Qui? Pourquoi? Comment? Où? Quand?

Depuis ce matin, tout le petit monde journalistique se pose la même question : mais qui est derrière cette vidéo dénonçant les coupures en culture du gouvernement conservateur et mettant en vedette Michel Rivard, Stéphane Rousseau et Benoît Brière.  Qui sont les concepteurs de cette vidéo de facture très professionnelle?

Car on ne se le cachera pas, nul doute que ce sont des professionnels qui ont conçu et réalisé cette vidéo, superbe par sa facture visuelle, kafkaïenne par son concept. Mais il manque ce qui complète toute bonne réalisation, un générique. Réalisateur, producteur? On connaît les acteurs, mais quid des autres, sûrement nombreux, qui ont participé à cette réalisation? Rien. Aucune nom ne défile au générique.

Pourtant, en tant que citoyen, j’aime bien savoir qui me parle. Surtout lorsqu’on m’interpelle de cette façon en m’incitant à participer à la conversation. Mais j’ai beau vouloir répondre, personne n’est à l’écoute. D’ailleurs, comme le disait Sylvain Carle sur Twitter, « à l’ère des réseaux sociaux, ne pas signer un vidéo du genre, c’est manquer l’occasion de participer à la conversation.»

Cela dit, je me pose aussi beaucoup de questions quant aux confrères qui, toute la journée, n’ont eu de cesse de trouver qui étaient les messagers derrière le message. Plusieurs ont entendu des noms circuler, des noms connus, de gros noms de l’industrie du cinéma. J’ai parlé à plusieurs de ces collègues, et bien que tous aient pu parler à ces personnes, aucun n’a pu avoir la confirmation officielle, le «Oui, c’est moi» qui leur auraient permis de dire, voici qui est derrière cette vidéo. «Pas de commentaires», voici sensiblement ce que tous ont pu recueillir comme réponse lorsqu’on demandait à ces personnes si d’une façon ou d’une autre, elles avaient participé à la réalisation de ce vidéo. Or, on ne se contera pas d’histoire, un «pas de commentaire» en politique est souvent en lui-même une réponse.

Cependant, aucun collègue n’a nommé les noms  qui circulaient, aucun n’a dit, «nous avons demandé à telle ou telle personne si elle était parmi celle qui ont participé à la réalisation de ce vidéo, et nous n’avons pu recueillir qu’un simple ‘’pas de commentaires’’». Certains étaient même mal à l’aise d’en parler ainsi, à bâtons rompus, peut-être par sympathie avec la cause.

Le problème, c’est que nous sommes journalistes, et que notre rôle est de trouver qui est le messager. Nous n’avons pas à nous poser la question si la cause est sympathique ou pas. Ce rôle, c’est celui des chroniqueurs et des éditorialistes.

 D’ailleurs, je vous demande sincèrement une question, à vous lecteurs : si une vidéo véhiculant un message tout  à fait contraire à celui des artistes avait circulé de la même façon sur Internet, sans signature, sans générique, auriez-vous été d’accord à ce que les journalistes ne fasse pas les mêmes recherches pour trouver qui est le messager?

En même temps, je comprend très bien le pourquoi de ces pas de commentaires. Primo, on veut envoyer le message que ce ne sont pas quelques individus, mais bien un groupe d’intérêt important. Deuxio, plusieurs de ces personnes ont aussi des demandes en cours d’examen à Ottawa et craignent, avec raison, une vendetta.

Toutefois, c’est notre boulot à nous de faire de l’enquête, de trouver qui est le messager, afin de questionner, de comprendre et de vous faire part des motivations derrière le message. QUI est derrière le message? Pourquoi? Où? Quand? Comment?

Bref, voici ce qui, à mon avis, aurait du être dit aujourd’hui :

Les artistes québécois ont riposté aux coupures du gouvernement fédéral sur Internet. Depuis ce matin, une vidéo circule sur la Toile mettant en vedette Michel Rivard, Stéphane Rousseau et Benoît Brière. « Le chanteur comparaît devant un comité unilingue anglophone pour demander une subvention pour un festival francophone. Stéphane Rousseau et Benoit Brière, qui sont les membres du comité, lui donnent la réplique. Les quiproquos linguistiques – notamment sur phoque et « fuck » – font tout dérailler et, sur fond de censure, plus personne ne se comprend. (1)» La vidéo a été réalisée par plusieurs professionnels de l’industrie qui ne veulent pas être identifiés. Toutefois, plusieurs noms circulent, dont ceux du réalisateur Éric Canuel et de la productrice Denise Robert. Interrogé sur sa participation, le réalisateur s’est refusé à tout commentaire, se contentant d’un laconique «pas de commentaires» quand à sa participation et à celle de la productrice. Notons que les concepteurs de cette vidéo ont retiré du site Youtube les propos suivants: «« Votez contre Harper et ses coupures dans la culture », propos qui auraient pu être considéré comme une dépense électorale par le Directeur général des élections.

That’s the news, that’s the facts et pour la suite, je laisse le soin aux chroniqueurs et éditorialistes de nous livrer leurs opinions.

 

44 réflexions au sujet de « Qui? Pourquoi? Comment? Où? Quand? »

  1. Bonjour
    Triste que des artistes de talent soient obligés de se cacher de peur d’éventuelles représailles .
    Vive le Québec auto-censuré!
    «Les peuples n’ont que les gouvernements qu’ils méritent»
    Alors bon vote
    Merci
    Bertrand Denux Québec

  2. Du charabia pour bien pensants cette réthorique sur la signature de la vidéo. Voyons donc. Benoit Brière, Michel Rivard, Stéphane Rousseau. Vous ne connaissez pas ? Ça ne vous suffit pas comme signature ?

    Je n’irai pas jusqu’à dire que votre argumentation est malhonnête, mais lorsque vous dites : »si une vidéo véhiculant un message tout à fait contraire à celui des artistes avait circulé de la même façon sur Internet, sans signature, sans générique, auriez-vous été d’accord à ce que les journalistes ne fasse pas les mêmes recherches pour trouver qui est le messager? » vous manquez une belle occasion de comparer des pommes avec des pommes. Vous n’aviez qu’à mettre des noms de personnalités connus dans dans votre hypothèse. Par exemple : Stéphane Gendron, Jean-Claude Turcotte et André Arthur.

    Pensez-vous vraiment, rendu là, que le nom des producteurs aurait eu une si grande importance. Voyons donc !

    De toutes façons, eux auraient certainement été payés pour faire une telle vidéo !

  3. Vous présumez de bien des choses monsieur Demers, et que cela vous plaise ou non, nous ne voyons pas les choses de la même façon. Je n’ai pas à mettre de noms sur une hypothétique vidéo contradictoire pour le moment, car elle n’existe pas. Si jamais une telle vidéo faisait son apparition sur Internet, je referais exactement la même procédure pour savoir qui se cache derrière, bref, QUI me parle. Et c’est ce que pensent plusieurs personnes, principalement des natifs du numérique.

