Ainsi parlait le citoyen numérique

Citoyen numérique

En fait, nous sommes à l’aube d’une nouvelle citoyenneté: la citoyenneté numérique. Il s’agit sans nul doute d’un tsunami comportemental chez les consommateurs, lequel a un effet considérable sur le modèle d’affaires des agences de publicité. Les anciens modèles d’affaires classiques, où il fallait tout payer, sont périmés. C’est out, trop cher, trop lent pour les consommateurs d’aujourd’hui.

Avec le Web 2.0, l’empowerment des citoyens est presque total. Ils ont le pouvoir de créer eux-mêmes les contenus, de les publier, de les diffuser, de les échanger comme ils veulent, quand ils le veulent, à qui ils veulent, sans filtre. Ils peuvent le faire sans payer un sou. Difficile à admettre, mais le citoyen numérique est en train de devenir tout aussi puissant que les grands médias eux-mêmes.

Yves Gougoux et Pascal Beucler, Révolution dans l’univers du marketing – Le pouvoir du citoyen numérique

 

À propos de jeux vidéos et de la violence

Grand Theft Childhood Cover
La commercialisation récente du dernier opus de la société Rockstar, le jeu Grand Theft Auto IV, un divertissement virtuel d’une violence extrême selon certains, une oeuvre d’art selon le journaliste Tristan Péloquin, nous oblige à se taper à nouveau dans les médias électroniques et papiers les mêmes sempiternels reportages sur la violence dans les vidéos et son influence sur les jeunes. Or, quelqu’un a t-il vraiment pris le temps de réfléchir à cette équation, à savoir:

Jeux vidéos violents = incitation à des comportements violents chez les jeunes adultes?

Il y a bien le philosophe Hervé Fisher qui hier, au Téléjournal de Radio-Canada, y est allé de quelques commentaires sur la violence présente dans ce jeu, mais point d’analyse savante ici, que des lieux communs. À sa décharge, il est vrai que la télévision a tendance à charcuter l’essentiel du message livré à l’interviewer, ne reste que la «clip» qui devient la dorsale du reportage. C’est d’ailleurs une des raisons qui me motive de plus en plus à refuser de participer à plusieurs émissions de télé.

Bref, face à ce discours associant trop souvent violence chez les jeunes et jeux vidéos violents, discours repris ad nauseam par des politiciens et des animateurs populistes, des questions se posent, questions qui demandent des réponses, en autant qu’elles s’appuient sur des fondements scientifiques et non pas sur de simples analyses «socio-marketing» douteuses.

Lawrence Kutner et Cheryl K. Olson sont les co-fondateurs du «Center for Mental Health and Media» du département de psychiatrie de l’Hôpital général de Boston en plus d’être chercheurs à la faculté de psychiatrie à Harvard. Ils sont aussi les auteurs du livre Grand Theft Childhood: the surprising truth about violent video games. Dans cet essai, les deux chercheurs tentent de démystifier les mythes suivants:

  • L’augmentation de la violence chez les jeunes, particulièrement la violence à l’école, est directement liée aux ventes de jeux vidéos violents.
  • Les filles ne sont pas attirées par les jeux violents comme Grand Theft Auto.
  • Il y aurait un lien direct entre les crimes commis par le tueur de Virginia Tech, Seung-Hui Cho, et sa passion pour les jeux vidéos violents.
  • Toutes les personnes ayant commis des crimes violents dans des établissements scolaires affichent une fascination pour la violence, et tout particulièrement les jeux vidéos violents.

Vrai ou faux?

À la lecture de ce livre, on constate qu’il n’en est rien. Au contraire, Kutner et Olson concluent que beaucoup de parents s’inquiéteraient pour les mauvaises raisons et que contrairement aux idées préconçues, idées trop souvent véhiculées par «certains observateurs» et politiciens en mal de popularité, il n’existerait aucune corrélation entre les jeux vidéos violents et la violence chez les jeunes. Au contraire, les jeux vidéos seraient même un formidable outil d’apprentissage chez les jeunes… et les moins jeunes.

Toutefois, ces résultats n’empêchent pas les auteurs de ce livre d’émettre des bémols face à quelques jeux qui, dans un contexte bien particulier, peuvent s’avérer troublant pour certains jeunes. Mais encore une fois, nous sommes loin ici de cette généralisation qui associe jeux vidéos violents et violence chez les jeunes.

