Prendre le virage de la convergence à 222 km/h

Les faits: le chroniqueur automobile Philippe Laguë se fait prendre à rouler à 222 km/h au volant d’une rutilante torpado. Quelques jours plus tard, le courrier ayant livré avec diligence la bonne vieille enveloppe brune sur la rue Frontenac, le Journal de Montréal fait sa une avec cette nouvelle. Bien qu’il admette son erreur sur toutes les tribunes, Laguë, sur les ondes de Bazzo.fm Bazzo.tv, blâme Quebecor et la convergence. Selon lui, le Journal de Montréal aurait voulu nuire aux ventes de son guide de l’Auto dont la sortie est imminente.

Peut-on régler toute suite quelque chose?

Fait-on dans la convergence chez Quebecor? You bet! Tu parles Charles. Pas plus que tard que ce matin encore… À croire même que Quebecor a inventé le mot convergence. Tout comme cette année, Radio-Canada, après avoir été assis sur le modèle depuis des décennies, vient elle aussi d’allumer et de succomber aux chants de la fée convergence. Les murs érigés depuis toujours entre la télé, la radio et, depuis 10 ans, Internet, viennent de voler en éclats. Et on ne parle pas des amitiés particulières entre la société d’État et Gesca, elle qui, en prime, se laisse tenter par le démon de la concentration. Mais il parait qu’on ne dit pas convergence dans la tour sur René-Lévesque. On parle plus de symbiose. Genre. Style. Tsé.

Bref, si quelqu’un doute le moindrement des affirmations précédentes, je vous signale que je vends le Xanax en boîte de 3000 comprimés (contre trois paiements faciles, transport et manutention non inclus). Alors, qu’on ne parle plus de convergence, qu’on ne pointe plus du doigt l’autre, sachant que tout le monde le fait avec plus ou moins d’importance. Right?

Donc, Laguë. La convergence. Le vilain ogre Quebecor. Le lancement prochain de son livre. Parlons-en. D’autant plus que les chroniqueurs Pat Lagacé et Steve Proulx en parlent eux aussi. Tiens, Louise Cousineau aussi.

Par un étrange hasard, il se trouve que la journée où le Journal est entré en possession de la nouvelle, j’étais au téléphone avec un de ceux qui devait prendre la décision de publier l’information, Mathieu Turbide, directeur adjoint de l’information. Sous le sceau de la confidentialité, Mathieu m’a fait part de cette nouvelle en me demandant ce que j’en pensais? Mon premier commentaire? C’est une nouvelle qui doit être jouée dans les premières pages, en autant que ce ne soit pas un règlement de compte pour ses propos tenus à Tout le monde en parle sur l’éthique de ses confrères. « Si le moindrement vous faites allusion à son passage à l’émission, alors il y aura apparence de règlement de compte ».

Je dois dire que Mathieu a fait une fois une (très courte) allusion à cela, dans l’ensemble de notre conversation. Mais en ne faisant aucun lien entre cette critique acerbe de Laguë envers ses collèques et l’article à venir. Seulement pour dire que c’est la sortie (fort médiatisée le lendemain) de Laguë à Tout le monde en parle qui avait vraiment fait connaître Laguë aux yeux du grand public, celui qui ne lit pas le Devoir ou les chroniques vroom-vroom. Rappelons que TLMEP fait plus d’un million de cote d’écoute à chaque semaine. C’est du monde en tab… aurait dit Moose Dupont. Bref, small talk only.

À la fin de notre conversation, quand je lui ai demandé à nouveau, « Tu vas utiliser cela dans le topo? », il m’a répondu « Ben non! ». De même, tout au long de notre discussion, pas une seule fois il n’a été question du livre, de la convergence ou du Devoir. Et jamais je n’ai senti dans le ton de voix de Mathieu que le lancement de son livre pouvait jouer sur le placement de la nouvelle en une. Le savait-il d’ailleurs? Moi, pas du tout.

Fin de l’histoire. Front page le lendemain.

