Artistes muselés et pris en otages

MediaMatinQuebec
Je n’en reviens toujours de lire cette nouvelle parue dans le MédiaMatinQuébec, le quotidien produit par les «lockoutés» du Journal de Québec. À vrai dire, je suis encore sous le choc et totalement «flabergasté». En effet, il semble, selon les «lockoutés», qu’il serait difficile sinon impossible pour les journalistes du MédiaMatinQuébec d’interviewer des artistes oeuvrant sous la bannière Québécor. Vrai? Faux? Le texte publié dans le MMQ d’hier n’a rien pour me rassurer. Je suis aussi déçu de ne voir aucun média reprendre cette nouvelle et encore plus déçu du silence de la FPJQ.

Cela choquera peut-être les copains qui bossent en ce moment chez Québécor, mais pas question de passer sous silence ce texte de Daniel Paquet, le rédacteur en chef du MédiaMatinQuébec. Que les lecteurs s’emparent de ce texte et le publient sur leur blogue accompagné du fichier JPG du journal. Par ma part, j’espère sincèrement qu’il ne s’agit que d’une simple gaffe faite par une attachée de presse un brin zélée.

SI T’ES PAS DU BON BORD, TON CHIEN EST MORT!

La grosse machine de Quebecor est-elle en train de décider pour les gens de Québec quels seront les journalistes habilités à rencontrer «ses» artistes? Attention, car si la tendance se maintient, la convergence entreprise par Quebecor pourrait bien se traduire par une uniformisation de la culture et un important contrôle de celle-ci par la compagnie.

Paranoïa de lock-outé? Pas du tout.

Dimanche après-midi, une journaliste du MédiaMatinQuébec devait rencontrer Zachary Richard lors d’une entrevue exclusive, après une entente prise il y a quelques semaines avec l’agente de l’artiste et à la suite de l’acceptation de ce dernier. Zachary Richard se produisait en spectacle avec Francis Cabrel en soirée, à l’occasion du Festival d’été de Québec.

Quelques minutes avant la rencontre, l’agente a annulé l’entrevue, prétextant que celle-ci n’aurait jamais été acceptée si la femme avait su que la journaliste travaillait pour MédiaMatinQuébec, le journal né du conflit de travail au Journal de Québec. Le problème vient du fait que la maison de disques de Zachary Richard au Québec est Musicor, une filiale de Quebecor.

Alors tant pis pour Zachary! Même si lui avait accepté l’entrevue depuis des semaines, Mme Musicor a décidé d’annuler. Un point, c’est tout.

Heureusement, la journaliste a pu assister à la conférence de presse comme tous les autres journalistes, car cette dernière était sous la responsabilité du Festival d’été de Québec et Mme Musicor aurait été bien mal venue de l’empêcher d’y assister. Par contre, encore une fois, cette dernière s’est interposée et a tenté d’empêcher que le photographe de MédiaMatinQuébec fasse une photo plus personnelle de Cabrel et Richard.

Qu’à cela ne tienne. Le photographe s’est adressé directement aux artistes et ceux-ci ont accepté de collaborer, faisant ainsi la nique à une agente peu sympathique.

Dangereux
Le problème pourrait en être un d’individu. Peut-être que l’agente n’aime pas les lock-outés, a peur de perdre son job ou est simplement trop zélée. Mais à MédiaMatinQuébec, nous ne le croyons pas. Il s’agit plutôt d’une tendance lourde vis-à-vis nous. Deux autres exemples. Mme Jeannette Bertrand a annulé une entrevue avec un de nos journalistes, car son livre est publié chez Libre expression (ironiquement), une autre filiale de Quebecor. Elle était mal à l’aise avec la situation, selon la version de son agente.

Autre désistement, Rita Lafontaine, qui a préféré ne pas rencontrer un de nos scribes. Quebecor serait un bailleur de fonds de son centre d’arts et elle préférait ne pas se mêler du conflit!!! Il ne s’agissait pourtant que d’une simple entrevue pour une pièce de théâtre dans laquelle elle jouait…

Inquiétant et dangereux de constater que ces artistes sont muselés. Avec MédiaMatinQuébec, on peut toujours prétexter le conflit. Mais qui sait, peut-être qu’un jour, le mot d’ordre de Quebecor à ses agents sera de ne pas permettre aux artistes de s’adresser à des médias «non québécoriens». Pas sûr que les Québécois en sortiront gagnants et que les artistes y trouveront leur intérêt.