    Oh, ils sont tout à fait d’accord avec le propos de la vidéo, mais ils veulent en savoir plus, et c’est tout à fait normal. Relisons ensemble les commentaires de Sylvain Carle ci-haut (qui n’est pas le seul à penser ainsi): «à l’ère des réseaux sociaux, ne pas signer un vidéo du genre, c’est manquer l’occasion de participer à la conversation.» Il est pourtement fortement en faveur de cette initiative de artistes, mais il veut ensuite continuer la conversation. Mais personne ne répond. Nous ne somme plus à l’ère des mass-médias, l’outil médiatique dans lequel vous avez grandi, où un émetteur parle à plusieurs récepteurs passifs. Nous sommes dans un nouveau monde, l’ère numérique, où les récepteurs sont eux aussi des émetteurs. Je connais plusieurs personnes de ce même milieu qui se posent la même question: qui parle ainsi en mon nom? Je suis d’accord avec le propos, mais je veux malgré tout savoir qui parle pour moi. Mais encore une fois, pas de réponse.

    Cela dit, je conçois à la lecture de votre carnet que vous prenez fortement position en faveur de la culture. Et c’est tout à votre honneur. J’applaudis toute personne qui s’implique activement, qu’il soit de gauche, du centre ou de droite. Mais rappelez-vous que votre position en est une de citoyen. La mienne ne l’est pas. Le citoyen s’est exprimé d’une autre façon.

  4. Dans une conversation, le message est pas mal plus important que le messager. C’est juste dans le marketing que l’auteur « prétendu » (parce que le véritable auteur c’est le concepteur-rédacteur ») a besoin de se faire connaître, car le message n’est qu’un prétexte pour mousser une marque.

    Le vidéo sur les coupures ne vend rien, il exprime. Il ne dit pas votez untel ou untel, il profite des élections pour dénoncer les coupures et la mentalité de censure du PC. Il ne lance pas une conversation, ce sont les conservateurs qui l’ont lancée avec leurs coupures, il ne représente qu’un point de vue dans cette grande conversation.

    L’identité de l’auteur a peu d’importance dans le débat d’idées, il a par contre beaucoup d’importance pour le show. Est-ce que les journalistes devraient s’occuper plus du show que du débat d’idées ?

    Je ne pense pas que les auteurs se cachent par peur de censure, les rumeurs vont bon train et les politiciens savent surement déjà qui « a fait le coup ». Je pense que les auteurs veulent s’assurrer que leur nom et leur célébrité ne se trouvent pas sur le devant de la scène à la place du message. Ce n’est selon moi pas un acte de peur mais un acte d’humilité et d’intégrité.

    N’est-il pas préférable pour la santé intellectuelle et démocratique de la population que la conversation porte sur le fonds plutôt que sur le qui ?

    Si je suis le raisonnement proposé, les journalistes devraient publier systématiquement la liste des consultants qui sont derrière chaque politique de nos gouvernements. Qui a conseillé Harper et Vermer dans l’établissement de leur politique (anti)culturelle. Des noms ! Des noms ! Qu’on s’assure que ces personnes et ces entreprises soient également imputables devant la population des recommandations qui affectent ladite population.

    Que l’on indique le nom de l’agence de comm et des professionnels impliqués dans une conférence de presse couverte par les journalistes…

    Qu’on donne dorénavant le nom du rédacteur de chaque discours de politicien couvert dans un article…

    Comme ça on est certain qu’on ne parlera plus du tout du fond mais juste des agences… A votre avis, qui sera élu le 14 octobre Secor, National ou une agence de l’Ouest ?

    etc.

  5. Malheureusement monsieur Leroux, votre argument commence bien mal. Les auteurs de la vidéo ont retiré le message suivant du site Youtube: «Votez contre Harper et ses coupures dans la culture». Si ce n’est pas un statement politique, je me demande bien ce que c’est. Deuxio: vous dites: «Je ne pense pas que les auteurs se cachent par peur de censure». Malheureusement pour vous, encore une fois, deux sources m’ont confirmé au contraire qu’une des raisons de l’anonymat était justement la possibilité de vendetta, et je cite ici, «plusieurs d’entre nous sommes présentement en examen de demandes de financement à Ottawa et nous ne voulons pas subir de représailles.»

    Cela dit, vous avez raison lorsque vous dites «Je pense que les auteurs veulent s’assurer que leur nom et leur célébrité ne se trouvent pas sur le devant de la scène à la place du message.» Ceci m’a été dit sensiblement dans les mêmes mots. Ouf, vous avez évité les «three strikes, you’re out!» Quand au reste de votre argumentation, oui, il serait bien de savoir qui sont les consultants derrière telle ou telle politique qui nous touche comme citoyen. C’est d’ailleurs en partie pour cela qu’il existe le registre des lobbyistes. Que ce registre soit de la foutaise maintenant, c’est une autre histoire. Cela m’étonne qu’en tant que citoyen concerné, vous ne voulez pas savoir quels sont les groupes d’intérêts qui font pression sur un ministre. Vous me permettrez aussi d’être fort surpris de voir un patron oeuvrant dans le domaine du Web depuis tant d’années ne pas être d’accord avec ce que disent d’autres qui oeuvrent dans le même milieu, à savoir « à l’ère des réseaux sociaux, ne pas signer un vidéo du genre, c’est manquer l’occasion de participer à la conversation.»

     

     

  6. Je constate juste que les noms de ces lobbyistes ne sont jamais dans les articles couvrant une politique, une conférence de presse ou une annonce. Et la il faudrait qu’il y soient absolument tout le temps.

    Pour le premier strike, je réaffirme ce que j’ai dit que ce message est une prise de position mais pas la tentative de vendre quelque chose. Ils disent n’achetez pas Harper mais ne disent pas achetez untel.

    Quand Greenpeace dit de ne pas acheter un produit ou une marque qui est anti-écologique il prennent position mais ne vendent rien. C’est la même chose ici.

    Pour ce qui est de la peur de représailles sur les projets, malheureusement Harper ne surprendrait personne à le faire, il est asssez vil pour ça. Mais je suis certain que les auteurs savaient que même s’ils ne publiaient pas leur nom officiellement, ces noms seraient néanmoins connus à Ottawa, ce n’est donc surement pas leur motivation. Ou alors ils se seraient vraiment arrangés pour que PERSONNE ne le sache, ce qui ne semble pas être le cas…
    :-)

  7. Encore une fois, vous mélangez les choses tel un Jason Pollock ce soir. Ce superbe vidéo (voyez-y ici un commentaire éditorial) n’a rien d’une annonce ou d’une conférence de presse. Il y a message, et même, message politique. Je répète, et permettez-moi ici d’y aller d’un scénario tout à fait hypothétique, si une vidéo contradictoire, anonyme, mettant en vedette des partisans favorables aux coupes dans la culture, se manifestait, j’aimerais beaucoup savoir qui se cache derrière, par exemple, l’Institut économique de Montréal (je répète, c’est une hypothèse),  et si le message tombe sous le coup de la loi électorale. Ça ne vous intéresserait pas de le savoir? Vraiment?

    Or, selon la loi électorale, une dépense électorale est le coût de tout bien ou service utilisé pendant une période électorale pour favoriser ou défavoriser directement ou indirectement l’élection d’un candidat ou celle des candidats d’un parti. Et ici, il y a flou juridique (pour l’artistique, on vous le laisse) à savoir directement ou indirectement. C’est sans doute pour cela, mais c’est une hypothèse que j’assume, que les auteurs de la vidéo des opposants aux coupes dans la culture ont retiré la phrase incriminante. Un juriste pourrait sûrement nous le confirmer.

