Assassinons nos classiques avec Spike Jones

Spikejones.jpgTous les dimanche soir, en compagnie de mon collègue Christophe Huss, critique de musique classique au Devoir, j’ai le plaisir de co-animer l’émission Classique Actuel sur les ondes de CIBL. À toutes les semaines, en 90 minutes, nous proposons aux auditeurs le meilleur, et quelquefois le pire, des nouveautés classiques. Oui, le pire! Car notre émission n’est pas qu’une sélection toute bête de nouveautés. Il y a un choix éditorial que nous assumons. Les critiques sont inclues dans le prix.

L’année dernière, pour célébrer le début de la nouvelle année, nous avions concocté une émission de nanars. Un nanar, c’est une oeuvre qui se prend au sérieux, mais qui sombre dans le ridicule tellement la chose est outrageusement mal réalisée. Un navet? Pire encore. Par exemple, nous avions osé faire jouer en ondes Mary Schneider, la reine du yoddle australien, qui nous interprète à sa façon (!) les grands classiques. Une horreur, je ne vous dis pas, mais tellement drôle à écouter…

Cette semaine, pour débuter la nouvelle année sur les chapeaux de roues, Christophe et moi avons choisi (délibéremment) de concevoir une émission articulée autour de Spike Jones (voir aussi la version anglaise), un musicien des années 40 et 50 spécialisé dans les parodies musicales que Christophe et moi adorons, rien de moins.

Et que se passe-t-il lorsqu’un classiqueux comme Christophe Huss analyse avec tout le sérieux (tousse! tousse! tousse!) qu’on lui connaît les oeuvres de Spike Jones?

On assassine les classiques!

Et vous pensiez que c’est sérieux la musique classique? Pas nous. Classique Actuel est tout, sauf une émission guindée.

Au menu de l’émission de ce soir, des versions particulièrement folles et dejantées de l’ouverture Guillaume Tell, le Danuble bleu, l’opéra Paillasse, la rhapsodie hongroise, la dance des heures, Carmen, le Casse-noisette et un Schikelgruber particulièrement déjanté.

Bref, pour votre plaisir, mais surtout le nôtre, car c’est vous dire le plaisir que nous avons eu à faire cette émission, voici notre spécial annuel Classique Actuel consacré à l’oeuvre de «Spike Jones».

 

Réinventer la lecture

Mark Bernstein est un des spécialistes mondiaux de l’hypertexte. Il est un membre actif du SIGWEB, ce groupe d’intérêt spécial de l’ACM sur l’hypertexte, l’hypermedia et le Web. Il est aussi un participant régulier aux conférences Wikisym. C’est d’ailleurs à cette occasion, lors de la rencontre Wikisym-Montréal, que j’ai pu finalement rencontrer Bernstein.

Mark Bernstein est aussi éditeur. Sa société, Eastgate, publie la revue savante Tekka (qu’il faut lire, ne serais-ce que pour l’article «Do tags work?»), le logiciel Tinderbox , une application destinée à organiser et structurer de l’information, et l’outil de création littéraire StorySpace, un hypertexte orienté narration. J’avais souligné le travail de Bernstein en 2002 dans le Devoir. C’est à ce moment que nous avons commencé à échanger Mark Bernstein et moi. Mark a commis un très tripatif (™Languirand) billet sur son carnet en 2006: 10 conseils pour un site vivant (10 tips on writing the living web).

À propos de StorySpace, voici ce que j’écrivais :

Bref, Bernstein, fasciné par les concepts d’hypertexte, créa il y a quelques années de cela, le progiciel StorySpace, le seul logiciel qui, à ma connaissance, permette d’écrire de la littérature «hypertextuelle». Imaginez qu’au lieu de lire une oeuvre de façon linéaire, comme dans un livre, de la première à la dernière page, vous pouviez créer un roman ou une nouvelle, qui puisse se lire sur de multiples petites fiches cartonnées 3×5, et de façon non linéaire. À moins que ce texte demeure dans un format électronique, et qu’en plus d’être publié sur le Web, cette oeuvre puisse inclure sons et vidéos.