À mon avis, tout parent inquiet des comportements de leurs enfants face aux jeux vidéos, violents ou non, devrait s’imposer la lecture du livre Grand Theft Childhood. Au cours des prochains jours, je reviendrai sur ce sujet. Je vous propose en attendant une entrevue que les auteurs ont donné au réseau G4TV. Écoutez bien certaines de leurs conclusions, tant pour les filles que les garçons. Vous serez plus que surpris.

Cela dit, en toute objectivité, qu’on me permette de dire qu’il existe des chercheurs comme L. Rowell Huesmann qui associent directement violence et jeux vidéos de la même façon que nous le faisons aujourd’hui avec la cigarette et le cancer. Mais si on examine d’un peu plus près les résultats de leurs recherches (The Impact of Electronic Media Violence: Scientific Theory and Research), on constate que Huesmann soulève très peu de points en défaveur des jeux vidéos violents. À vrai dire, Huesmann conclu un peu trop rapidement à mon goût, et en se fiant principalement sur ses propres recherches, qu’il existe des preuves irréfutables qui suggère que l’exposition à des programmes télé, de films et de jeux vidéo violents augmente la probabilité d’une personne agisse violemment, tant à court terme qu’à moyen et long terme.

En complément de lecture:

  1. Olson, C.K., Kutner, L.A., & Beresin, E.V. Children and video games: How much do we know? Psychiatric Times, October 2007. (Full text available for free.)
  2. Olson, C.K., Kutner, L.A., Warner, D.E., Almerigi, J.B., Baer, L., Nicholi, A.M. Jr., & Beresin, E.V. Factors correlated with violent video game use by adolescent boys and girls. Journal of Adolescent Health, July 2007, pages 77-83.
  3. Olson, C.K., Kutner, L.A., & Warner, D.E. The role of violent video game content in adolescent development: Boys’ perspectives. Journal of Adolescent Research, January 2008, pages 55-75.
  4. Kutner, L.A., Olson, C.K., Warner, D.E., & Hertzog, S.M. Parents’ and sons’ perspectives on video game play: A qualitative study. Journal of Adolescent Research, January 2008, pages 76-96.
  5. Villani, V.S., Olson, C.K., & Jellinek, M.S. Media literacy for clinicians and parents. Child & Adolescent Psychiatric Clinics of North America, July 2005, pages 523-553.
  6. Olson, C.K. Media violence research and youth violence data: Why do they conflict? Academic Psychiatry, Summer 2004, pages 144-150.

Et en passant, I’m back. ;-)

Mise à jour:

Le jargon

«Si j’aurais su, j’avais pas venu.»

Moi, une maison, c’est un truc avec un toit, quatre murs, des planchers, des chambres, salles de bains, cuisine, etc. À la rigueur, je comprend le jargon lorsque me dit panneau électrique ou encore valve d’entrée d’eau. Mais c’est à peu près tout. Pour le reste, zéro.

Pourtant, je sais faire plein de choses:

Changer un bloc d’alimentation sur un PC? Check!
Remplacer le système d’exploitation Windows pour Linux? Check!
Faire l’opération inverse? Check!
Faire cohabiter les deux? You bet chose! Check!
Passer du fil dans les murs? Ben quien! Check!
Câbler un studio d’enregistrement maison? Check!
Comprendre le MIDI? Presque, mais check!
L’électricité? Check!
Changer une couche (pleine) d’une main et en même temps de l’autre, brasser une sauce à spaghetti sans que les deux ne se contaminent? Check! Check! Check!

Mais le lingo maison, désolé, je suis pas rendu là. Doh! Homer lui même.

Bref, depuis samedi, l’eau pisse dans mon sous-sol. Cela a débuté modestement, mais ce matin, c’était l’enfer. Entre l’eau et moi, aidé d’une pile de serviettes et de draps, ainsi que d’une vaillante Shopvac et une petite pompe de surface, c’était la guerre. Qui allait gagner? Je ne vous parle pas des nuits blanches à éponger, à espérer que les livres, les ordis, le studio d’enregistrement n’y passe pas. Fuck! Et voilà que l’eau passe à travers des craquelures du plancher de ciment. Le stress? Check! Et en ostie toasté des deux bords!