    Pour ce qui est de la peur des représailles (confirmées je vous le rappelle), je vais vous confier un vieux secret que toute personne en politique connait bien: tu es seul à le savoir, c’est un secret. Vous êtes deux, c’est une rumeur. Plus de deux, c’est déjà du domaine public. Ne négligez donc pas le côté humain des gens qui aiment confier sous le sceau du secret en disant, «je sais quelque chose que toi tu ne sais pas.»

    En passant, vous n’avez pas répondu à mon dernier commentaire (Vous me permettrez aussi d’être fort surpris de voir un patron oeuvrant dans le domaine du Web depuis tant d’années ne pas être d’accord avec ce que disent d’autres qui oeuvrent dans le même milieu, à savoir « à l’ère des réseaux sociaux, ne pas signer un vidéo du genre, c’est manquer l’occasion de participer à la conversation.»), j’aimerais bien vous entendre à ce sujet svp.

  8. On va régler tout de suite en ce qui me concerne avec un commentaire signé de mon nom complet. C’est important, c’est une base citoyenne, c’est ce que je suis, qui prend un droit qu’est celui de s’exprimer, de ne pas se censurer.

    On va ensuite regarder un truc important que tu soulèves, le comportement du journaliste dans ce dossier. Parce que le fond se trouve là dans ce billet. Qu’on veuille que la profession s’intègre à la sphère culturelle, soit. Qu’on en oublie ses responsabilités et sa mission au nom de la sphère à laquelle on appartient, c’est un moyen de pression. C’est comparable au policier qui décide de cesser de distribuer des contraventions, c’est nier une partie de notre fonction pour s’exprimer. C’est le cri du silence. C’est une manipulation qui en vaut une autre, mais qui vaut pas mieux qu’une manipulation. C’est une tactique qui comme toutes les tactiques laisse alors le droit de questionner la valeur, la méthode et l’objectif poursuivi.

    Dans le politique et son exercice, il existe comme tu le dis un registre du lobby, des commissions télévisées où on voit les intervenants présenter leurs points de vue. Une loi de l’accès à l’information (je sais on me parlera de ce qui vient au fédéral mais on y reviendra), et si les journaux ne les citent pas, c’est une information plus facile à trouver que son réveil le matin.

    Ces comédiens ne sont pas dupes. Ils connaissent la presse mieux que beaucoup d’entre-nous. C’était évident qu’en ne signant pas le truc, on allait titiller leur curiosité. Créer le buzz, voulu ou non? Croire que la chasse aux sorcières n’allait jamais démarrer serait d’une candeur à faire peur. On me permettra de présumer sur une stratégie oui, mais aussi sur la crainte de représaille.

    N’oublions pas que déjà à l’heure actuelle, le dge doit être sur le dossier, j’espère au moins que quelques journalistes ont fait le bout d’aller fouiner sur ce qu’il en pense. Il faudra se rappeler que l’exemple donné par le dge était un buzz comparable aux têtes à claques qui viendraient s’immiscer dans la campagne. On verra bien le compteur de cette petite vidéo. Quelque chose me dit que de tous les côtés, on clique joliment, pas pour les mêmes raisons! 100 000 visionnements pourrait convaincre tous les camps…

    Si les dépenses ne sont pas données maintenant, elles seront versées en fonds publics. Parce qu’il y aura plainte, si ce n’est déjà fait. Et le dge fera bien son travail, comme il le fait avec rigueur depuis longtemps. La sympathie populaire voudra alors qu’on prétende que le dge persécute ce groupe de bénévoles ayant tout juste voulu s’exprimer. Nul n’en doute. C’est la facture, c’est la source, c’est tout le reste qui importe… du simple point de vue légal au moment où un dge a eu l’excellente idée d’au moins tenter de comprendre le phénomène web et son impact dans une campagne.

    Minimum UDA, où se situe ce genre de production, c’est toutes ces questions qui seront posées. On ne pourra pas longtemps jouer sous les 500$… En ce moment on dénonce un prétendu blogueur anonyme, sur le blogue bloquiste, et je peux parfaitement comprendre la forme d’indignation. Parce que si c’était vrai, à mon avis bien personnelle, alors les gens seraient en droit de se sentir bernés, utilisés, ils seraient en droit de bien des choses parce que tout le mystère et le voile qui entoure une démarche ouvre la porte à toutes les formes de doutes.

    Jamais mentir aux journalistes, mieux encore, ne jamais piquer inutilement leur curiosité. Avec la population? Jouer les mêmes cartes. Autrement, je vous laisse le soin de tracer la ligne de ce que vous souhaiter éthique ou non, parce qu’on touche au sacré de ce que nous sommes comme nation. Ce genre de comportement, en expression comme en action, est à la source de tout ce qui devient pernicieux ensuite.

    Je termine en rappelant que je ne suis pas à prétendre que ces coupures ne doivent pas faire l’objet de tout l’espace critique que le citoyen désire prendre, je suis sur les rôles et responsabilités que nous avons chacun, même si un gouvernement nous semble abandonner les siennes selon notre point de vue.

    On se nomme, on exprime, on a le même courage que tout ceux qui sont descendus manifester dans la rue, sachant très bien que leur visage pouvait être télévisé, on a le même courage que des blogueurs, des auteurs, des artistes, qui se sont nommés, qui prennent le risque et assume ce qui les fait vibrer.

  9. PLR a dit: « Je pense que les auteurs veulent s’assurer que leur nom et leur célébrité ne se trouvent pas sur le devant de la scène à la place du message. Ce n’est selon moi pas un acte de peur mais un acte d’humilité et d’intégrité. »

    Humilité? Vous croyez sincèrement que c’est la raison première qui motive ce silence? Wow. J’aimerais avoir votre confiance en l’humanité. J’œuvre dans le domaine des arts et des médias, et de l’humilité, je n’en croise pas souvent. De l’intégrité? Oui, davantage. Mais intégrité implique habituellement une signature au bas de l’œuvre.

    Il ne s’agit pas ici d’indiquer le nom d’une agence de communications. Dans une vidéo ou un court-métrage il y a les acteurs, oui. Mais il y a aussi un/une scénariste, un/une réalisateur/trice et un/une producteur/trice. Ces gens-là réclament habituellement haut et fort qu’on leur donne crédit pour leur collaboration à un film. Pourquoi sont-ils soudainement si heureux de s’effacer? Pourquoi les acteurs doivent-ils supporter tout le poids du risque? Et d’où viennent les sous?

    La vidéo dont il est question est hilarante, bien écrite et très bien produite, avec d’excellents moyens techniques. J’ai vraiment rigolé en voyant Michel Rivard se « mettre » (ha ha!) encore davantage dans l’embarras en imitant un phoque avec ses deux mains qui claquent. Tordant!

    Mais après le rire, que reste-t-il? Le message au fond, c’est quoi? Que la culture est menacée parce que les maudits anglos qui gèrent les programmes culturels ne comprennent pas bien le français? Parce qu’ils sont tous prudes et religieux et sautent aux conclusions trop rapidement?

    Notre problème en est-il vraiment un de communication? Les coupures sont causées par la présence de deux solitudes? Vraiment?

    La caricature est lourde et l’angle franco/anglo nous éloigne du vrai problème: celui d’un gouvernement qui croit ne pas avoir à rendre de comptes et s’arrange pour tout faire en douce.