Bref, vous comprendrez que StorySpace est encore un produit marginal, car le nombre d’écrivains pouvant penser en mode 3D est plutôt restreint. Pourtant, plusieurs auteurs se sont frottés à l’hypertexte, et de nombreuses oeuvres sont disponibles sur le site de Mark Bernstein. Lire une véritable nouvelle «hypertextuelle» est une expérience nouvelle et fascinante bien qu’en tant que lecteur, vous deviez aussi faire quelques efforts pour habituer à cette nouvelle forme de lecture.

Alors que le livre électronique et la lecture en ligne sont de retour sous le radar, il convient de rappeler l’existence d’un outil de création comme StorySpace. Qu’il soit papier ou pixel, le livre reste un livre, avec une structure linéaire. Je lis du début à la fin. De la page 1 à la conclusion. Pourquoi le processus de lecture lui-même n’évoluerait-il pas, afin de profiter des possibilités offertes par le réseau? Il serait intéressant de mettre en les mains des natifs un outil comme StorySpace afin de voir comment ceux-ci s’approprieraient l’outil. Sûrement différemment de nous. Cela dit, des auteurs se sont mis à la tâche et se sont appropriés l’outil. Les résultats sont ici (fiction, poésie, essais).

Un bouquin en hypertexte? De tels bouquins furent même publiés sous forme papier. Un des exemples qui me revient en tête est cette collection de livres dont vous êtes le héros. De l’hypertexte adapté tant bien mal au papier. Alors qu’il eu été beaucoup plus facile d’approche en électronique.

Marie Laberge utilise le réseau et tente une nouvelle approche dans la commercialisation du livre.

Pourquoi ne pas tenter de réinventer la lecture d’un livre? Faudrait-il d’ailleurs continuer d’appeler cela un livre? Une œuvre littéraire?

Et je ne puis m’empêcher d’imaginer des reportages journalistiques réalisés avec StorySpace. Qui parlait de valeur ajoutée à l’information brute?

Mais surtout, la grande question à 5,95$, comment commercialiser des telles oeuvres?

Réfléchir autrement

Depuis quelques jours, je regarde LA politique telle que se pratique sur nos patinoires, la fédérale et la provinciale. Du côté du Québec, peut-on se dire que pas un seul joueur ne s’est encore présenté sur la patinoire, alors qu’à Ottawa, la rondelle vient à peine de tomber sur la glace que c’est déjà la bagarre générale.

Plus je regarde la politique et plus je constate que notre modèle politique est en fin de vie. Je ne vois pas le jour où une nouvelle race de politiciens pourra reprendre le modèle actuel et le faire revivre. Croyons-nous sincèrement qu’à regarder l’inaction provinciale et la foire d’empoigne fédérale où manifestement, le premier ministre Harper aura finalement réussi à ostraciser le Québec, que nous pourrons attirer des jeunes visionnaires?

Poser la question, c’est un peu y répondre.

Pourtant, ils sont là ces jeunes, ils veulent participer, mais ils ne sentent pas que le modèle actuel est pour eux. Comme ils sentent très bien que nous sommes en train de vivre une rupture. Une rupture telle que l’a décrite depuis des années mon vieux mentor, Michel Cartier. Et je me plais à croire que sa réflexion a été modestement enrichie avec quelques unes de mes idées, ainsi que celles de René Barsalo et plus récemment des analyses de John Husband, le club des quatre vieux grognons. Mais tout ceci nous porte à nous poser plusieurs questions.

Où va t-on? Quelle société voulons-nous laissez à nos enfants? Une question que tous les politiciens depuis plus de 20 ans nous posent sans jamais y répondre. Quels sont les impacts de cette rupture? Comment y faire face et apprivoiser les changements à venir?

Il y a aussi Karl qui me suggère ces questions, toutes aussi pertinentes: Comment construire et participer à la société avec nos enfants. Comment faire pour qu’ils fassent partie du système plutôt que hériter?

Bref, il faudrait peut-être aussi y répondre, aux questions. Cartier l’a fait avec ses livres et aussi le site ConstellationW. Nous avons aussi tenté de le faire humblement avec les deux conférences ConstellationW3. Mais… Voilà, il est temps de faire plus. Beaucoup plus.