Soit dit en passant, si je puis me permettre un commentaire, « l’ennemi » chez Quebecor, c’est La Presse et Radio-Canada, pas le Devoir. À ce que je sache, depuis monsieur Péladeau père, le Journal et Quebecor n’ont t-ils pas été toujours sympathique au Devoir? Ce qui est arrivé à Philippe est triste, soit. Mais il a prit une chance en conduisant à une vitesse folle… et il a perdu. Depuis la publication de cette histoire dans les pages du Journal, j’ai toujours trouvé que Philippe avait très bien assumé son erreur…jusqu’à cette entrevue avec Marie-France Bazzo. Carton rouge pour Philippe sur la convergence. C’est triste à dire, mais il semble qu’on ne peut pas pas être tous des Christine St-Pierre et assumer avec dignité ses erreurs.

Si jamais Philippe lit ce billet, je suis prêt à venir lui répéter en face ce que je viens d’écrire.

Déclaration d’intérêt: En date d’aujourd’hui, je n’ai aucun contrat, ni projet en cours avec le Journal ou une des filiales de Quebecor. Nothing, rien, zilch. De même, dans le passé, jamais je n’ai eu de contrat avec le Journal ou une des filiales de Quebecor, ou encore un projet. Et à cette minute, je n’ai aucun projet ou contrat à venir avec Quebecor.

PS: En passant, vous devriez vous rappeler ceci: Les médias ne sont pas là pour informer. Ils sont là pour faire des profits au bénéfice de leurs actionnaires. Rien d’autre. Toutefois, les journalistes et les artisans qui oeuvrent dans les médias, eux, sont là pour informer. S,agit juste de trouver la zone de confort pour les deux parties.

Certains esprits étriqués vous diraient que les journalistes sont un mal nécessaire dans un journal. Étriqué, ça veut dire mesquin non?

À propos de pub et de LLM

Le petit dernier à faire le saut dans la blogosphère, Yves Williams, y va d’un commentaire plus que pertinent à propos des publireportages que Pointblog et LLM ont récemment publié sur leur blogue respectif :

Étrange silence cette semaine parmi mes blogues réguliers, pas un mot sur les billets “publirédactionel” parus dans deux bogues francophones pourtant importants : Loïc Le Meur, PointBlog. Je me serais attendu à une réaction. Quelques mots, un éclat de voie, peut-être quelque part. (…) Dans cette histoire je ne sais ce qui me heurte le plus… cette nouvelle forme de spam qui s’infiltre désormais dans nos lecteurs RSS, ou le silence des blogueurs, peut-être résigné ou consentent (?) à cette nouvelle pratique ?

Personnellement, je n’y ai porté peu d’attention car
1) ni un, ni l’autre ne sont dans mon aggrégateur, je n’en vois ni l’intérêt, ni même un certain plaisir à les lire.
2) les trois dernières semaines ont été menées à un train d’enfer et peu de blogues ont reçu mon attention.

Cela dit, j’aime bien qu’Yves nous interpelle ainsi, et j’avoue que nous aurions du, collectivement, y répondre. Disons-le, chacun a sûrement ses raisons pour avoir passé sous silence cette horreur. La mienne, le simple boulot et un brin de négligence. Mais bref, répondons donc à l’ami Yves.

Personnellement, je n’ai absolument rien contre la publicité. Qu’un personne décide d’afficher une bannière ou des pubs Google, cela la regarde. C’est à moi ensuite, comme lecteur, à décider si la pub sur tel ou tel blogue m’indispose. Ainsi, j’ai toujours le choix d’effacer le signet de ma liste et de ne plus visiter le carnet en question. On pourrais évidemment discourir de longues heures sur le pourquoi d’intégrer de la publicité sur un blogue personnel, si cela ne nous rapporte qu’un malheureux dix dollars par mois. Il y a aussi cette forme plus insidieuse à mon avis, celui des ententes d’échanges de services ou encore d’escompte si vous mentionnez mon blogue. Déjà, j’aime moins. Beaucoup moins. Mais si la personne fait une déclaration d’intérêts, un peu comme Marc Snyder l’a fait récemment dans son blogue (mais pour une toute autre raison), j’applaudis.

