Mon héros, le premier

Ce 20 janvier 2009, Barack Obama sera le premier noir américain à prêter serment à titre de président des États-Unis d’Amérique. Ça, c’est l’Histoire. Pour le reste, nous verrons au cours des années qui viennent si ce nouveau président mérite qu’on lui accorde une place importante dans le grand livre de l’Histoire ou simplement quelques lignes dans les manuels d’histoire.

Et pourtant, saviez-vous que cette longue marche vers la présidence a débuté ici, à Montréal, en 1946? Et qu’un homme en partie oublié a le premier, contribué à ouvrir les portes de la Maison Blanche pour Obama. Mon héros. Le premier.

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Ils seront nombreux ce 20 janvier 2009 à verser des larmes, en souvenir de ceux qui ont tracé le chemin menant à la Maison Blanche. On se souviendra évidemment du Pasteur Martin Luther King, assassiné à Memphis en 1968, et de son célèbre discours «I have a dream» prononcé sur les marches du Lincoln Memorial pendant la Marche vers Washington pour le travail et la liberté.


I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: "We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal."
I have a dream that one day on the red hills of Georgia, the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at the table of brotherhood.
I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice, sweltering with the heat of oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.
I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.
I have a dream today!
I have a dream that one day, down in Alabama, with its vicious racists, with its governor having his lips dripping with the words of "interposition" and "nullification" — one day right there in Alabama little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers.
I have a dream today!
I have a dream that one day every valley shall be exalted, and every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain, and the crooked places will be made straight; "and the glory of the Lord shall be revealed and all flesh shall see it together."
I have a dream


Oui, on se rappellera demain Martin Luther King… mais il n’était pas le premier.

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On se souviendra probablement aussi de Rosa Parks, cette couturière qui, le 1er décembre 1955 à Montgomery en Alabama, refusa de céder sa place à un homme blanc dans un autobus. Cette militante des droits civiques américains dût par la suite quitter le sud des Etats-Unis par crainte de représailles. Après plusieurs années à travailler comme couturière, elle finit par se joindre à l’équipe du représentant démocrate afro-américain John Conyers. Son geste d’éclat eut comme répercussion l’adoption de deux lois importantes, le Civil Rights Act qui interdit toute forme de discrimination dans les lieux publics et en 1965 et le Voting Rights Act qui supprima les tests et autres taxes pour devenir électeur aux États-Unis.

Oui, on se rappellera ce 20 janvier 2009 de Rosa Parks lorsque Barack Obama prêtera serment… mais elle n’était pas la première.

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En ce 20 janvier 2009, ils seront nombreux ceux qui auraient voulu être à Washington célébrer l’assermentation du premier président noir de l’histoire des États-Unis d’Amérique. Ils seront nombreux ceux qui se souviendront de Martin Luther King et de Rosa Parks. J’espère juste qu’on se souviendra aussi de mon héros personnel, le joueur de baseball Jackie Robinson. Le premier.

Car avant Rosa Parks, avant Martin Luther King, il y eu Jackie Robinson, un homme fier de sa race (Race Man).

Un athlète complet, qui excella autant au football américain qu’au basketball et en athlétisme, Jackie Robinson décida finalement de devenir joueur de baseball dans la Negro League après sa carrière militaire.

Tout comme Rosa Parks, Jackie Robinson fut lui aussi arrêté et traduit en cours martiale pour avoir refusé de s’asseoir en arrière d’un autobus dans les places réservés aux «nègres». Acquitté par le tribunal, Robinson se joint aux Monarch de Kansas City de la Negro League en 1945 où rapidement, il contribua à changer la mentalité des joueurs de l’équipe… et surtout, celle des blancs.


À l’occasion d’un déplacement avec les Monarchs, il demanda à aller aux toilettes dans une station service. Le pompiste refusa, car les toilettes étaient réservées aux blancs… Jackie Robinson fit alors stopper la livraison en cours de carburant pour l’autocar de son équipe… et le pompiste céda. Par la suite, lors de chaque halte de son équipe dans des stations services pour faire le plein de carburant, tous les joueurs des Monarchs demandaient à aller aux toilettes indiquant qu’en cas de refus, leur autocar ne ferait pas le plein dans cette station.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jackie_Robinson



Nous sommes en 1945. La seconde guerre mondiale vient de se terminer. Et le baseball, passe-temps national des américains, est toujours réservé aux seuls joueurs blancs. Le commissaire du temps, le juge Kenesaw Mountain Landis et les 16 propriétaires des équipes des ligues américaine et nationale de baseball ont toujours respecté le «gentlemen agreement» en vigueur depuis des lunes, à savoir qu’ils ne permettraient à aucun noir d’intégrer les deux ligues professionnelles.

