En musique, jazz ou classique, il n’y a rien de plus beau que d’écouter un quatuor. Particulièrement un quatuor à cordes, qui se veut la forme la plus aboutie de la musique de chambre. Effort, concentration, pureté, esthétisme, rigueur, ascétisme: tels sont les mots qui pourraient décrire ce qu’est un quatuor à cordes. Chacun des musiciens doit être en parfaite harmonie avec les autres pour que la magie s’opère et que l’émotion envahisse tout autant les exécutants, le public et, lorsqu’il est présent, le chef.
Le concert de ce midi promettait: une grande oeuvre qui appelait rien de moins qu’une exécution parfaite. Normalement, le violoncelliste fait jeu presque égal avec l’alto et les violons. Son timbre éclatant, sa tessiture et sa puissance sonore tisse la trame de l’oeuvre. L’alto, rond et chaud, sait tout autant chanter la mélodie avec les violons qu’accompagner le violoncelle.
Et voici les deux violons: le premier violon y va d’une série de variations et d’envolées qui ne peuvent que mettre en lumière la virtuosité de son interprète. Staccatos, martelés, pincements: on peut aimer ou non son interprétation de l’oeuvre, mais reconnaissons qu’il est essentiel à ce que l’exécution sache nous émouvoir.
Et le second violon… Ooops, mais où était-il notre second violon? Un violon qui chante avec ce si charmant accent anglais. Malade? Occupation professionnelle? On comprend très bien. Ce sont des choses qui arrivent et on aurait pu s’adapter à la forme trio.
Pourquoi alors avoir saccagé l’oeuvre en invitant une joueuse d’égoïne? J’aime entendre l’égoïne à l’occasion, mais l’intégrer à un quatuor, avec une oeuvre aussi importante?
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