Bref, ce (long) préambule nous amène à parler des publireportages publiés chez LLM et Pointblog. Et de dire que j’abonde dans le sens d’Yves Williams: je ne vois ce que cette horreur faisait en Une de ces deux carnets . Un placement différent (dans une colonne de navigation par exemple) déjà, m’aurait moins indisposé que ce machin qui pratique sans pudeur aucune le mélange des genres. Et que dire de l’inclusion de cette pub dans les flux XML… Comme le souligne avec justesse, Yves Williams:

Mon café est très mal passé ce matin-là. Ce malheureux précédent sent la dérive vers le Spam. De la publicité non-sollicitée dans nos lecteurs. Imaginez un peu le matin, 250 nouvelles en attente… dont 125 publicités. Nous avons tous à y perdre.

Quand au silence des blogueurs, voilà, la question est posée. Mais je le répète, chacun à ses raisons.

PS: Après tout, le titre du billet disait bien … et de LLM. Je vais sans doute en surprendre plus d’un, mais je n’ai absolument rien contre LLM. Au contraire, je trouve que LLM est, dans ses billets, dans ses agissements, dans ses discours, ses présentations et ses conférences, la personne la plus cohérente qui soit. Sa pensée politique, son approche du monde des affaires, ses positions sur la France, LLM est tout d’un bloc, honnête avec sa pensée. En cela, bravo. On sait quoi s’attendre avec le personnage. Cependant, cela ne veut dire aucunement que je suis en accord avec la pensée LLM. No way, Jose. D’ailleurs, posez-vous la question, pourquoi ce LLM bashing? Un brin de jalousie, un soupçon de bitcherie, une pincée de « parce que y’a bon de se foutre de la gueule d’un LLM ou est-ce vraiment à cause du contenu de ses billets?

LLM et moi vivons dans dans deux galaxies différentes, chacun étant à l’opposé de l’autre dans l’univers. L’être humain, LLM, est peut-être charmant ou sympathique. À moins qu’il ne soit totalement imbuvable. Cela, je m’en tamponne royalement. Cela ne me regarde pas, et je n’y vois aucun intérêt ou plaisir. Cependant, pour ce qui est de ses idées, il en est de LLM comme d’André Boisclair: le vide, le vide intersidéral, le vide absolu. C’est exactement pour cela que je ne voyais aucun intérêt à le rencontrer lors de sa venue à Montréal. Et allons-y d’ailleurs d’une critique envers mes collègues journalistes qui se sont fait rouler dans la farine: LLM n’est pas un blogueur, il est avant tout, un chef d’entreprise, un chef d’entreprise qui blogue soit, mais surtout, un dirigeant de compagnie qui fait des affaires et qui tient blogue sur Toile. Il n’y a rien de mal à cela, mais personne ne l’a présenté ainsi. Alors, redisons-le, LLM est un boss qui blogue. Comme plusieurs autres dirigeants d’entreprises, principalement aux États-Unis, qui ont pris ce (beau) risque. Que de nuances me direz-vous? Pour moi, cette nuance a son importance. Après tout, si on lui donnait le choix, entre les deux, que choisirait-il: être uniquement un dirigeant d’entreprise ou ne rien faire d’autre que bloguer?

Mise à jour: Marc Snyder réagit. Éric soigne sa vilaine grippe mais y va lui aussi, de son billet.

