RIP CRTC

Septembre 1998. Sur le bord d’une piscine, dans un jardin, la radio virtuelle Interactif créée par René Barsalo, Bruno Guglielminetti, Robert Cassius de Linval et moi sévissait sur la toile. Cette journée là, Robert Cassius de Linval et moi avions livré aux auditeurs un brûlot intitulé «RIP CRTC» dans lequel nous anticipions l’enterrement inéluctable du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes. Malheureusement, il n’existe plus de document audio et textuel de ce texte d’opinion, que des témoins et un court extrait sur le site de Canoë. Zut!

« La réalité ne nous fait pas plaisir parce qu’elle rend la réglementation comme nous la connaissons impuissante devant les nouveaux phénomèmes technologiques. Ce qu’il faut faire, c’est commencer à préparer l’après CRTC dès maintenant. »

Une réflexion au sujet de « RIP CRTC »

  1. Lequel des deux organismes passe ce soir pour être le plus «hors d’ordre»…
    Le CRTC en avouant candidement avoir créé une division de recherches et de développement stratégique qui pourrait regarder comment «encadrer» Internet, maintenant qu’il y a quelque chose à réglementer?
    L’ADISQ en invoquant la pratique chinoise, forçant la main du CRTC tout en le blâmant de donner de plus en plus libre cours aux forces du marché au détrimant de prioriser le fait social et culturel?

    J’ai relu attentivement le communiqué des 18 tout à l’heure. Ce passage m’a frappé:

    «Alors que l’objet même de cette convention [celle de l'Unesco] est de protéger juridiquement le droit des États d’établir leurs propres politiques culturelles, un organisme réglementaire aussi central que le CRTC délaisse aujourd’hui ses devoirs dans la mise en place et l’application de telles politiques.»

    Peut-on vraiment être en désaccord avec l’intention? Pourrait-on dans cet «après-CRTC» voir comment faire pour protéger notre culture sans s’étouffer avec?

    Car le moyen (réglementer Internet) ressemble à un sacré remède de cheval pour ce qui paraît être une noble cause. L’expression «tuer une mouche avec canon» me vient en tête. On ne sait pas trop comment s’affirmer pour «Être» dans notre coin de pays et le seul message qui sort consiste à imiter un cousin lointain qui a une recette pour continuer à conserver une forme d’autonomie (on appelle ça de la censure vu d’ici).

    L’après CRTC…

    L’erreur de l’ADISQ aura peut-être été de vouloir agir par le CRTC?

    L’erreur du CRTC aura peut-être été de laisser croire qu’il pouvait encore LIVRER la commande, alors qu’il est déjà hors-jeu sur ce coup?

    Mais ça ne régle pas la question de fond.

    Dans cet après-CRTC, faudra voir comment on pourra s’affirmer sans s’étouffer…

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