    Je lis plusieurs blogues d’artistes et auteurs canadiens anglais et ils ne sont pas plus contents que bien d’entre nous du gouvernement actuel et de ses méthodes. Si le Québec n’était pas si fermé sur lui-même parfois, il saurait que ses artistes francophones n’ont pas le monopole de la défense du domaine culturel. Des scénaristes canadiens anglais bloguaient sur le sujet bien avant l’annonce des élections et bien avant la fameuse loi C-10 qui a d’ailleurs soulevé l’intérêt des gens d’ici un peu plus tard qu’au Canada anglais.

    Ce sketch hilarant, c’est du matériel amusant digne d’un « Bye Bye ». Mais comme outil de persuasion, ça ne vaut pas grand chose. Lisez simplement les commentaires publiés sur Youtube et sur le blogue de Patrick Lagacé. Les anti-conservateurs applaudissent à tout rompre et les pro-conservateurs trouvent les artistes « chialeux ». Personne n’a bougé d’un iota sur son opinion d’origine. Personne n’a regardé cette vidéo en se disant: « ouin, c’est vrai dans le fond. Maintenant que j’ai vu ça, je ne vais peut-être pas voter pour Harper. » Non. Personne n’a bougé. Nous avons bien rigolé, puis les insultes (séparatistes! fédéralistes! artistes chialeux! fous furieux de droite!) ont repris de plus belle. Josée Verner ne va pas brocher. Monsieur Harper ne s’en trouvera pas dépeigné. Les conservateurs vont pouvoir encore argumenter qu’on simplifie le débat (s’ils se donnent même la peine de commenter). Ceux qui avaient prévu aller à la marche contre les coupures vont toujours y aller. Ceux qui prévoyaient rester chez eux vont y rester. Le débat n’a pas avancé.

    Il nous reste juste une bonne rigolade à l’idée d’entendre le mot « suceux » dans la bouche d’un anglo. J’ai bien ri, comme les autres.

    On me pardonnera tout de même de bouder un peu mon plaisir.

    Les journalistes et chroniqueurs aujourd’hui ont été nombreux à s’empresser de dire à leurs lecteurs/auditeurs d’aller voir ce clip en rigolant et en disant que c’était génial. Leur manque de sens critique m’a découragée de plus belle. On avait l’impression d’une immense connivence: une connivence qui voulait créer un faux effet viral Web autour d’un « lancement » au fond, je m’en doute, très bien orchestré. Certains d’entre eux ont même été jusqu’à dire qu’ils n’avaient pas voulu pousser pour savoir qui était à la base de cette vidéo. Pourquoi? Pour protéger des gens du milieu culturel? Ce n’est pas leur rôle. Mais c’est vrai que c’est un milieu bien, bien petit. Je suis même un peu nerveuse d’écrire tout ceci. Qui sait? Mon opinion si peu populaire aujourd’hui pourrait peut-être m’empêcher d’avoir quelques contrats dans le futur. Je comprends qu’on veuille s’éviter ce genre de problème. Qui a envie de mettre sa carrière en jeu?

    Je suis d’accord avec monsieur Dumais. Si une vidéo pareille avait été produite par le camp adverse et qu’elle n’avait pas été signée par un réalisateur ou un producteur, ceux qui rient aujourd’hui crieraient au scandale. Imaginez si en plus on se moquait des québécois en utilisant des clichés comme les sacres, les Speedos et la poutine! On demanderait des comptes. On insisterait pour avoir des noms.

    J’ai entendu plusieurs fois aujourd’hui l’argument suivant: « Nos adversaires ne se privent pas d’utiliser l’exagération et la caricature, ben nous non plus ». Oh, allez! Un petit effort! Votre mère ne vous a pas appris quand vous étiez petit que la seule façon de vraiment gagner un combat ou une dispute contre des idiots, c’est d’être plus intelligent qu’eux?

    Je comprends qu’on veuille à tout prix se débarrasser du gouvernement Harper. J’en suis encore moi-même à me demander pour qui je dois voter pour leur donner le moins de pouvoir possible. Je vois les résultats des sondages au Québec et je suis dépassée. Arriverons-nous à les remplacer au pouvoir? Je le souhaite. Mais la fin justifie-t-elle pour autant les moyens? Je n’arrive pas à penser comme ça. Je n’arrive pas à accepter de réduire, par de lourds clichés et de l’humour somme toute facile, la qualité d’un discours qui vole déjà assez bas. Non merci.

    Il y a sûrement un meilleur moyen de convaincre les gens de la pertinence des revendications du milieu culturel. Faire rire et être percutant TOUT en faisant passer un message qui n’est pas réducteur n’est pas chose facile, mais je crois que les artistes d’ici sont assez talentueux pour y arriver.

    (Mes excuses à monsieur Dumais d’avoir occupé autant d’espace. Faut croire que le sujet m’a interpelée!)

  10. J’avais déjà répondu à la question dans mon premier post, à savoir « Il ne lance pas une conversation, ce sont les conservateurs qui l’ont lancée avec leurs coupures, il ne représente qu’un point de vue dans cette grande conversation. »

    Ceci dit, je pense que ce message est très explicitement signé. Il est le point de vue des artistes québécois en tab contre les coupures d’Harper, celui de ceux qui étaient à la SAT il y a quelques semaines. C’est clair, ce n’est pas caché, c’est une oeuvre collective qui ne veut pas se réduire aux noms des quelques artisans de sa mise en image.

    Quand la manifestation a eu lieu à la SAT, nous avons vu les visages des participants comme c’est le cas aujourd’hui dans la vidéo. Connait-on les noms de ceux qui ont organisé certaines parties de la manifestations et qui n’étaient peut-être pas présents ?

    Un journaliste a-t’il publié le nom du réalisateur de la pub Anti-Harper lancée aujourd’hui ? Non ce qui importe c’est le commanditaire, soit le PLC.

    Les commanditaires du vidéo sont un collectif informel d’artistes (acteurs, producteurs, etc.) dont certains ont participé à la mise en images du message collectif. Pourquoi connaître absolument les noms de ceux qui ont participé à la production, ils ne sont qu’une partie de cette communauté.

    Allez j’arrête de disgresser sur le sujet, l’impact des coupures, les politiques culturelles des candidats et les retombées du premier véritable viral québécois me semblent 100 fois plus importants :-)

  11. « [...] premier véritable viral québécois me semblent 100 fois plus importants »

    Non seulement on met de côté bon nombre d’entreprises qui ont réalisé un coup parfaitement comparable avec beaucoup moins de portes ouvertes, mais de trouver que l’impact viral est 100 fois plus importants que le reste du débat, c’est pas qu’un peu d’oeillères…

  12. @Martin Comeau

    Je ne connais aucun contenu viral québécois qui ait atteint 122 000 visionnements et une telle notoriété médiatique en 12 heures. Mais je suis prêt à découvrir la perle que j’aurais laissée passer.

    Quand au reste je pense et j’ai dit que les coupures et les politiques culturelles sont ce qu’il est le plus important de débattre.

    Je pense et j’ai écrit par contre que je trouve que le phénomène viral que ce vidéo provoque, phénomène inédit jusqu’ici au Québec, est majeur car il peut changer profondément les prochaines campagnes électorales et l’utilisation du web dans la communication politique et militante.

    La façon dont je classe l’importance des sujets ?