*****

Ce matin, je suis tombé sur une lettre ouverte publiée dans le Journal de Montréal. Cette lettre, écrite par 5 jeunes (Alexandre Ranger, Valérie Camden, Mathilde Forest-Rivière, Dominique La Salle et Philippe Dupont) m’a particulièrement touché. Elle se voulait un appel, une main tendue vers notre génération de boomers. Pour une rare fois, il n y avait pas cette rancœur envers leurs aînés. Pas de ce discours «rat des villes» versus «rat des champs». Ni Québec, ni Montréal. Au contraire, ces jeunes nous interpellaient en nous disant, «nous reconnaissons les acquis que vous nous léguez, mais maintenant, venez nous aider à refaire le monde à notre image, de la même façon que vous l’avez fait lorsque vous étiez jeunes vous aussi.»

Lettre aux boomers.

Chers boomers, en cette période électorale, nous nous sentons obligés d’ouvrir une discussion et d’amener des réflexions. Loin de nous l’idée de créer un fossé entre générations sous forme de reproches et de préjugés mal fondés, nous voulons plutôt vous faire part de nos rêves et de nos aspirations.

Nous ne pouvons commencer sans vous remercier. Merci d’avoir construit l’État québécois que vous nous léguez aujourd’hui. En sortant le Québec de la Grande Noirceur, vous avez placé les valeurs de justice et d’égalité au premier plan. Une si belle révolution que vous avez faite !!! Un système d’éducation alors accessible et équitable, un système de santé universel, des programmes sociaux et des étatisations d’organes majeurs virent le jour. Cela a été possible parce que vous aviez la force, la conviction et la détermination pour accomplir ce projet commun. Vous avez même eu le nombre pour faire pencher la balance lors des élections des années 60 et 70. Bref, vous étiez jeunes, vous étiez beaux et vous étiez beaucoup!

Même si nous sommes constamment branchés sur le monde, notre génération rêve également pour ce cher Québec! Elle rêve d’une planète en santé, de transports en commun et d’organisation urbaine responsable. Elle rêve d’un Québec juste, équitable et ouvert, régulé par une économie coopérative à visage humain. Elle rêve de programmes gouvernementaux lui donnant les outils pour foncer vers les défis titanesques de demain. Mais aujourd’hui, alors que nous commençons à former des familles et sommes prêts à prendre des décisions pour elles, nous nous trouvons dans un gouffre. Eh oui, chers boomers, vous nous étouffez sous votre poids démographique!

Les enjeux électoraux sont tournés majoritairement vers les fonds de pension et la santé, avec des promesses alléchantes de baisses d’impôts. Votre poids électoral est si important que nous ne comptons plus lors des votes. Les enjeux qui définissent notre futur et celui des générations suivantes sont nombreux. Pour faire progresser notre Québec sur la voie du bien commun, nous devons réfléchir à chacun d’eux pour soi-même, mais également pour son voisin. C’est maintenant à notre tour de rêver et d’amener le Québec là où nous le voulons. Nous avons des idées et nous voulons les défendre, mais pour cela, vous devez nous faire confiance et nous laisser de la place. Nous ne voulons surtout pas votre silence, mais bien votre sagesse et votre écoute active.

Des rêveurs? Des naïfs que ces jeunes? Je me suis souvenu par la suite de cet autre texte (Texte complet en PDF), écrit en 2007 par Claude Montmarquette du CIRANO, quelqu’un qu’on ne pourra surtout pas accuser d’être un rêveur ou un pelleteux de nuages, et dont voici le sommaire.

