Pas de commentaires

Rien de tel qu’une marche tard la nuit avec Gaston, l’idiot du village, pour réfléchir un peu. Le froid vivifiant qui auréole la lune d’une aura mystérieuse crée une ambiance propice à la réflexion…et à se geler les couilles. Pour finalement en venir à la conclusion qu’il n’y a rien à dire sur le billet de Christian Rioux, billet où je suis indirectement visé alors qu’il revient sur mon entrevue avec Prensky.

Ceci sera mon premier et dernier billet sur ces ridicules polémiques à chaque fois engendrées par la publication d’un texte remettant en question (en partie) la pertinence d’écrire sur Internet. Car à mon pas très humble avis, les clichés (nombreux) publiés par Rioux sont de plus en plus des anachronismes appelés à disparaître et franchement, je vous dirais qu’il est plus que temps de passer à autre chose même si certaines des vérités contenues dans le texte de Christian (car il y en a) peuvent m’inspirer. Qu’elles m’inspirent soit, mais je persiste et je signe, ceci est le dernier (et le premier) billet consacré au sujet (Note à moi-même, se souvenir de cette promesse).

Je trouve tout aussi déplorable (et à la limite franchement rigolo) les chroniqueurs blogueurs qui s’offusquent de ces propos. Ou qui montent aux rideaux à chaque fois que quelqu’un, particulièrement un journaliste, critique soit les blogues, soit le Web machin numérobis ou qu’il maîtrise mal le jargon techno. «They don’t know what they don’t know» qu’y disait. Mais que je te tombe en état de turgescence médiatique lorsque le même (ou un autre) scribouilleux appelle pour une entrevue. Soudainement, c’est l’amitié profonde qui nous unit. Ahhhhh! Bref, à ce sujet, la société de l’admiration mutuelle ne m’a pas déçue, bien au contraire. «What’s next ?», disait Bartlet.

Anecdote savoureuse, je devais parler aujourd’hui (N.B. :ce billet a été originalement écrit dans la nuit de vendredi soir à samedi) à la directrice de l’information du Devoir, Josée Boileau. Laisse un message le matin, et un second en début d’après-midi.  Finalement, Josée me rappelle dans mon auto en fin de journée. Sauf qu’elle croyait à tort que je l’appelais pour me plaindre de la chronique de Rioux. Et moi qui sur le coup, con comme un manche à balai, ne comprenait pas ou elle voulait en venir.

Après quelques minutes d’échanges, la lumière fut (doh !) et je lui ai fait comprendre qu’au contraire, j’étais très heureux d’avoir lu de la chronique de Rioux. Et d’ajouter que je lui avait écrit et que j’avais même publié un commentaire à la suite de son billet. Pour moi, un bon quotidien se doit de publier une diversité d’opinions. Ce qui a le mérite d’offrir aux citoyens lecteurs tous les outils pour se faire une tête sur tel ou tel sujet d’actualité.

Alors, «what’s next ?»

5 réflexions au sujet de « Pas de commentaires »

  1. Juste à regarde le nombre de commentaire que le billet de Monsieur Rioux a produit, on voit assez bien que tu n’es pas seul à pensé ceci … que de généralité dans ce billet, désolant

    Continue le bon travail ho grand Dumais !!

  2. « La société de l’admiration mutuelle »: bien trouvé!

    Bien sûr que le billet de Rioux en était un d’humeur (maussade). Un chroniqueur doit bien rendre compte de l’air du temps. Mais il m’apparaît qu’il relate davantage l’atmosphère de changement à l’interne du journal, non? Du moins, il n’y a rien qui a changé « hors les murs » pour justifier ce billet en ce moment précis.

    J’ai pris bonne note de ses « frustrations ». Il faudrait être bouché pour ne pas voir, au-delà de la simple attaque, des points importants –peut-être les derniers à être donnés par qqun « d’extérieur »– un véritable témoignage sur le passage à un autre monde qui émerge.

    Venant de Rioux, il ne faut pas y voir que de la « simple provocation ». Mais j’y vois volontiers un chant du cygne tellement il est vrai que ce type de point de vue est devenu anachronique.

    Prensky parle de natif / immigrant (et j’ai pourfendu les malentendus que celà cause à mon avis, en d’autres lieux) et il serait facile de lui accoler l’étiquette d’immigrant mal intégré. Je ne sais pas ce que ça donnerait de plus, ni comment sortir de l’impasse. Il se traite lui-même de dinosaure . C’est trop facile de se cacher derrière cette métaphore. À travers toutes les sphères (la blogo y compris), il est loin d’avoir une tête de dinosaure…

    Mais son billet laisse peu de place au doute quant à une certaine frustration des déplacements de légitimité en cours — au Devoir comme à l’extérieur — et tu en es peut-être, en partie, la cause…

    Prensky propose de bonnes solutions; celle d’écrire dans Wikipedia, par exemple, pour stimuler les jeunes étudiants, est franchement intéressante.

    Mais on vient de prendre Rioux à faire ce qu’il reproche à cette « blogosphère de commentaires-à-travers-leur-chapeau »: juger à partir d’un seul article (le tien) et se faire une opinion.

  3. J’ai clické 2-3 fois sur le lien pour Rioux mais je n’ai pas lu son article finalement. Ni les réponses autres que les Tweets qui me rentrent dans la tête sans prévenir. Trop 2005 si j’en crois ce que j’ai vu et entendu. Je m’épargne la chose et je me suis fait la même promesse que tu viens d’énoncer donc on se préviens l’un l’autre si on triche ok?

  4. Tu écris: « Je trouve tout aussi déplorable (et à la limite franchement rigolo) les chroniqueurs blogueurs qui s’offusquent de ces propos. »

    S’offusquer? Pas tant.
    S’ennuyer? Beaucoup.
    *baillement*

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