    1) Qu’est ce qui a le plus d’impact sur nos vies et celle de nos enfants ?
    2) Dans dix ans quand on parlera de ce sujet qu’est ce qui paraîtra le plus important de cet événement ?

    Je ne suis pas sur que le nom du producteur ou du réalisateur sortent premiers à aucune de ces 2 questions.

  13. @ PLR: Je nous suggère de comparer les ressources et les contacts impliqués, non se contenter du 100000 et plus de visiteurs, ce qui serait alors perdre de vue un contexte relativement fertile pour ce genre de buzz… Du reste, ce qu’on retiendra dans 10 ans est ce que nous aurons décidé de juger ou non important comme société. Non seulement l’importance de la cause, mais comme l’exprime si bien Martine, sur la façon avec laquelle nous aurons décidé de nous exprimer, en dehors de certains clichés. Sinon, nous faudra retenir qu’humour plus utilisation de clichés plus fossé linguistique plus caricature réductrice = succès… pas pour mes enfants merci! Je passe!

  14. Ping : ni.vu.ni.connu / Bouder son plaisir

  15. @Martin Comeau

    Vous avez raison, il y a déjà eu un viral québécois aussi puissant dans le passé(et même plus je n’en doute pas). Par contre, l’effet viral n’était pas cherché et a même couté cher aux protagonistes. Rappelez-vous, c’était le 3 novembre 2002 :


    :-)

  16. Je suis juste étonné de constater que PLR fasse comme si le long et touffu commentaire de Martine Pagé, qui oeuvre dans le domaine des arts et des médias justement, n’existait pas. Rien, pas un mot, comme si c’était une chiure de mouche enquiquinante qui l’empêche d’avoir raison, alors qu’elle lui répondait directement en tant que créatrice directement concernée par le sujet. M’enfin. C’est vrai qu’ils sont emmerdants ces artistes, qu’on laisse la politique s’occuper d’eux.;-)

  17. >Quand Greenpeace dit de ne pas acheter un produit ou une marque

    *Greenpeace* le message est bien identifié. Si un message me dit n’achetez pas ceci sans savoir l’origine de ce message, je ne le suis pas ou au moins je me pose de très sérieuses questions quant au message. De la même façon que je ne participe pas aux flashmobs.

    La crédibilité d’un message s’accompagne de son contexte. Ce contexte est défini par la date, les émetteurs, les données vérifiables qui entourent ce message, etc. Ne vivant plus au Québec depuis 3 ans, j’ai vu la vidéo. Ma première réaction fût « hmm une vidéo québécoise pour dénoncer les différences de traitement entre les anglos et les québécois face au concours de financement. » Donc le message n’est pas si clair que cela/

  18. En ce qui me concerne l’acharnemnt à vouloir connaître les producteurs de cette vidéo (à Radio-Canada on dit que le texte aurait été composé par François Havard et qu’il y aurait eu une vingtainge de personnes qui auraient participé bénévolement à la réalisation de la vidéo) est tout à fait démesurée et démontre une mièvre naïveté face aux manigances des Conservateurs qui ont justement été accusés par le DGE de ne pas respecter la Loi électorale en finançant une partie de leur dernière campagne électorale, illégalement.

    Hélas, rien de comparable ici, puisque cette vidéo circule sur le Net et non pas à la radio ni à la télé, ni dans les cinémas, ni sur le poteaux.

    En fait la vidéo ne va pas à l’encontre de la philosophie du Web mais tout au contraire fait ressortir la force immense du Web lorsque bien utilisé et l’incapacité des censeurs de la contrer et de la contrôler comme ils le voudraient et comme ils le font si bien pour les médias traditionnels.

    Quant à votre hypothèse, M. Dumais, même si je la juge toujours incomparable par ce qu’elle ne fait aucune référence à des personnalités connues, comme dans le cas réel de la vidéo, eh bien permettez-moi d’affirmer qu’elle n’est possible que dans votre imagination. Dans la mienne elle est invraisemblable car elle implique l’idée que j’eusse trouver drôle et efficace à la fois, une vidéo faite bénévolement par des gens de droite faisant l’apologie des coupures dans le domaine de la culture. Cela je ne peux pas l’imaginer.

  19. @PLR: c’est un peu exagéré de croire que tout ça est l’oeuvre du viral (au sens purement Internet du terme)… Tous les bulletins de nouvelles et les émissions du matin (télévision et radio) l’ont diffusé assez rapidement.

    Je fais l’hypothèse (et on me le confirmera dimanche) que la vidéo est sorti jeudi soir, bien synchronisée avec l’enregistrement de TLMEP.

    À ce titre, isoler le viral au seul média Internet est réducteur de la visibilité médiatique globale qu’à eu la nouvelle dans la journée. Ajoutons à celà une campagne électorale endormante et un contexte médiatique sympathique à la « cause » (avouons-le!) et on obtient l’effet.

    Pour YouTube, j’avoue que c’est un superbe moment québécois (la page Statistics & Data parle beaucoup):

    #1 – Most Discussed (Today) – Canada
    #21 – Most Discussed (Today)
    #1 – Most Viewed (Today) – Canada
    #11 – Most Viewed (Today)

    Remarquez également l’effet Lagacé / Cyberpresse: Top 4 incoming links.

  20. Bon, bon, bon. C’est peut-être pas nécessaire d’en faire toute une histoire, n’empêche, toute personne qui se commet dans l’espace public doit avoir le courage de ses opinions, y compris les artistes… et les réalisateurs et les producteurs.
    Que les concepteurs du message fassent tout un mystère autour de leur identité relève de la lâcheté.

  21. Qui? Pourquoi? Comment? Où? Quand?

    Juste comme ça, en passant, si on connaissait les réponses, est-ce qu’on en parlerait encore?

    PGM

  22. @CFD

    Tu ouvres l’excellent débat sur la définition d’un viral.

    De mon humble point de vue :-) , provoquer l’implication des médias peut faire partie d’une stratégie virale qui consiste à produire un contenu dont la seule valeur intrinsèque assure son visionnement par le plus grand monde.

    Dans le cas présent, c’est le contenu (lesujet, le traitement, le scénario, la réalisation, le choix des acteurs, l’absence de signature officielle, etc.) qui provoque l’engouement des journalistes pas des relations de presse de sollicitation de journalistes. Cela fait partie selon moi du phénomène viral.

    Pour ma part, ce que je note c’est que c’est la première, en dehors du pauvre Star Wars Kid, qu’un contenu québécois déposé sur Internet atteint aussi rapidement un tel rayonnement sur le web et en dehors. 151 000 visionnements en 24 heures, c’est plus de visibilité que le Front Page du Devoir en semaine !

    @Michel
    Lorsque j’ai commencé mon post publié à 1:08, celui de Martine n’était pas publié, je ne l’ai donc pas vu avant de décrocher du débat sur l’importance de connaître tous les noms. Je suis content qu’une artiste donne son point de vue même si je ne le partage pas.

  23. @Philippe Je me dois sincèrement d’aller au plus simple et de définir pour la bonne compréhension de tous, la notion de «QUI». Qui ne veut pas nécessairement dire des noms. QUI veut ici surtout dire, qui représentez-vous. Des comédiens. Des cinéastes? Des musiciens? TOUS? Car il semble à lire les propos de Martine et d’autres créateurs que ce ne sont pas tout les artistes qui se reconnaissent dans ce vidéo. Mais pour savoir le QUI, le groupe, il faut en premier parler avec des individus. Alors bondance, cessez de vouloir croire que je vise à tout prix des personnes. QUI représentez-vous? Zatizze ze questionne.

