Samedi dernier, alors que la copine s’envoyait en l’air à Québec (!), j’avais à la maison, en plus de mes enfants, leurs cousines ainsi que le fils d’un copain. Il faut dire que la chaude température était un argument plus que convaincant pour inciter toute cette tribu à visiter la piscine. Je ne dirai jamais à quel point il est agréable de relativement bien s’entendre avec l’ex belle-famille afin que les enfants puisse continuer à se fréquenter et s’amuser ensemble, même lorsqu’ils sont chez leur père.
Bref, en plus des enfants et du copain, nous avons reçu le plaisir de recevoir la visite d’un ami et de son ex-conjointe. À vrai dire, l’ami en question, que je connais depuis plus de 32 ans déjà, est aujourd’hui une amie. En effet, Michèle est aujourd’hui quasiment une femme. Ne reste que la grande opération à subir, grande opération qui devrait avoir lieu cet automne pour qu’enfin, elle puisse le devenir à part entière, même si dans sa tête, cet état de fait est réglé depuis longtemps.
Pour ma part, comme je lui ai dit lors de son coming-out, «je me fous totalement de ton enveloppe corporelle, tu a été, tu es et tu resteras à jamais mon ami(e)». Mais samedi, c’était la rencontre avec les enfants qui me turlupinait un brin. Veut, veut pas, en tant que parent, tu tentes de prévoir les questions de tes enfants. Idiot que j’était. C’était sans compter sur la sagesse des enfants. J’y reviendrai plus loin. J’ai donc pris le temps d’expliquer à la tribu que Michèle est depuis toujours mon ami, et que sa métamorphose ne changeait absolument rien dans nos rapports. De plus, je leur ai demandé de ne pas se gêner et de poser toutes les questions qui leur viendrait en tête. C’est ce que Michèle voulait.
Arrive Michèle et son ex conjointe, avec qui elle s’entend toujours aussi bien. De conjoints, ils sont devenus amis. Après quelques minutes de conversation entre nous, les enfants sortent de la piscine et comme prévu, posent leurs questions. Et que de belles et bonnes questions, Michèle n’en revenait pas elle-même de tant de candeur, de curiosité, d’audace mais aussi de sagesse et de respect. Comme elle me le disait lui-même un peu plus tard, autant les adultes éprouvent de la gêne et de la retenue, autant la tribu y est allée avec des questions intelligentes, et quelquefois cocasses. Par exemple, la plus jeune, 10 ans à peine, «Est que ça veut dire que tu es devenu lesbienne?». Je ne vous dit pas la réponse, ça reste entre eux et Michèle.
Le mot de la fin revient sûrement à ma grande qui, après le départ de Michèle me regarde et me dit «tu sais papa, j’ai beau essayer, mais je ne parviens pas à m’imaginer Michèle comme un homme». Et on se demandera ensuite pourquoi je suis fou de mes enfants (et ceux des autres).
C’est beau l’amitié, la compréhension et la sagesse. Si tous les gens étaient des enfants candides, il y aurait moins de guerres et d’incompréhension.
Je ne sais pas si je suis persona non grata ici… mais je me risque à écrire que ce billet m’a beaucoup touché, voilà!
@Michelle Merci du petit mot.
@Renart On accepte les commentaires de tout le monde ici, à une exception près.
Je ne poserai pas la question à savoir qui c’est…
Oui qui est-ce? J’en ai perdu(e) un boutte!
Allez, c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle.
Bravo Michelle.