Mais en 1945, Kenesaw Mountain Landis meurt et est remplacé par un jovialiste sénateur, Happy Chandler. Un homme, Branch Rickey, alors président des Dodgers de Brooklyn, décide de passer outre la vieille entente qui liait les propriétaires et demande alors à Happy Chandler s’il accorderait la permission à un homme noir d’intégrer le baseball professionnel. La réponse de Chandler est sans équivoque :


"I’ve already done a lot of thinking about this whole racial situation in our country. As a member of the Senate Military Affairs Committee, I got to know a lot about our casualties during the war. Plenty of Negro boys were willing to go out and fight and die for this country. Is it right when they came back to tell them they can’t play the national pastime? You know, Branch, I’m going to have to meet my Maker some day. And if He asks me why I didn’t let this boy play, and I say it’s because he’s black, that might not be a satisfactory answer.
If the Lord made some people black, and some white, and some red or yellow, he must have had a pretty good reason. It isn’t my job to decide which colors can play big league baseball. It is my job to see that the game is fairly played and that everybody has an equal chance. I think if I do that, I can face my Maker with a clear conscience."
http://en.wikipedia.org/wiki/Happy_Chandler



Branch Rickey lance alors ses éclaireurs à la recherche du candidat idéal, le premier noir à intégrer le baseball professionnel. Rapidement, Robinson s’impose comme le seul et unique candidat de Rickey. Il n’était pas le meilleur joueur de la Negro League, mais le seul qui pourrait respecter les conditions uniques du président des Dodgers.

Car Branch Rickey, un homme de principe, savait à quoi serait exposé le premier noir à intégrer le baseball professionnel : insultes, menaces, violence. Lors de leur première rencontre, Monsieur Rickey, un homme qui ne jurait jamais, bombarda Robinson des insultes les plus racistes et le plus dégradantes qui soient. Un simple aperçu à ce que Jackie Robinson allait entendre lorsqu’il pénètrerait dans un stade de baseball.

Bref, Branch Rickey fit promettre à Jackie Robinson que durant ses trois premières saisons dans le baseball professionnel, il ne pourrait répliquer à aucune insulte, aucune violence, aucune menace. Selon Rickey, c’est en respectant cette condition, et uniquement celle-ci, qu’un jour, les noirs pourraient intégrer les rangs du baseball professionnel et prouver qu’ils avaient eu aussi leur place sur un terrain de balle. La conjointe de Jackie Robinson, Rachel, était elle aussi soumise aux mêmes conditions de son mari.

Et le 15 avril 1947, Jackie Robinson fut le premier noir au XXème siècle à participer à un match de baseball professionnel. Mais à quel prix…

Les trois premières années de Robinson dans le baseball professionnel furent un véritable cauchemar pour cet homme au tempérament bouillant. Trois années à subir les quolibets et les menaces des spectateurs. Trois années à endurer sans pouvoir répliquer les insultes et les coups vicieux des joueurs blancs des autres clubs.

Devant l’impossibilité de dire quoi que ce soit, Robinson répliqua de la seule manière possible : en s’imposant comme le meilleur joueur des deux ligues, le plus excitant à regarder jouer. C’est ainsi qu’il sut insuffler à ses coéquipiers, certains réfractaires à sa venue, une attitude de gagnant.


I’m not concerned with your liking or disliking me … all I ask is that you respect me as a human being."
Jackie Robinson.



En 1956, prématurément usé par les coups et les insultes qu’il eut à subir tout au long de sa carrière, Robinson prit sa retraite du baseball professionnel. Avec la satisfaction d’avoir été le premier, mais non pas le dernier joueur noir à avoir intégré le baseball majeur. Le 24 octobre 1972, un Jackie Robinson presque aveugle du fait du diabète dont il était atteint, s’éteint. Il était âgé de seulement 53 ans.

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On peut se demander pourquoi faire d’un joueur de baseball son héros personnel. Après tout, il eut été plus facile de choisir un Einstein, un Dali, un Leonardo da Vinci plutôt qu’un joueur de baseball.