Ce texte veut mettre l’économie au cœur de la discussion au Québec. Nous osons encore que très timidement mettre en cause le fameux « modèle québécois », même s’il n’a pas livré la richesse que certains lui allèguent. Le terme modèle est d’ailleurs inflationniste puisque personne en dehors du Québec ne s’en réclame. Dans la justification d’éviter ces discussions trop terre à terre pour certains de nos intellectuels et élites, comme s’il existait un gêne réfractaire bien français de discuter de la chose économique, le Québec se distinguerait des autres comme une société solidaire, accueillante, ouverte et soucieuse de l’environnement. Malheureusement, une certaine commission publique vient actuellement mettre un bémol sur cette terre d’accueil du Québec et plusieurs enquêtes statistiques mettent en doute la générosité et la tendance verte des Québécois. Nous avons passé près de 40 ans à discuter d’indépendance politique et il semble que nous soyons partis pour une décennie à discuter d’identité québécoise. Encore une autre belle raison de s’immobiliser et d’éteindre nos ambitions de richesse. Je souligne en passant que les jeunes sont absents de ce débat identitaire. Ont-ils déjà compris, ce que leurs aînés cherchent toujours à comprendre, que pour s’épanouir la croissance économique doit être au rendez-vous et si ce n’est pas au Québec, ça sera ailleurs?

Mon inquiétude est très grande en ce qui concerne notre situation économique et notre capacité à retenir nos jeunes talents. Nous sommes plusieurs à partager le sentiment qu’il est minuit moins une pour faire les choses autrement.

Il est minuit moins une pour faire les choses autrement.

Le message ne peut être plus clair, même si je ne suis pas en accord avec plusieurs des solutions retenues par monsieur Montmarquette. Il a le mérite d’arriver avec une excellente  conclusion et surtout, de tendre la main lui aussi aux générations montantes.

Mais que faire de notre côté? Que faire de mon côté pour saisir cette main tendue? Le web et les outils technologiques? Allons donc, ce ne sont que de simples outils. Mais des outils puissants. Certains n’y verrons qu’un moyen pour s’autoproclamer «kingmaker». Mais est-ce vraiment pour cela qu’il nous faut nous emparer de ces outils? Et surtout pourquoi et pour qui?

*****

Depuis peu, on se plait à citer en exemple la victoire de Barack Obama comme celle de l’utilisation parfaite des technologies. Or, dans notre paysage politique mondial, monsieur Obama est une anomalie politique.  Une anomalie qui nous force à rêver. Et un peu à désespérer lorsque nous faisons un tour d’horizon de la scène politique canadienne et québécoise.

J’aime bien aussi comment cet empêcheur de penser en rond qu’est Noam Chomsky décrit la victoire du nouveau président élu : «It’s not about people, it’s not about grassroot, it’s about Brand Obama.» C’est la victoire du Coke sur le Pepsi. La plus belle opération de marketing politique des 50 dernières années. En espérant que les actions suivront le discours. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Contrairement à cet éternel pessimiste qu’est Chomsky, ma vision est en une plus réaliste. Et je souhaite sincèrement que le Président élu Obama puisse changer profondément cette société américaine sur son déclin. Comme bien des gens, j’ai ressenti des frissons à l’écoute du discours de Chicago le soir de la victoire. Qui sait, après tout, les américains nous ont justement habitué à tant de résilience.

Bref, dans le contexte politique actuel, un quelconque Obama pourrait-il survivre au Canada ou au Québec? Ou un Nelson Mandela, cet autre anomalie politique? Difficile de ne pas faire de parallèle entre un Obama et un Mandela.

Nous avons bien eu dans le passé un Lucien Bouchard charismatique qui est parvenu à deux doigts de faire l’indépendance. Tout comme nous avons eu un Robert Bourassa, tout le contraire d’une bête charismatique, qui a su bénéficier d’un contexte social particulier pour continuer de mettre en place d’importantes réformes introduites par Jean Lesage et son équipe du tonnerre. Et qui sait si notre Obama à nous, notre anomalie politique, n’a pas été René Levesque?  Mais aujourd’hui?

Mais à ceux qui voient dans les technologies  le moyen d’être le nouveau «kingmaker», je leur répond que les technologies sont là pour mettre en valeur le contenu. Or, du contenu politique, une véritable vision pour le Québec (ou le Canada), il n’y en a pas. Je le répète, le modèle actuel est en fin de parcours. Et cela donne des chieux macareux. Édifiant n’est ce pas? Vous aurez donc beau vouloir implanter ici un quelconque «modèle Obama», il vous manquera toujours le «Yes we can».

*****

«What’s next?»