Daniel Paquet
rédacteur en chef
MédiaMatinQuébec

Très tendance (Nicolas, sors, de ce corps): le rPhone

rPhone
This device has never been seen by the Federal Communications Commission as they were all down to the pub on the Friday we popped round to show it to them. Contact your carrier to request that they carry rPhone. Do it in a funny voice. This device is not, and may not be, offered for sale or lease, or sold or leased, until someone offers Captain Drew his own television show called « Matlock in Space ». Or maybe a pony. He knows all about lowered expectations. All copyright holders material used without permission, as we be pirates… of satire.
PiratePalooza

En attendant Bob: Dylanesque de Bryan Ferry

Bryan Ferry - Dylanesque
Pour un interprète, tout aussi talentueux soit-il, prendre le risque de faire du cover peut s’avérer douloureux lorsque la critique «s’emmêle», particulièrement lorsqu’on s’attaque à un montre sacré de la musique américaine.

Il fallait donc que Bryan Ferry se sente à l’aise avec avec le répertoire de Bob Dylan pour proposer aux aficionados de cet immense créateur l’album Dylanesque.
Coup de coeur ici et sur le patio, particulièrement parce que Ferry a su évité le piège de faire Dylan. En effet, Bryan Ferry, ex Roxy Music, nous montre à quel point il est un grand interprète et qu’il connaît le répertoire de Dylan au point de se l’approprier et de le revoir de fond en comble.

Dylan revu et revisité par Bryan Ferry, c’est ni plus ni moins qu’une pure merveille pour l’oreille.

Des guitares acides, dénuées de tout artifice. Des guitares signées Robin Trower, un des grands qui maîtrise à ce point le son Fender. Trower, c’est aussi, avec le B3 de Matthew Fisher et la voix de Gary Brooker, le son de feu Procul Harum. À l’électronique, subtil mais présent, Brian Eno. De King Crimson à U2, en passant par Robert Fripp et David Byrne, il n’existe peu ou pas de grands groupes qui n’aient eu à bénéficier un jour ou l’autre des arrangements éblouissants de Brian Eno.

Et Dylan dans tout cela? Just Like Tom Thumb’s Blues ouvre le bal et d’entrée de jeu, on sait que Ferry entend nous en mettre plein la gueule… et plein les oreilles. On se doutait depuis toujours que Ferry pouvait faire du rock solide, qu’il pouvait explorer d’autre avenues que celles du art rock qui lui a si bien convenu dans Roxy Music. Mais le naturel revient vite au galop avec Simple Twist of Fate, avec une interprétation qui emprunte tout autant au son Dylan qu’à celui de Roxy Music.

Si les puristes de Dylan risquent d’être surpris avec l’interprétation de The Times They Are A-Changin’, les véritables eux, seront confondus par le tempo plus rapide que l’original, les guitares de Trower et la basse lourde, pesante.

Avant d’accéder aux portes du paradis avec All along the Watchtower, c’est la relecture de Knockin’ On Heaven’s Door qui achèvera de convaincre l’auditeur que Bryan Ferry a conçu et enregistré une oeuvre magistrale avec son Dylanesque. Si Dylan cognait avec une quasi tristesse aux portes du paradis, Ferry lui, réussit à nous faire croire que le paradis est le fun. Nostalgie adios. T’as juste le goût de regarder ta belle ou ton beau dans les yeux et de lui dire je t’aime.
All along the Watchtower, c’est le retour du Wall of Sound, les cordes qui hurlent de Trower, les ambiances de Brian Eno, la complicité entre les autres musiciens, le gros mix en pleine gueule de Bob Clearmountain mais surtout, Ferry lui-même. On se verse un scotch et on lève son verre, et à la santé de Dylan, et à celle de Ferry.