On ne s’en rend pas compte aujourd’hui, mais en 1947, être noir aux Etats-Unis n’avait rien de glorieux. Les inégalités et le racisme régnaient en roi. Malgré l’abolition de l’esclavage, les loi Jim Crow restreignaient la plupart des droits accordés aux anciens esclaves après la guerre de Sécession. Les plus importantes introduisaient la ségrégation dans les écoles et dans la plupart des équipements publics, y compris les trains et les bus.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_Jim_Crow

En 1945, seul un homme fier de sa race, un homme comme Jackie Robinson, pouvait commencer à abattre le mur des inégalités raciales. Et c’est ce qu’il fit tout au long de sa vie, incitant les noirs à se prendre en mains. Quitte à subir les attaques racistes des blancs au nom de sa race. Et c’est ce qui l’a probablement tué. Plus que le diabète dont il était atteint.

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Jackie3Et Montréal dans tout cela?

C’est ici, en avril 1946, dans un stade de baseball aujourd’hui disparu, le stade de Lorimier, que Jackie Robinson fut le premier joueur de baseball noir à intégrer une équipe de ligue mineure, les Royaux de Montréal, le principal club école des Dodgers. Apprenant sa venue à Montréal, le gérant de l’équipe, Clay Hopper, un homme né dans l’état du Mississippi, et les joueurs de Royaux, menacèrent de boycotter les matches de l’équipe, si Robinson se joignait à l’équipe.

Heureusement, les menaces n’eurent aucune prise sur Branch Rickey. Et le 18 avril 1946, Jackie Robinson posa les pieds sur le terrain du stade de baseball de Jersey City. Et bien qu’il fût hué lors de ses premiers matchs au parc de Lorimier, les fans des Royaux de Montréal adoptèrent rapidement Robinson. Et lors du dernier match de la saison 1946, jour où les Royaux remportèrent la Petite série mondiale grâce au jeu de Jackie Robinson, un journaliste écrivit que ce fut le seul jour de l’histoire où un Noir dut s’échapper d’une foule en délire qui voulait le féliciter, et non le lyncher.

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En ce 20 janvier 2009, les États-Unis d’Amérique acclameront le premier président noir de leur histoire. Je sais que de nombreux québécois auraient aimé être à Washington aujourd’hui afin de prendre part à la fête et vivre ce moment historique.

Pour ma part, je tenterai plutôt de payer une visite à la statue de Jackie Robinson, mon héros personnel, celui qui a tracé la route aux Barack Obama, rosa Parks et Martin Luther King. Vous ne pouvez pas vous tromper, c’est ce modeste bronze situé en face de l’entrée du Stade Olympique de Montréal, celui où l’on voit Jackie tendre la main à deux enfants.

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Le 15 avril 1997, 50 ans après le premier match de Jackie, toutes les équipes des deux ligues de baseball ont posé un geste unique dans l’histoire de ce sport en retirant le chandail numéro 42 de leur alignement.

Le 20 janvier 2009, le premier président noir des États-Unis d’Amérique prête serment.

Sous la neige, mon héros, Jackie Robinson sourit aux enfants.

Front de Libération des Données

Google Blog Converters 1.0 Released from Google Open Source Blog:

By J.J. Lueck, Data Liberation Front

Blog authors around the world, Google would like to remind you that it’s your blog, your data. Now that Blogger allows users the ability to export all contents of their blog, the Data Liberation team would like to announce the Google Blog Converters project. This new Open Source project provides the ability to easily move blog posts and comments from service to service. This initial release provides Python libraries and runnable scripts that convert between the export formats of Blogger, LiveJournal, MovableType, and WordPress.

In addition, the source code includes templates for hosting these conversions on Google App Engine. Future additions to the project will include support for BlogML and synchronization tools between various services that do not provide a import/export feature but do provide APIs for accessing and modifying blog contents.

We’re excited to provide this level of control for your personal blog data. Contributions to the project are always welcomed and encouraged, so check out our source code (download, 2.7 MB zipped) and let us know what you think. We look forward to your feedback in our discussion group.

 

Assassinons nos classiques avec Spike Jones

Spikejones.jpgTous les dimanche soir, en compagnie de mon collègue Christophe Huss, critique de musique classique au Devoir, j’ai le plaisir de co-animer l’émission Classique Actuel sur les ondes de CIBL. À toutes les semaines, en 90 minutes, nous proposons aux auditeurs le meilleur, et quelquefois le pire, des nouveautés classiques. Oui, le pire! Car notre émission n’est pas qu’une sélection toute bête de nouveautés. Il y a un choix éditorial que nous assumons. Les critiques sont inclues dans le prix.