Ceinture et bretelles

Franco Nuovo prend congé du Journal de Montréal pour faire de la radio

À partir du 14 novembre, celui qui anime également l’émission Je l’ai vu à la radio, diffusée le samedi sur les ondes de la Première chaîne, se consacrera essentiellement à la radio de Radio-Canada, a appris La Presse.
La Presse; Nathaëlle Morissette

Disons que Franco pourrait être un excellent pompier au 13e étage (étage radio) de la tour Radio-Canada si la situation l’exigeait. Il y a de ces drôles de hasard…

Punk, le vote

Punklevoteposter

Imaginez un punk qui arrive dans une verte banlieue de la rive-nord, avec une équipe complète de tournage. C’est tout dire, mon voisin en est pas encore revenu.
Imaginez un punk qui, grâce à une simple caméra vidéo, vient de trouver sa voie… et sa voix.
Imaginez un punk qui, de tout temps, cherchait à communiquer sans que personne ne veuille vraiment l’écouter.
Imaginez un punk qui vous parle de politique de façon très articulée et cohérente.
Imaginez un punk qui décide de se lancer en politique contre Jean Lapierre, dans le comté d’Outremont
Le punk, c’est Éric Denis, a.k.a Roach, un joyeux fou délirant avec qui j’ai eu le privilège de passer quelques heures de pur bonheur.

voici PUNK LE VOTE, un film de Éric « ROACH » Denis en Première mondiale au Festival du Nouveau Cinéma.

1. Ce vendredi 20 octobre à 21h00 à l’Ex-Centris (Fellini) au 3536 blvd. St-Laurent (le réalisateur sera présent)
2. Ce samedi 21 octobre à 22h30 au Musée Juste pour rire au 2111 blvd. St-Laurent (projection gratuite)

Et si plusieurs avaient adopté l’anonymat?

L’auteur Stéphane Dompierre vient de littéralement péter les plombs:

Plus moyen de faire une blague sans que la brigade anonyme des mœurs en fasse la critique, décide que la blague est drôle ou pas, s’acharne à passer ici tous les jours rien que pour me dire que mon blogue est merdique, que mon roman est merdique, que mon mode de vie est merdique, que je suis merdique. Je n’ai aucun respect pour les gens qui me jugent sous le couvert de l’anonymat. Je n’ai aucun respect pour les gens qui croient me connaître et connaître mes motivations profondes. Comprenez-moi bien, je prends très bien les critiques sur mon travail. Que des gens aient viscéralement détesté mon roman, c’est normal. Mais l’acharnement que certaines personnes ont à venir me faire chier sur mon blogue à chaque jour, laissant leurs messages haineux au nom de leur foutue liberté d’expression, je ne l’accepte pas. J’en ai marre de commencer ma journée en lisant des messages agressifs. (…) Les commentaires ne sont pas bienvenus. Votre liberté d’expression, je m’en tape.
Stéphane Dompierre, [ FIN ]

Je peux très bien comprendre Dompierre. Patrick Lagacé a lui aussi, connu sa part de problèmes. Ils sont d’ailleurs plusieurs à devoir affronter ce type de harcèlement. Mais tous n’ont pas la couenne dure. À ceux qui se demandent pourquoi aussi peu de journalistes bloguent, je répond: vous seriez surpris de connaître les noms de ceux qui bloguent, mais anonymement. Anonymement, car ils ont choisi de bloguer pour le plaisir, pas pour se faire chier.

Côté service à la clientèle…

… je suis un incorrigible chialeux. Chialeux? À vrai dire, je suis exigeant, et je me refuse de me faire passer un sapin. Patienter de longues minutes au téléphone pour finalement parler au supérieur d’un employé malpoli ou incompétent, you bet! Alors, Joblo et moi, même combat.

(…) j’ai appris qu’un client qui se plaint, ce sont 1000 clients qui récoltent en bout de ligne. Faith Popcorn l’avait prédit dans son livre EVEolution: les années 2000 seront celles de la fidélisation, des numéros 1-800 et d’un service à la clientèle qui se démarque de la concurrence. Et la consommation est de plus en plus, une affaire de femmes dans tous les secteurs. (…) C’est pas tout de nous offrir des étuis roses nananes pour nos BlackBerry, on veut aussi que ce soit civilisé à l’autre bout du fil.
Via Josée Blanchette,
Pour la montée de lait, faites le 0