Depuis quelques mois, j’éprouve un certain malaise (pour ne pas dire un malaise certain) avec l’expression « journalisme citoyen ». Est-ce vraiment l’expression juste? Je m’interroge. Et je lance l’idée: en lieu et place de « journalisme citoyen », ne conviendrait-il pas mieux d’utiliser l’expression « journalisme civique« ?
Emprunté du latin civicus, « du citoyen », dérivé de civis, « citoyen ».Qui concerne le citoyen comme membre de la cité. Les droits civiques, le droit d’élire, d’être élu, d’être juré, expert, témoin, d’avoir la charge d’une fonction, d’un emploi publics. Les droits civiques sont les droits exercés par les citoyens dans le cadre de leurs rapports avec l’État. Jouir, être déchu de ses droits civiques. Dégradation civique, peine infamante qui prive le condamné de ses droits politiques et civiques ainsi que de certains droits civils. Les devoirs, les vertus civiques. Faire preuve de sens ou d’esprit civique, remplir ses devoirs de citoyen. ENSEIGN. L’instruction civique, qui apprend aux enfants les droits et les devoirs du citoyen.
Les mots du Patrimoine de France
Il y a aussi ces définitions du mot civique, que j’aime bien et qui explique bien ce que serait le journalisme civique:
1. Qui concerne le citoyen et son rôle dans la vie politique.
2. Propre au bon citoyen.
3. Droits civiques : droits légalement conférés aux citoyens. Éducation civique : partie de l’enseignement destinée à préparer les élèves à leur rôle de citoyen. Garde civique : garde nationale. Sens civique : dévouement envers la collectivité, l’État.
Et que dire de cette définition dans Antidote:
1. Relatif au citoyen. Lois civiques. Le premier devoir civique est de voter.
2. Qui concerne le bon citoyen. Une population qui a un fort esprit civique. Le sens civique. L’instruction civique en France.
Bref, ceci me conforte dans mon choix d’appeler le journalisme citoyen, du journalisme civique. Cependant, puisqu’il faut douter de tout, même de soi-même, il est évident que je vais continuer à fouiller sur le sujet. Histoire de valider mes choix… ou qui sait, de les récuser.
Je crois que « citoyen » est utilisé ces années-ci au lieu de « civique » parce que l’expression apparaît comme étant moins banale, plus neuve, probablement plus « grass roots ». Ceci dit, je serais plutôt d’avis qu’on devrait essayer de revaloriser le civique avant d’imposer une nouvelle façon de l’exprimer.
Dans l’expression « journalisme citoyen », est-ce le citoyen ou le journalisme qui est tendancieux ?
J’avoue ne pas être à l’aise non plus avec les expressions « journalisme citoyen » et « média citoyen ». Honnêtement, je n’ai pas encore réfléchi à la portée du choix de ces mots. La littérature états-unienne et française propose ces termes, mais il convient certainement d’y réfléchir…
Dans son livre, Joel de Rosnay qui ne recule devant aucun néologisme, explique l’utilisation de l’expression « journalisme citoyen » par le fait qu’il « se caractérise par la notion de responsabilité et d’inscription dans la vie de la cité, sans orientation politique prédéfinie ou imposée ». En ce sens, le terme « civique » selon les définitions que tu proposes serait probablement plus approprié…
Ping : goudaille » Blog Archive » Journalisme civique ou citoyen ?
J’espérais que tu viennes commenter Olivier *. D’ailleurs, on en reparlera plus en détails samedi, lors du colloque de la FPJQ.
* Pour information, Oliver Niquet est le fondateur du site d’information civique Cent Papiers.
journaliste? non. éditoralistes citoyens, ouais.
Michel: Avec plaisir… est-ce qu’il faut mettre une cravate ?
brem: Ça dépend, sur les « médias citoyens », certains textes ne sont pas moins objectifs que ceux rédigés par les journalistes des médias traditionnels…
Hé hé … tout est dans le tout, et rien appartient au néant …
laurent
http://blog.laurent.eu.org
olivier niquet: alors le terme journalisme citoyen ou civique s’applique probablement à eux. Mais pour l’ensemble du reste de la blogosphère, tu seras d’accord, c’est souvent une lettre d’opinion pour chaque billet.
Je suis plutôt à me questionner sur l’utilisation de «journaliste» pour qualifier ce que font les blogueurs quant ils rapportent des faits ou des opinions lors d’un événement «public», un peu comme Brem le faisait un peu plus haut.
«Civique» ou «citoyen»? Ou autre chose? Que dirais-tu de l’expression «reporter-carnetier» ou «reporter-blogueur»; dans les deux cas, prononcer «reportair». Dans la sphère publique. le «reporter» n’est-il pas une personne qui recueille des informations et les diffusent sous forme d’articles, avec ou sans opinion? L’utilisation de l’un de ces termes pourrait avoir l’avantage de nommer le média dans lequel il diffuse tout en décrivant que cette personne «rapporte» des faits ou des opinions.
Je continue d’y réfléchir moi aussi…
Mario: ce que font les gens sur les carnets Web… partager des informations. J’ai l’impression. En Afrique, on appelle cela l’arbre à palabres, dans les villes industrielles du siècle dernier, le bistrot, à la campagne mon grand père faisait cela avec ses amis en parlant des boutures, en faisant des recherches sérieuses hein attention.
La différence? aaaaah oui… c’est écrit ! Maintenant sur le Web en plus ! Il y a une sacralisation de notre communication écrite dans nos civilisations occidentales.
Ce que font les carnetiers, c’est comme les troubadours qui se balladaient de ville en ville au moyen age. Ils colportent de l’information. Sauf que maintenant l’information est transportée sans se déplacer.
Je vote pour *troubadour 2.0* !!! ok je sors :p
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