L’année dernière, pour célébrer le début de la nouvelle année, nous avions concocté une émission de nanars. Un nanar, c’est une oeuvre qui se prend au sérieux, mais qui sombre dans le ridicule tellement la chose est outrageusement mal réalisée. Un navet? Pire encore. Par exemple, nous avions osé faire jouer en ondes Mary Schneider, la reine du yoddle australien, qui nous interprète à sa façon (!) les grands classiques. Une horreur, je ne vous dis pas, mais tellement drôle à écouter…

Cette semaine, pour débuter la nouvelle année sur les chapeaux de roues, Christophe et moi avons choisi (délibéremment) de concevoir une émission articulée autour de Spike Jones (voir aussi la version anglaise), un musicien des années 40 et 50 spécialisé dans les parodies musicales que Christophe et moi adorons, rien de moins.

Et que se passe-t-il lorsqu’un classiqueux comme Christophe Huss analyse avec tout le sérieux (tousse! tousse! tousse!) qu’on lui connaît les oeuvres de Spike Jones?

On assassine les classiques!

Et vous pensiez que c’est sérieux la musique classique? Pas nous. Classique Actuel est tout, sauf une émission guindée.

Au menu de l’émission de ce soir, des versions particulièrement folles et dejantées de l’ouverture Guillaume Tell, le Danuble bleu, l’opéra Paillasse, la rhapsodie hongroise, la dance des heures, Carmen, le Casse-noisette et un Schikelgruber particulièrement déjanté.

Bref, pour votre plaisir, mais surtout le nôtre, car c’est vous dire le plaisir que nous avons eu à faire cette émission, voici notre spécial annuel Classique Actuel consacré à l’oeuvre de «Spike Jones».

 

Réinventer la lecture

Mark Bernstein est un des spécialistes mondiaux de l’hypertexte. Il est un membre actif du SIGWEB, ce groupe d’intérêt spécial de l’ACM sur l’hypertexte, l’hypermedia et le Web. Il est aussi un participant régulier aux conférences Wikisym. C’est d’ailleurs à cette occasion, lors de la rencontre Wikisym-Montréal, que j’ai pu finalement rencontrer Bernstein.

Mark Bernstein est aussi éditeur. Sa société, Eastgate, publie la revue savante Tekka (qu’il faut lire, ne serais-ce que pour l’article «Do tags work?»), le logiciel Tinderbox , une application destinée à organiser et structurer de l’information, et l’outil de création littéraire StorySpace, un hypertexte orienté narration. J’avais souligné le travail de Bernstein en 2002 dans le Devoir. C’est à ce moment que nous avons commencé à échanger Mark Bernstein et moi. Mark a commis un très tripatif (™Languirand) billet sur son carnet en 2006: 10 conseils pour un site vivant (10 tips on writing the living web).

À propos de StorySpace, voici ce que j’écrivais :

Bref, Bernstein, fasciné par les concepts d’hypertexte, créa il y a quelques années de cela, le progiciel StorySpace, le seul logiciel qui, à ma connaissance, permette d’écrire de la littérature «hypertextuelle». Imaginez qu’au lieu de lire une oeuvre de façon linéaire, comme dans un livre, de la première à la dernière page, vous pouviez créer un roman ou une nouvelle, qui puisse se lire sur de multiples petites fiches cartonnées 3×5, et de façon non linéaire. À moins que ce texte demeure dans un format électronique, et qu’en plus d’être publié sur le Web, cette oeuvre puisse inclure sons et vidéos.

Bref, vous comprendrez que StorySpace est encore un produit marginal, car le nombre d’écrivains pouvant penser en mode 3D est plutôt restreint. Pourtant, plusieurs auteurs se sont frottés à l’hypertexte, et de nombreuses oeuvres sont disponibles sur le site de Mark Bernstein. Lire une véritable nouvelle «hypertextuelle» est une expérience nouvelle et fascinante bien qu’en tant que lecteur, vous deviez aussi faire quelques efforts pour habituer à cette nouvelle forme de lecture.