    Par exemple, aux USA, que vous aimiez ou non ce pays, toute publicité ou message X doit être signé. On peut ensuite savoir quels sont les groupes d’intérêts derrière la publicité payée par «les citoyens concernés par le réchauffement de la banquise» (exemple hypothétique).

    Et continuons. Maintenant que tu as vu les commentaires de Martine (ouf, je suis rassuré par ta réponse) , j’imagine que tu as plus à dire qu’un simple «Je suis content qu’une artiste donne son point de vue même si je ne le partage pas.» De même, je me permet de relancer monsieur Demers qui n’a pas cette excuse de ne pas avoir lu le commentaire d’une créatrice. J’apprécierais énormément avoir votre point de vue.

    Je me permet d’ailleurs, à ce moment-ci, de remercier tout et chacun de la très grande civilité et surtout, de l’intelligence dont vous faites preuve dans cette conversation, même si nous ne sommes pas tous d’accord. J’en suis ravi (comme le Bison).

  24. @PGM
    Je crois qu’on continuerait à en parler autant. Mais ceci est une opinion toute personnelle.
    @Odette
    Attention avec les mots durs, lâcheté en est un. Relisez bien: «plusieurs d’entre nous sommes présentement en examen de demandes de financement à Ottawa et nous ne voulons pas subir de représailles.» Dans un monde idéal, il ne devrait y avoir de corrélation entre prise de position dans la sphère publique et interaction avec l’appareil étatique. Malheureusement, il en est tout autrement.

  25. Histoire d’apporter un peu d’eau au moulin, cette lettre ouverte de Michel Frenette parue dans le Devoir d’aujourd’hui:

    Leur cause est juste, l’enjeu est réel. Pourtant, l’industrie culturelle perd la bataille de l’opinion publique dans sa lutte pour empêcher le gouvernement fédéral de sabrer dans certains programmes d’aide dédiés à la culture et à ses artisans. Il n’a jamais été simple de faire passer la culture dans le top cinq des priorités de la population, et le chemin pour y parvenir prendra plus de temps que la durée d’une campagne électorale.

    Bons communicateurs — aucun doute là-dessus –, les artistes se révèlent de mauvais stratèges dans leur démarche de sensibilisation et de mobilisation, comme le démontre la réaction du public face aux envolées émotives souvent excessives de ceux et celles qui volent au secours de la culture.

    http://www.ledevoir.com/2008/09/20/206500.html

  26. @Michel Dumais
    Il semble que Paul Cauchon du Devoir a toutes les réponses à tes questions dans ton titre.

    @tous rf: « l’aspect viral »
    Retenons un chose: un viral marche toujours bien quand le terreau est fertile… il se transmet toujours bien quand qu’il semble « aller de soi ». Il ne faut donc pas s’étonner que les médias ont _immédiatement_ repris la nouvelle, les médias étant congénitalement pro-culture en général (mais pas tous). C’est parce que ça vient confirmer notre vision (simplifiée) des évènements que le message (simplifié) a pu se frayer un message aussi rapidement.

    @tous rf: »message réducteur »
    Tout peut être nuancé à l’infini. Il y a toujours meilleur moyen de convaincre et de persuader autrement que par un court-métrage de 3 minutes (qui sera toujours « réducteur » par définition). Mais il y aura toujours une question de manque de temps et d’intérêt pour limiter la transmission de message plus « riche »

    On ne peut rendre responsable ce court-métrage du manque de contenu ailleurs sur la place publique.

    @tous rf: »financer la culture »
    Le « peuple » que l’on dit « contre les artisses qui vivent au crochet de la société » n’ont pas acquis cette image tout seul. Nourris par des messages tout aussi réducteurs par des relais populistes et politiques ils leurs est difficile de croire que les géants automobiles et aéronautiques vivent tout autant au crochet des subventions gouvernentales. Et ces bénéficiaires ne crèchent pas sur le Plateau mais à Westmount ou sur le bord de Memphremagog

  27. @Martin Merci pour ce fabuleux résumé qui remet les choses en perspectives.

    @Michel Welcome dans la nouvelle société, la société adhocratique. Le qui dans le cas présent est "un ensemble d’artistes en désaccord avec les coupures". Ils ne sont pas incorporés, ils n’ont pas de porte parole ou de représentant officiel. Ils ne représentent pas tous les artistes non plus et ne le prétendent pas. L’article du Devoir semble très clair, c’est une oeuvre collective. Ce n’est pas une pub, pas une opération de PR, pas une campagne de marketing mais une intervention artistique dans un débat sur la culture.

    @Tous Merveilleuse chronique de Lagacée http://tinyurl.com/waking-up
    (note de Michel Dumais: voici le bon URL pointant vers l’article de Patrick Lagacé)

    Cela confirme ce que je pense depuis le début, le vidéo n’est pas une pub, c’est un point de vue exprimé dans un débat d’idées. Le débat ici et ailleurs, les réactions aux vidéos montrent que nous sommes tellement englués dans la pub et la communication organisée que lorsqu’une opinion est émise, nous sommes un peu désemparés car elle sort des mécanismes et petites boîtes dans lesquelles notre pensée s’enferme subtilement à coût de campagnes marketing et de stratégies de PR.

  28. @PLR
    Tu me permettras de corriger ton URL. Je l’ai donc rajouté sous ton commentaire @ tous sans toucher à tes propos.

    Cela dit, si tout est merveilleux que cela chez Patrick Lagacé, vous êtes donc d’accord avec ce commentaire sur son blogue?

    Des points de vue intéressants, par ailleurs, de gens que je sais être opposés à ces coupures, mais qui n’aiment pas certains aspects de la fameuse vidéo de Messieurs Rivard, Brière et Rousseau. Michel Dumais se demande par exemple qui a financé, produit et réalisé l’oeuvre. Et c’est une question légitime. Message à ces anonymes : un débat public, on y participe à visière levée. Je ne sais pas ce qui vous garde de vous révéler, mais ça souille un peu cette belle réponse. Martine Pagé, elle, y voit une attaque mal placée contre les Anglos. ;-) )

    Parlant de Martine, je vais encore une fois refaire une montée de lait sur le sujet, mais je ne comprend pas, et j’aimerais bien que quelqu’un m’explique, pourquoi personne encore, exception faite de Martin Lessard (merci mille fois) et Karl Dubost, ne prend la peine de lui répondre. Elle ne fait pas partie du «old boys club»? Sommes-nous vraiment en 2008? Et on s’étonne ensuite de voir les filles se regrouper dans des événements de type Creacamp. Fin de la montée de lait.

    Dans tout ce débat, et pour répondre moi-même à cette question légitime que je pose souvent lorsque je lis un billet, un texte, un commentaire, «Who the fuck are? Qui me parle?» (et ainsi indiquer au lecteur qui leur parle), je réfléchis (à voix haute) à la possibilité de créer de nouvelles catégories, du type le journaliste vous parle, ou le citoyen Dumais s’exprime. À moins que chaque billet soit accompagné d’un «boiler plate».