Finalement, j’ai su la signification des mots «bassin de drainage», «nappe phréatique», «drain de plancher» et «t’as pas de pompe submersible»?

Mais fallait me le dire!

Depuis ce soir, c’est le bonheur… au sec. Quatre immenses ventilos tournent à fond de train dans le sous-sol, des déshumidificateurs aspirent l’humidité et joie!, les livres, les ordis et le studio ont su éviter le pire. Et la pompe submersible pompe comme… bon, elle pompe.

Ne soyez pas «doh» comme moi. Évitez les nuits blanches et renseignez-vous de la signification des mots «bassin de drainage», «nappe phréatique», «drain de plancher» et «t’as pas de pompe submersible».

Bon, clapet anti-reflux. De kossé ça… Et il s’est passé quoi depuis 5 jours?

La loi et l’ordre

Yup! Un nouveau shérif est en ville. Et il promet de dégainer rapidement afin de faire régner la loi et l’ordre.

Les policiers auraient dû baisser la visière et brandir la matraque, lundi soir, pour réprimer plus efficacement l’émeute provoquée par des casseurs au centre-ville de Montréal, selon le chef de l’opposition officielle, Mario Dumont.
Jocelyne Richer,
Dumont veut plus de répression policière, La Presse Canadienne

Pendant ce temps, Dieu merci, le vrai shérif, le directeur du Service de police de la ville de Montréal Yvan Delorme, y va d’une déclaration à la fois étonnante et rassurante:

«Je ne voudrais pas suspendre les droits et libertés pour une poignée d’individus…»

Mise à jour: Le journaliste Fagstein déboulonne les mythes.

Myth: Had the police been more forceful, it would have taught people a lesson and the damage would have been minimized

Reality: The opposite would have happened. An arrest outside a shoe store on Ste. Catherine Street forced police to use pepper spray because they were quickly surrounded by angry fans crying police brutality. Never mind the fact that the guy they were arresting was doing everything in his power to resist them and injure them. Every action by police was met with an antagonistic response.

 

C’est du sérieux

Jean-Pierre Bonhomme chez Cent Papiers. Chapeau pour la nouvelle recrue.

Licencié en Droit de l’Université de Montréal, Jean-Pierre Bonhomme est né à Montréal. Journaliste, il devient rédacteur en chef du journal régional L’Aquilon à Baie-Comeau-Hauterive. En 1960, il entre au service de La Presse où il devient rédacteur en chef de la section Magazine. Il travaille ensuite pour le journal Le Droit et Le Devoir, avant de revenir, en 1974 à La Presse où il tiendra une chronique sur l’environnement, puis une autre sur l’architecture. Journaliste indépendant depuis 1994, Jean-Pierre Bonhomme publie maints articles dans divers journaux et revues. Ses propos ont toujours souligné l’importance de bien aménager un centre-ville.

 

Un homme amer

“Bitter: angry, hurt, resentful, because of one’s bad experiences or sense of unjust treatment.”

Webster’s Dictionary.

I am a bitter man. I admit it. I’m neither proud or happy about it. But it’s not my fault, either.

Eight years ago I was annoyed, but I wasn’t bitter. Being annoyed with government is the natural state of the governed. It’s the catalyst that keeps politicians paranoid about what we’re up to out here while they, hopefully, try to do enough things right to get our vote next time around, even if resentfully.

But bitter is a different kind of catalyst. It’s the emotion that freed these former colonies from Britain. It’s the emotion that motivated American blacks to come together in the 1960s and demand an end to segregation, once and for all. At the turn of the century in Russia bitterness caused the Russian people to put an end to careless, self-indulgent, wasteful monarchy. Before that, in France, bitterness among the peasantry caused a whole lot folks to loose their heads — literally.

In short, bitterness is a motivator — maybe the motivator when it comes to the forcing of social tipping points.

(…)

But most of all I am bitter that it appears almost certain that the criminal acts committed by members of this administration will go unpunished. That they will indeed get away with it all. And that that will set a prescient for the next George W. Bush-type who finagles his/her way into the Oval Office.

Those are the reasons I’m bitter. And it you’re one of those folks Hillary and McCain keep assuring me are “not bitter,” I have only one question for you: What the hell’s wrong with you?

Stephen P. Pizzo, I’m a bitter man, journaliste à la retraite