Dans ma série fétiche «The  West Wing», le Président Bartlett interprété par Martin Sheen finissait toujours par poser cette question. «What’s next?» Cela voulait dire que maintenant que tout avait été dit, il était prêt à passer à autre chose, sans regarder en arrière.

What’s next?

Comme me le disait quelques bons amis qui me veulent du mal ;-) , cesse de vouloir penser à 500 pieds, il y a foule. Il y a trop de bruit. Reviens à ce que tu faisais de mieux dans tes dernières années au Devoir,  ou avec Barsalo, Cartier et Husband, réfléchis à 100 000 pieds. Reviens au «big picture». Et tiens toi en là tout en connectant les réseaux, une de tes grandes forces.

Cette démarche que j’entreprend ne se veut donc pas un repli comme me le l’a souligné un lecteur de ce billet. Et encore moins une obligation. C’est plutôt une opportunité, une occasion de tenter de faire avancer modestement les choses à ma façon avec quelques personnes. De contribuer au changement. Parlons donc ici (merci ô généreux lecteur) de catalyseur d’opportunités.

Au cours des prochaines semaines, il y aura donc la (re)mise en ligne de ConstellationW dans sa forme originale, avec par la suite, le transfert vers une plate forme plus ouverte. Un nouveau texte signé Cartier et quelques autres sur lequel nous travaillons depuis quelques temps. Et de mon côté, je tenterai de refaire connecter des réseaux en tentant (wish me luck) de faire revivre un certain RVTI que quelques-uns ont connu du temps qu’on ne parlait pas encore du Web ou d’Internet.

Mais un RVTI différent. Un RVTI 2 qui saura s’approprier les outils actuels. Avec une vision différente et en accord avec l’époque actuelle et la rupture que nous vivions. Un  RVTI qui s’appuiera non pas sur les fameux trois pôles de Cartier. Mais plutôt sur 4 pôles. Car dans l’analyse de Cartier, je ne peux que lui reprocher une chose, celle d’avoir évacué le pôle politique. Toute analyse ne peut être complète que si ces 4 pôles sont abordés. Bref, en lieu et place d’un triangle, j’estime que ce modèle devrai plutôt prendre la forme d’une pyramide. Un modèle 3D et non pas 2D. Qui nous obligera à penser et réfléchir sur plusieurs plans simultanément.

Bref, ce RVTI (et qui sait si ce nom sera retenu ou pas) sera composé de penseurs et d’intellectuels, et réunira des jeunes et des aînés. Car il y en a marre de voir évacuer le discours des intellectuels et des penseurs.  À mon avis, c’est le moment idéal pour revenir sur la place publique.

Qui sait si cela ne pourra pas se harnacher sur un certain Citoyen Numérique ou encore nous mener à refaire des conférences ConstellationW. À prendre position sur la place publique. Je ne sais pas trop encore. Le modèle est encore flou, mais comme bien de ces jeunes natifs du numérique, faisons-le et nous verrons ensuite ou cela nous mènera. Et si ça fonctionne, tant mieux, Et si ça ne lève pas, j’aurai au moins le plaisir de me dire que j’aurai tenté le coup.

Sign off.

 

Une licence exemplaire, un modèle à suivre

C’est un micro-billet de Clément Laberge sur Twitter qui attiré mon attention sur Coté Blogue, ce nouvel espace collaboratif développé pour Archaumbault et conçu pour les cinéphiles, mélomanes et passionnés de lecture. Toute personne intéressée à écrire ne serais-ce qu’un seul billet se voit offrir un accès à l’outil de publication.

Mon côté tordu m’a immédiatement dirigé vers les conditions d’utilisation, sachant que certaines d’entre elles peuvent être assez restrictives.

Surprise, ce que j’y lis est sans contredit LE modèle à suivre et duquel tous devraient s’inspirer. Quelle est le nom cette personne audacieuse qui a renoncé à immposer les licences restrictives traditionnelles en lieu et place de licences de type Creative Commons, on ne le sait pas (bien que je m’en doute un peu). Mais on peut lui dire qu’elle est une des rares à avoir compris cette notion de partage inscrit au coeur même du concept du web 2.