  29. Bon, concernant les propos de Martine.

    En premier lieu je dois souligner mon accord avec Martine sur une question bien précise. Je n’aime pas le nationalisme étroit et j’ai toujours trouvé qu’une des grandes faiblesses du mouvement national au Québec résidait dans son ignorance des forces démocratiques au Canada anglais. Une ignorance pas toujours innocente. Mais sachons faire la part des choses. Le chauvinisme anglophone est aussi une réalité historique avec des conséquences bien plus grandes. À mon avis, la vidéo a mis le doigt sur le bobo, en illustrant avec un sens aigu de la caricature, comment pouvait se traduire en bout de ligne, pour le Québec,la conjugaison des coupures et de la censure dans le domaine de la culture, en priorisant la promotion des valeurs canadiennes.

    Par conséquent, je ne suis plus d’accord avec Martine lorsqu’elle réduit l’impact de cette vidéo à un Bye Bye. La vidéo n’est pas un discours (politique). Ceux-là sont venus en partie de la soirée des Gémeaux. Mais son message n’en est pas moins profond et mobilisateur. Il met en relief au moins deux questions importantes à mon avis.

    1- Les artistes et le mouvement culturel ont un rôle à jouer dans la politique nationale du Québec et ils sont toujours capable de le faire aujourd’hui comme ils l’ont fait si brillament par le passé.

    2- Le réveil et la prise de conscience contre la machine Harper, présentée depuis le début de la campagne électorale comme un char d’assaut invincible, est toujours possible. Il s’agit de se ressaisir et d’agir en conséquence. Et cela ne concerne pas seulement le monde de la culture. Les organisations populaires, le mouvement syndical, le mouvement écologique, etc. en somme toutes les forces démocratiques devraient hausser le ton et suivre l’exemple des Rivard, Rousseau et Brière.

    Cela dit, si ce n’est pas par humilité à proprement parler que les auteurs de cette production vidéo ne l’ont pas signé, c’est sans doute par conscience que l’enjeu ici, en somme la cause que les artistes venaient défendre, était beaucoup plus grande que celle d’une entreprise ou d’un petit groupe de personnes. La vidéo exprime l’opinion d’un large courant de pensée et quant à moi c’est très bien de ne pas l’avoir enfermé à l’intérieur d’une boite de production.

    Moi je dis encore bravo tant pour le contenu que pour la forme.

  30. Contrairement à Martine Pagé et M. Dumais, je ne pense pas qu’on rit des anglos dans ce sketch, mais bien des institutions… Quand on voit le sort réservé au français dans certaines de nos institutions soit disant bilingues, on peut facilement se permettre ce genre caricature… On a qu’à penser à l’armée canadienne, Air Canada, des galas qui récompensent des artistes du Canada mais qui coupent la portion francophone lors de la diffusion, CBC qui possède les droits de diffusion du hockey dans le R.O.C alors qu’on doit ici être abonné au câble pour profiter de « notre sport national »… et j’en passe…
    Il y a bien 2 solitudes et le rapport de force n’est pas le même… C’est normal que la plus puissante oublie parfois la plus faible, mais c’est aussi normal que la plus faible revendique des droits que la plus puissante se vente lui avoir accordé de manière constitutionnelle. Il y a 2 langues officielles ou il n’y en a pas.
    Le côté inquisitoire de cette commission est tout aussi caricaturale, mais n’oublions pas que le gouvernement canadien actuel révise les programmes artistiques de différents événements (dont ceux des Olympiques de Vancouver) pour qu’ils soient en accords avec les valeurs canadiennes. On peut se demander quelles sont ces valeurs canadiennes; celles de la population en générale? Celles du gouvernement qui représente l’ensemble des canadiens? Ou celles du gouvernement en place? Je comprend que sans définition, certaines personnes dont les artistes puissent craindre une certaine censure.
    Si les « anglos » avaient fait un sketch se moquant des institutions québécoises ou francophones qui ne les respectent pas, je pense qu’on ne réagirait pas de la même façon que si ils proposaient un sketch se moquant des québécois et de leurs « travers » comme le souligne Mme Pagé… Comparons des pommes avec des pommes.
    Ce sketch reflète bien, à mon avis, la crainte que peuvent avoir les artistes d’une minorité linguistique face aux institutions généralement présidées par des représentants de la majorité linguistique. Surtout quand un gouvernement « minoritaire » révise les programmes artistiques sans consultation, d’un point de vue uniquement pécuniaire et en se proclamant être autorité en la matière du bon et du mauvais goût.

  31. Merci de vos commentaires LeCoach, mais juste une précision: Lorsque vous dite «Contrairement à Martine Pagé et M. Dumais, je ne pense pas qu’on rit des anglos dans ce sketch, mais bien des institutions… » cette position (anglos vs francos) est celle de Martine et non pas la mienne.
    Cordialement

    Michel

  32. Sir Dumais dit:
    > Pourtant, en tant que citoyen, j’aime bien savoir qui me parle.

    >Le problème, c’est que nous sommes journalistes, et que notre rôle est de trouver qui est le messager.

    Interessting ! My journal fétish, Ze Gazette, peut diffuser son propagande dans des éditorials non signés, sans jamais que les francos cherchent à connaitre ses auteurs. But ils vont se déchirer sur la place publique afin qu’on sache toujours quel séparatiss à dit quoi, où, comment et dans quel position !

    Vive le double standard du Quebecistan !

  33. J’aimerais aussi ajouter que je me considère comme nouvelle membre du club des mal cités! ;-) Et je l’ai dit directement à Patrick Lagacé.

    Contrairement à ce que Patrick a écrit (bon, il a écrit ça vite, en fin de billet), je ne vois pas en cette vidéo “une attaque mal placée contre les Anglos.” Je ne crois pas que le but des créateurs de cette vidéo était d’attaquer les anglophones, non. Je suis consciente que pour les auteurs de la vidéo, les personnages du jury représentent des archétypes de la droite conservatrice. Je dis simplement qu’en insistant sur la différence linguistique, on met le focus sur le mauvais élément et ce, d’un point de vue stratégique.

    Comme le dit Jean-Paul Lafrance, politologue à l’UQAM, dans La Presse d’aujourd’hui: «Anonyme ou pas, le clip sème la confusion. Le message est ambigu. Ça joue sur la fibre nationaliste et, en même temps, ça dénonce les coupes du fédéral. Pourtant, les coupes du fédéral sont aussi vraies pour les francophones que pour les anglophones.»
    http://www.cyberpresse.ca/article/20080921/CPELECFED01/80920133/7068/CPELECFED

    Dans le même article de La Presse d’aujourd’hui, on cite Denis Coderre, critique libéral en matière de culture, qui a dit: «Ce que la vidéo envoie comme message, c’est que la culture est une industrie. Ce n’est pas une dépense, c’est un investissement. Pour chaque dollar qui est investi en culture, il y a un retour de 11 $.»

    Ah, c’est ça donc, le message de la vidéo? Ce serait un excellent message… Si seulement c’était là-dessus qu’on avait centré la petite fiction au lieu de planter ce message à la fin, sans aucun lien avec ce qu’on venait de voir! Pourquoi ne pas faire une série de clips qui tentent d’expliquer aux gens que la culture rapporte des sous, avec des exemples concrets d’oeuvres artistiques qui touchent la population?

