En culture, il n’y a rien de sacré. Et encore moins en musique. Que Mocean Worker reprenne à son compte un vieux morceau de Rare Earth (I just want to celebrate), et je trouve cela tripatif. J’écoute et j’adore les versions de Birdland de Weather Report réarrangées par Quincy Jones ou Manhattan Transfer. J’aime passionnément le hip-hop et tous ces nouveaux courants qui carburent au sampling et à la table tournante.
Même ces monstres sacrés que sont les Beatles…
Désolé, mais il n’y a rien de sacré dans la discographie des Beatles. Ou celles des Beach Boys. J’admire d’ailleurs l’audace dont on fait preuve les meilleurs musiciens de métal en décortiquant l’œuvre des Beatles et en lançant l’album Butchering the Beatles. Inégal comme album, mais il fallait le faire, ne serait-ce que pour écouter LE son de guitare se Steve Vai sur Hey Bulldog ou la basse de Lemmy Kilmister (Motorhead, mais surtout, ex-Hawkwind) sur Back in the USSR. Même Earth Wind & Fire avec leur version de Got to Get You Into my Life, j’ai aimé. Il n’y a rien de sacré.
Et j’espère qu’il en sera toujours ainsi car de tout temps, les créateurs ont accouché de leurs meilleures musiques en COPIANT ou EN S’INSPIRANT de ceux qui les avaient précédés. On répète, de tout temps, tous les musiciens ont copié d’une façon ou d’une autre ceux qui les ont précédés. Ceux-ci ont pigé leur inspiration dans le style, le rythme, ou tout simplement, un son, une note, un cri.
James Brown, The Godfather of Soul, est sans doute l’homme le plus échantillonné qui soit. De même que son band. Et ce repiquage de petits clips sonores empêche t-il The Hardest-Working Man in Show Business de bien vivre de ses droits d’auteurs? Le fait qu’un autre créateur ait assimilé et arrangé à son goût une sonorité tirée d’une pièce de James Brown a t-il nuit à ses ventes? Poser la question, c’est y répondre.
Évidemment, on s’entend qu’un créateur qui repique un phrasé au complet, ou toute une mesure d’une œuvre devrait peut-être verser une quelconque compensation à son créateur original. Mais le blow d’une section de brass, le pop d’un doigt sur une basse (slapping), le oomph d’un bass-drum, même le cri de James Brown… voyons donc. Surtout si par la suite, le dit son est ensuite retravaillé par le nouveau créateur.
On le répète encore une fois : depuis toujours, les créateurs se sont inspirés librement de ceux qui les ont précédés. Point à la ligne.
Or, avec la démocratisation des outils de création, on serait porté à croire que la musique serait à vivre son âge d’or.
Pas du tout. Zilch. Nada. Niente.
Tout ceci, parce que les lois sur la propriété intellectuelle se situent non seulement à l’opposé des opportunités offertes par les technologies et les nouveaux outils de création, mais en plus, les nouveaux projets de lois tels que se proposent d’introduire plusieurs gouvernements nationaux veulent encore plus réduire les possibilités offertes par le numérique.
Bref, écoutez la bande-annonce d’un documentaire à venir, Copyright Criminals, sur les enjeux de la propriété intellectuelle dans le monde de la musique. Si une image vaut milles mots, celles qui suivent valent sûrement une prise de conscience de votre part. Parce que tôt ou tard, le gouvernement en place, ou celui qui suivra, voudra revoir de fond en comble les lois sur la propriété intellectuelle et le droit d’auteur.
À mon avis, les lois se rapportant à la propriété intellectuelle ont répondu à certains besoins de l’humanité aux cours des derniers siècles. Cependant à notre époque ce genre de relation avec les oeuvres en général n’a plus aucun sens à terme.
Nous sommes présentement à l’avant d’après l’ère du web 2.0 et le « gouvernement 2.0″ n’y échappera pas. Dans ce bordel qui peut sembler anarchique pour certains je donnerai pour exemple la France qui vient de se voter la loi DADVSI d’un côté et le passage aux logiciels libres pour tous les députés de l’autre.
Conséquemment, j’imagine le pauvre député revenant de la pause des fêtes de fin d’année se retrouvant avec son ordinateur Gnu/Linux tout neuf payé par les contribuables.
Député >Monsieur l’adminsys je n’arrive pas à lire ce « DVD 2.0″ sur mon nouveau nunux.
Admin> Ce n’est pas un DVD 2.0 ta bébelle c’est un « DVD-DRM bulle 2.0″ En fait, ça prend une simple petite aiguille pour péter la bulle mais elle se vend très beaucoup énormément cher cette petite aiguille et le « grand Boss » ne paye pas pour de telles conneries. En tant qu’adminsys au gouvernement 2.0 je ne peux me permettre de péter cette « bulle » sans violer la loi DADVSI que vous avez voté l’an dernier. Merci de votre compréhension.
Document joint:
How-to compréhension 2.0.
a+
… mais c’est déjà en cours mon cher…
http://www.michaelgeist.ca/
Heu… qu’est ce qui est en cours?
amen
sur le même sujet
http://nkhstudio.com/pages/amen_mp4.html
Ah! ça fait du bien d’entendre ça. En plus de la bouche de la crème du djing et du cut and paste.