Extraits des conditions d’utilisation

5. Responsabilités liées au contenu

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Lee Atwater, père spirituel de Karl Rove et de Mary Matalin

Si la politique américaine vous intéresse, vous ne voudrez pas manquer The Boogie Man, un film sur Lee Atwater, le père spirituel de Karl Rove. Bien que ce soit l’équipe de stratèges de Richard Nixon qui a «inventé» le concept de publicité négative, sachez que c’est Lee Atwater qui l’a raffiné et porté à son paroxysme durant les années Reagan et Bush père. Alors monsieur Dion, si vous désirez blâmer quelqu’un pour votre défaite, n’hésitez pas: Lee Atwater est la personne toute désignée.

Cela dit, outre Karl Rove, Lee Atwater fut aussi le mentor de Mary Matalin, elle-même conjointe actuelle de James Carville, le Ragin’ Cajun, ex stratège de Bill Clinton (vous me suivez toujours?) qui a imaginé le concept de «It’s the economy, stupid!» (à voir, le film The War Room) et qui s’est distingué comme un des meilleurs «spinners» lors de la défunte émission Crossfire sur CNN.

 

 

Quand j’entends le mot Kultur…

… je sors mon revolver.

Via Martin Lessard

Participez au grand rassemblement de protestation qui se tiendra à la SAT le mercredi 27 août 2008 à 10h30, afin de manifester votre appui contre l’abolition d’au moins 10 programmes de Patrimoine canadien et la réduction de trois autres fonds importants.
La suite dans le communiqué

D’éducation



Que les Clément Laberge, François Guité, Roberto Gauvin, Mario Asselin, Jacques Cool et tous les autres qui oeuvrent ou réfléchissent en éducation (et que j’aime lire, tout en silence) me pardonnent d’envahir leur turf, mais tout comme Clément Laberge, la lettre d’André Caron, président des Fédération scolaires du Québec m’interpelle et me porte à réfléchir sur l’éducation, et particulièrement sur l’héritage que nous voulons laisser à nos enfants.

Toute comme la présentation « Le saviez-vous » le suggère, j’ai bien l’intention de rencontrer et d’échanger avec la direction de l’école de mes enfants afin de leur demander si les classes de nos enfants, et leurs enseignants, sont suffisamment équipés pour faire face aux réalités du XXIème siècle.

Mais ensuite? Comment faire évoluer pour le mieux notre système d’éducation qui, faut-il le dire, a été considérablement malmené au cours des dernières années.

Soit, il y a les outils. Le crayon, le papier, les livres…et l’apprentissage et le partage que permettent les nouveaux outils numériques. Mais sans l’humain, sans l’enseignant qui se veut un guide, un catalyseur pour ces jeunes, ces outil ne sont que justement, des outils. Avec un simple marteau, on peut construire une simple abri à volatiles ou ériger une cathédrale. Souvenons-nous du compagnonnage, où un guide permettait à un apprenti non pas d’apprendre à manipuler bêtement des outils, mais plutôt d’inculquer à ses membres des valeurs comme l’entraide, la protection, l’éducation et la transmission des connaissances. Dans le fond, l’école ne devrait-elle pas reprendre à son compte les valeurs du compagnonnage? Je laisse aux spécialistes de ce milieu le soin d’y répondre.

Cela dit, encore une fois, que faire? Quelle pourrait être ma contribution à l’éducation de mes enfants. Je crois être présent, je surveille et j’insiste les week-end pour que devoirs et leçons soient faits, nous nous impliquons à l’école même, mais encore. Dans tout ce débat de spécialistes où nous, les parents, nous nous sentons trop souvent à l’écart, comment faire pour faire connaître nos idées?

*****

Au cours des dernières années, plusieurs parents et observateurs du milieu ont fait part de leurs inquiétudes quand à l’apprentissage du français. Il en est de même pour moi. Sans revenir aux méthodes d’antan où l’on nous apprenait en ânonnant que « Léa a bu » et « Léo est beau », il serait peut-être temps de revenir à un peu plus de rigueur dans l’enseignement de notre langue, en se servant de l’ensemble des outils mis à notre disposition. Crayon, papier, soit. Livres et outils numériques, évidemment. Mais avec plus. Ce petit plus, pourrait-on se l’approprier en regardant ce qui se fait de mieux ailleurs, et à l’adapter aux besoins de nos jeunes ici et non pas juste bêtement copier? Je pose la question. Encore une fois, je ne suis pas un spécialiste. Qu’un simple parent voilà tout. Un parent préoccupé par le leg laissé à ses enfants.