Alors que le livre électronique et la lecture en ligne sont de retour sous le radar, il convient de rappeler l’existence d’un outil de création comme StorySpace. Qu’il soit papier ou pixel, le livre reste un livre, avec une structure linéaire. Je lis du début à la fin. De la page 1 à la conclusion. Pourquoi le processus de lecture lui-même n’évoluerait-il pas, afin de profiter des possibilités offertes par le réseau? Il serait intéressant de mettre en les mains des natifs un outil comme StorySpace afin de voir comment ceux-ci s’approprieraient l’outil. Sûrement différemment de nous. Cela dit, des auteurs se sont mis à la tâche et se sont appropriés l’outil. Les résultats sont ici (fiction, poésie, essais).

Un bouquin en hypertexte? De tels bouquins furent même publiés sous forme papier. Un des exemples qui me revient en tête est cette collection de livres dont vous êtes le héros. De l’hypertexte adapté tant bien mal au papier. Alors qu’il eu été beaucoup plus facile d’approche en électronique.

Marie Laberge utilise le réseau et tente une nouvelle approche dans la commercialisation du livre.

Pourquoi ne pas tenter de réinventer la lecture d’un livre? Faudrait-il d’ailleurs continuer d’appeler cela un livre? Une œuvre littéraire?

Et je ne puis m’empêcher d’imaginer des reportages journalistiques réalisés avec StorySpace. Qui parlait de valeur ajoutée à l’information brute?

Mais surtout, la grande question à 5,95$, comment commercialiser des telles oeuvres?

Pas de commentaires

Rien de tel qu’une marche tard la nuit avec Gaston, l’idiot du village, pour réfléchir un peu. Le froid vivifiant qui auréole la lune d’une aura mystérieuse crée une ambiance propice à la réflexion…et à se geler les couilles. Pour finalement en venir à la conclusion qu’il n’y a rien à dire sur le billet de Christian Rioux, billet où je suis indirectement visé alors qu’il revient sur mon entrevue avec Prensky.

Ceci sera mon premier et dernier billet sur ces ridicules polémiques à chaque fois engendrées par la publication d’un texte remettant en question (en partie) la pertinence d’écrire sur Internet. Car à mon pas très humble avis, les clichés (nombreux) publiés par Rioux sont de plus en plus des anachronismes appelés à disparaître et franchement, je vous dirais qu’il est plus que temps de passer à autre chose même si certaines des vérités contenues dans le texte de Christian (car il y en a) peuvent m’inspirer. Qu’elles m’inspirent soit, mais je persiste et je signe, ceci est le dernier (et le premier) billet consacré au sujet (Note à moi-même, se souvenir de cette promesse).

Je trouve tout aussi déplorable (et à la limite franchement rigolo) les chroniqueurs blogueurs qui s’offusquent de ces propos. Ou qui montent aux rideaux à chaque fois que quelqu’un, particulièrement un journaliste, critique soit les blogues, soit le Web machin numérobis ou qu’il maîtrise mal le jargon techno. «They don’t know what they don’t know» qu’y disait. Mais que je te tombe en état de turgescence médiatique lorsque le même (ou un autre) scribouilleux appelle pour une entrevue. Soudainement, c’est l’amitié profonde qui nous unit. Ahhhhh! Bref, à ce sujet, la société de l’admiration mutuelle ne m’a pas déçue, bien au contraire. «What’s next ?», disait Bartlet.

Anecdote savoureuse, je devais parler aujourd’hui (N.B. :ce billet a été originalement écrit dans la nuit de vendredi soir à samedi) à la directrice de l’information du Devoir, Josée Boileau. Laisse un message le matin, et un second en début d’après-midi.  Finalement, Josée me rappelle dans mon auto en fin de journée. Sauf qu’elle croyait à tort que je l’appelais pour me plaindre de la chronique de Rioux. Et moi qui sur le coup, con comme un manche à balai, ne comprenait pas ou elle voulait en venir.

Après quelques minutes d’échanges, la lumière fut (doh !) et je lui ai fait comprendre qu’au contraire, j’étais très heureux d’avoir lu de la chronique de Rioux. Et d’ajouter que je lui avait écrit et que j’avais même publié un commentaire à la suite de son billet. Pour moi, un bon quotidien se doit de publier une diversité d’opinions. Ce qui a le mérite d’offrir aux citoyens lecteurs tous les outils pour se faire une tête sur tel ou tel sujet d’actualité.

Alors, «what’s next ?»