    Quand les scénaristes américains ont fait la grève l’an dernier, ils ont eu au départ le même problème: la population les voyait comme des riches qui se plaignaient le ventre plein. Parce que Hollywood, c’est glamour. Ils ont lentement regagné des points dans l’opinion du public en insistant dans leurs communications sur le fait qu’une grande majorité de leurs membres vivait très modestement et devait cumuler de multiples emplois. Puis ils ont contrasté ça avec les revenus des studios. Moins efficace qu’une vidéo comique qui bat des records sur YouTube, mais peut-être un meilleur impact à long terme.

    Les artistes perdent actuellement la bataille de l’opinion publique. C’est très évident sur tous les forums. Il faut être meilleur stratège. C’est important. C’est pour ça que je suis si exigeante envers cette vidéo qui en temps normal, m’aurait tout simplement amusée.

  34. « Anonyme ou pas… » enfin, on commence à mettre davantage l’accent sur le contenu que sur la forme.

    Nonobstant le fait que d’autres vidéos ou d’autres discours puissent véhiculer éventuellement des messages pour enrichir la contestation d’une politique conservatrice dangereuse, je ne crois pas que de jouer en partie sur la fibre nationaliste des Québécois soit vraiment une mauvaise chose.

    Premièrement, c’est de culture qu’il s’agit. Et la culture québécoise aura toujours un caractère nationale et s’exprimera toujours différemment qu’au Canada anglais. Et s’il est vrai que la culture a aussi son industrie, ce serait une grave erreur de la restreindre à cet élément. Une erreur que justement, les auteurs de la vidéo n’ont pas faite. Mais un biais que je peu très bien comprendre de la part de Denis Coderre et du Parti libéral.

    Connaissez-vous l’expression : ‘se faire prendre pour des caves’ ? Voilà comment nous traite le gouvernement conservateur après avoir prétendument reconnu le Québec comme une nation. D’abord il coupe les suvbentions aux poursuites judiciaires sur la question de la langue dans l’Ouest canadien et ensuite il coupe dans le champ de la culture. Peut-on vraiment à la fois soutenir une nation et ne pas soutenir sa culture ?

    Non seulement choquant, mais arrogant à souhait, Harper vient nous dire, que c’est normal pour une nation d’être nationaliste!

    Mon père, qui était boucher de son métier et qui avait mis sur pied le syndicat de l’alimentation à la fin des années ’60 avait l’habitude de dire, quand il rencontrait un travailleur anti-syndical : « torrieux, ça fait 20 ans qui mangent d’la marde cé gars-là et après 20 ans, y’a trouvent encore bonne »!

    Il n’était pas toujours très subtil mon père, mais des fois j’ai envie de dire : « maudit qu’y avait raison ! »

  35. @John Doe
    Et croyez bien que je déplore cette tradition. Par exemple, que l’on aime ou pas André Pratte de la Presse ou à l’inverse, Michel David au Devoir, au moins, je sais qui me parle ainsi que les positions du Journal. Pour le reste, nice troll. ;-)

  36. À mon tour d’ajouter un petit grain de sel dans cette discussion déjà bien amorcée.

    Comme toi Michel, je trouve malheureux qu’on n’en sache peu sur qui est derrière la vidéo Culture en péril. Bien qu’en fait les noms des artisans m’importent peu. Que le réalisateur soit tel ou tel autre, ou que le producteur soit l’une ou l’autre, m’importe ma foi que peu. Il s’agit d’un Collectif, et on n’a pas à connaître tous les noms de chacun. J’achète en partie l’argument selon lequel nommer les artisans pourraient détourner une prise de parole collective, pour la réduire à une prise de position personnelle.

    Mais, et c’est là que je te rejoins sans doute, en n’étant pas revendiqué par aucun porteur de ballon, le message que cherche à véhiculer ce clip ne prendra jamais la place dans la discussion politique que ses promoteur pourtant réclament. La discussion est déroutée en entier sur le clip; le clip fait l’événement plus que le propos qu’il devait présenter. Un véhicule sans conducteur.

    Ce document est un succès viral et médiatique indéniable (du moins pour l’instant, on verra la suite). Le Collectif qui a pensé, réalisé et produit ce document veut alimenter un débat d’idées. Il a pris voix et geste pour attirer l’attention…. et là ne fait rien avec l’attention suscitée. Une place laissée vacante qu’il lui est impératif d’occuper, et vite. Pourquoi ?

    Un clip de trois minutes sur un sujet politique complexe est obligatoirement une ellipse, une caricature, un comprimé de réalité. Même si cette vidéo est bien réussie et percutante (suffisamment du moins pour tout le monde en parle dès sa sortie), cela n’en fait pas un document très bavard. Il ne peut être qu’imparfait dans son message, qu’une représentation impressionniste d’un message plus complexe.

    Pour atteindre son but, il est maintenant temps que quelqu’un poursuive le travail amorcé, et aille plus loin, en donnant un sens au geste.

    C’est ici aussi que je donne raison à Martine Pagé lorsqu’elle croît que cette opération peut leur coûter l’opinion publique. Ce silence, ce refus de s’avancer sur la place publique, le fait qu’aucun porte-parole n’explique et ne défende la produit laisse la totalité de l’espace aux autres…. ceux qui leur sont opposés ou ceux qui n’en retiennent que la caricature.

    Il me semble portant que l’enjeu mérite mieux. Et je ne crois pas que la future version de 9 minutes y changera quelque chose.

  37. Merci à tous de vos commentaires, sans exception. Je vous invite à faire un tour du côté de Martine Pagé où la discussion se contenue ainsi que sur YouTube: plus de 1400 commentaires accompagnent la vidéo de Culture en Péril.

    Prochains vidéos à commenter, ceux de la petite équipe d’Anaïs Barbeau-Lavalette réunie autour du projet «30 secondes contre Harper», des jeunes qui osent s’affirmer et qui, bien que sympathique au message propagé par la vidéo des Rovard et cie, n’ont pas participé à son élaboration (dixit une des participantes).

     

     

  38. Permettez-moi de reproduire le commentaire de Chantal Hébert ce matin:

    “A case in point is Quebec, where a collection of well-known artists have put together a satirical video clip against the Conservative agenda. Since Culture en péril was posted on the Internet late last week, it has registered more than 200,000 hits. But as entertaining as many have found it, it completely misses the mark.

    The clip depicts a francophone artist at the hands of a presumably Conservative and certainly censorious anglophone arts-funding panel. But if anything is not at play in this campaign, it is a French/English divide. The clip is besides the point; it is also potentially divisive.

    If the Oct. 14 vote was a referendum on sovereignty, it might have some impact. But even then, its message would probably be too simplistic – for lack of a better word – to hit home with anyone but the converted.

    In the current context, it only adds to the opposition confusion that has emerged as a top Conservative asset in this campaign. As such, it is yet another symptom of progressive disarray rather than the beginning of a cure.”

    http://www.thestar.com/comment/columnists/article/503466

    Désolé. Je n’ai pas pu m’empêcher. ;-)

  39. Outre la crainte d’une possible vendetta pour justifier leur anonymat par les auteurs de ce clip, une autre raison pourrait être d’avoir voulu amplifier le « buzz » autour de celui-ci. En gardant le mystère sur leurs identités, ils ajoutent un second niveau de controverse entourant ce clip. Si tel était leur but, c’est réussi!

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