*****

Mais il n’y a pas que le français. Quid de la culture générale et aussi, de l’enseignement de l’anglais? Que l’on insiste sur la qualité de la langue parlée et écrite, je suis pour. Personnellement, je me lacère moralement jusqu’au petit linge lorsque je constate certaines de mes erreurs, souvent grossières. Mais ne sous leurrons pas, dans un monde où les frontières n’existent plus et où la notion même de fuseau horaire tend à se sublimer au profil d’une boule bleue mondialisée en activité 24 heures sur 24, l’anglais est et restera la lingua franca, l’esperanto permettant à tous les peuples de se rencontrer.

Je constate donc avec tristesse que la culture générale, l’activité physique et l’anglais sont les points faibles de notre système. Oui,je suis tout à fait conscient que les jeunes natifs du numériques veulent en apprendre plus sur un sujet, il le « google ». Mais encore. Comment leur inculquer le discernement, le sens critique, des concepts tellement essentiels et qui permettent de s’accomplir comme citoyen? Des concepts qui leur enseigneraient par exemple, que Wikipédia n’est qu’un point de départ, et non pas une finalité?

Permettez donc au parent que je suis une simple suggestion, suggestion qui pourrait, si elle s’avérait être réaliste et réalisable, faire partie de la solution globale.

J’imagine (on peut toujours rêver) un ministère de l’éducation qui reverrait de fond en comble l’enseignement lui-même, et où l’école, au cours des six premières années, serait un lieu qui reprendrait à son compte les concepts du compagnonnage (entraide, protection, éducation et transmission des connaissances) avec rigueur et souplesse tout en mettant l’emphase sur l’apprentissage de la langue française. Six années où la connaissance dans les matières de base ainsi que le « men sana in corpore sano » seraient transmis à nos jeunes. Tous nos jeunes, sans exception, qu’ils soient d’origine francophone, anglophone ou autre.

Et l’anglais me direz-vous? Et la culture générale? L’histoire? Les arts? La géographie? Soit, aucune de ces matières ne seraient négligées au cours de ces six premières années de vie. Mais j’y ajouterais une septième année. Une septième année d’immersion anglaise totale où seulement les arts, la culture générale et aussi, un cours d’introduction à la citoyenneté seraient montrés à nos jeunes. Quel bagage formidable ne laisserions-nous pas ainsi à nos jeunes? Quelle merveilleuse introduction au secondaire, au monde du travail et à la citoyenneté. Et ceci, sans nullement négliger l’enseignement des matières de base et du français durant les six premières années de vie scolaire. Honnêtement, comment dire non à ce que j’ose appeler, le meilleur des deux mondes. Et ainsi, au secondaire, on pourrait se permettre d’approfondir les connaissances acquises et qui sait, commencer l’apprentissage d’une troisième langue.

Suis-je naïf? Sans doute. J’ose à peine imaginer le quart du centième des réactions des intervenants de ce milieu advenant le dépôt sur la table d’une telle idée. Syndicat, fonctionnaires, associations diverses et monde politique, un joyeux mélange qui, à la fin, ne pourrait rien donner de bon.

Naïf? J’assume. Ce n’est pas la première fois. Ni la dernière. Mais pas question pour moi d’arrêter de rêver. Surtout quand il s’agit de nos enfants. De miens comme des vôtres. Mais il me semble Clément, et tu me permettras de t’interpeller ici, qu’une telle idée, avec celles d’autres rêveurs, s’inséreraient bien dans ce concept de cité éducative que tu as su si bien amener.. Et d’ailleurs, pourquoi parler uniquement de cité éducative? Notre pays ne devrait-il pas tout faire pour que l’éducation soit au centre de nos vies? À moins que le pays ne devienne cité.

Laissez-moi rêver s’il vous plaît. Pour mes enfants. Et les vôtres. Et ceux qui viendront.