depuis quelques jours on peut la réécouter en archives. Cette émission avait été enregistrée au Café Musitechnic à Montréal, et diffusée en direct sur Internet. Chaque nouvelle émission sera également enregistrée en direct devant public, diffusée en direct, et immédiatement archivée dans l’heure qui suit. Les futures émissions seront produites au rythme d’une à toutes les deux semaines, les mercredis soirs.

La première émission, qui fait plus d’une heure, donne une bonne idée de ce que les trois créateurs ont derrière la tête. On y trouve une discussion sur différents enjeux qui se posent actuellement dans l’industrie (le commerce électronique, par exemple, ou la capitalisation des entreprises), une discussion sur de nouveaux produits, une longue entrevue avec un acteur du milieu (dans ce cas-ci Martin Bouchard de la firme Agents Technologies), et le billet éditorial d’une personnalité invitée, le professeur Michel Cartier pour cette première émission.

«Nous avons voulu créer un agora, un lieu de rencontre et de débats, explique Michel Dumais au Devoir. Notre objectif est de permettre aux gens de l’industrie de se parler, et de se rencontrer sur les lieux mêmes de la diffusion. Nous trouvions que les gens du milieu ne se parlaient pas assez.»

Nous avions même réussi un bon coup en nous associant à Radio-Canada pour intégrer la programmation de la future chaîne de radio numérique, qui était alors en « beta test ». Encore une fois, Paul Cauchon:

Radio-Canada s’associe à Interactif

La toute nouvelle émission de radio diffusée sur Internet, Interactif, remporte un succès inespéré puisque Radio-Canada vient de s’y associer pour l’intégrer à sa future chaîne de radio numérique.

Il y a un mois, trois artisans du milieu des inforoutes, Michel Dumais, René Barsalo et Bruno Guglielminetti, mettaient sur pied ce projet, à titre individuel et avec l’aide de quelques commanditaires privés (quoique Guglielminetti travaille déjà à Radio-Canada comme responsable de plusieurs projets concernant Internet). Cette émission d’une à deux heures est enregistrée en public et diffusée toutes les deux semaines exclusivement sur un site Web, une première au Québec. Interactif est consacrée aux nouvelles technologies et veut mettre en contact les intervenants du milieu.

Radio-Canada a maintenant décidé de s’associer à l’émission et de l’inscrire à la programmation de sa future chaîne de radio numérique. Cette chaîne demeure encore très virtuelle, c’est le cas de le dire. D’ici un an Radio-Canada prévoit lancer une chaîne expérimentale qui diffuserait quelques heures par semaine en mode numérique. Évidemment peu de gens pourront capter cette chaîne au début, puisque cela nécessitera un récepteur pouvant le faire.

Et encore une fois, dieu sait que nous nous sommes amusé à concevoir ces émissions. Il y eut cette émission lors la conférence internationale d’Ottawa de l’OCDE sur le commerce électronique où, grâce au culot de Robert qui se promenait dans les allées à la recherche d’une proie, nous avions pu interviewer les têtes importantes du congrès, une autre au party de Noël du FIM où le Père Noël lui-même fut l’animateur, cette autre sur le logiciel libre avec une entrevue avec Roberto Di Cosmo et surtout, celle qui fut enregistrée et diffusée directement à partir de la cour arrière de la résidence de Mark The Shark. Parlant de cette émission, Cassius et moi avions livré une réflexion qui eut des échos dans la grande presse avec un édito assez percutant, RIP CRTC. Paul Cauchon du Devoir en avait rapporté les grandes lignes:

Autre point de vue, encore plus provocateur. Michel Dumais a créé avec d’autres une nouvelle «station de radio» (si on peut encore utiliser un tel terme), Interactif, exclusivement diffusée sur Internet. Avec Robert Cassius de Linval il prenait récemment position dans une de ses émissions: le CRTC, affirment les deux Québécois, a été créé à un époque où la diffusion se faisait dans un cadre bien précis qu’on pouvait réglementer: les ondes hertziennes, puis le câble.

Or ce cadre explose, il n’y a plus rien à réglementer. «La réalité ne nous fait pas plaisir parce qu’elle rend la réglementation comme nous la connaissons impuissante devant les nouveaux phénomènes technologiques». Alors qu’est-ce qu’on fait? Il faudrait plutôt préparer «l’après-CRTC», disent-ils, préparer cet univers où l’on n’aura plus besoin d’un tel organisme.

Bref, sans vouloir faire le vieux grincheux (ha pis je le fais, pis je m’assume tiens!), je ne peux m’empêcher d’esquisser un petit sourire lorsque j’en entend certains affirmer qu’ils sont les premiers ou des innovateurs avec le podcast. Déjà, on enregistrait et on diffusait en direct, et quelques minutes après la fin de l’émission, le fichier audio était en ligne, prêt à être écouté. Et encore là, même en 1998, nous étions loin d’être des précurseurs. S’il existe une émission de radio à laquelle il faudrait donner le titre d’innovatrice, c’est bien R@adionet, réalisée par Bruno G et animée par Claude Bernatchez. Dans ce temps là, en 1995, lors de la première, nous archivions déjà en format Real Audio…. 0.95 je crois. Même pas en version 1.0. Un format de qualité sonore AM light. Et que dire de la performance réalisée lors de la conférence INET 96 qui s’était tenue à Montréal. Tous les jours de la conférence, de 6 à 8 heures en moyenne, nous étions sur place à faire une émission en direct qui était diffusée en temps réel au format Real Audio 1.0. Dire que ça courait et que ça croisait des doigts pour que les serveurs ne plantent pas est un euphémisme.

Alors, au risque de faire pépère (j’assume encore une fois), mettons que c’était de belles années pour tenter des expériences comme celles d’Interactif ou de R@dionet. J’avoue que j’aimerais remettre la main sur le nom de domaine (interactif.org), mais à 888.00$ minimum pour le rachat, on oublie ça.

Une réflexion au sujet de « Interactif: Podcast dites-vous? Précurseur? Ah bon! »

  1. Tu oublies une petite chose, chère vieille branche : le podcast, par définition, c’est une diffusion sous forme de fichier statique à consommer n’importe où, que ce soit sur une ordinateur, un lecteur portable ou un assistant numérique personnel. Interactif, c’était de la bonne, de la tripative, de l’excellente webdiffusion en transit que ne pouvait pas s’écouter, si je me souviens bien, autrement qu’en temps réel, face à un écran d’ordi.

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