J’ai voulu que sa dernière heure à la maison se déroule paisiblement. Je l’ai pris une dernière fois dans mes bras, vieille chienne lourde à la respiration sifflante, je l’ai installé dans le lit où elle est maintes fois venue se coucher, et tous les deux seuls, je lui ai rappelé comment elle avait été importante dans nos vies. Elle, épuisée par ses souffrances, se contentait de bouger faiblement sa queue, heureuse de pouvoir compter sur des caresses qui lui manquaient depuis que ses hanches l’empêchaient de grimper dans le lit.
On ne se rend pas compte l’importance qu’un simple gros toutou peut prendre dans nos vies. À quel point son arrivée avait contribué à changer la perception des enfants face aux animaux. C’était Wiki, notre gros toutou à nous. Une chienne mature qui nous était tombé dans l’oeil après une dizaine de visites à la SPCA.
Avant de quitter pour le vétérinaire, je l’ai fait sortir une dernière fois dehors, dans la neige où elle aimait tant jouer.
Elle est partie paisiblement, avec moult caresses et un immense merci. Merci d’avoir contribué à avoir fait de nous de meilleurs humains.
Ne reste que le vide, ses traces de pas dans la neige, son tapis à côté de mon bureau où elle aimait passer ses journées tout en venant me rappeler avec le bout de son museau de prendre une pause, son coussin au pied de mon lit.
J’ai maintes fois accompagné des humains dans la mort. Avec toujours cette immense peine, mais aussi ce soulagement de les savoir enfin en paix. Aujourd’hui, ce fut le tour de mon gros toutou. Et toujours cette sensation que j’avais profondément enfouie au fond de moi-même. Mais de la savoir en paix…
Les enfants, votre chien est parti sereinement, papa vous le jure. Merci Yves d’avoir été là.