CRTC – Lobby Culturel

Pour bien suivre les discussions en cours, qu’on me permette ce bouquet de liens menant aux billets écrits sur le sujet. Si vous en connaissez d’autres, particulièrement ceux qui prennent position en faveur d’une réglementation, faites-moi signe. Ils ont eux-aussi le droit d’avoir voix au chapitre.

Ils en parlent:

Alain McKenna
Montreal TechWatch (1)
Montreal TechWatch (2)
Martin Lessard (1)
Michael Carpentier
Le blogue du QL
Mario Asselin
Clément Laberge
The eternal tale of introspection
François
Carnet Techno
(1)
Philippe Martin
Yule Heibel (blogs.law.harvard)
Arts groups want governement to regulate the web (Robert Rocha)
Martin Lessard (2)
Michael Geist
Branchez-vous
Patrice Létourneau
Blog@Ben
Roberto Rocha
Sylvain Carle
Un groupe Facebook (AGAINST CRTC TO REGULATE THE INTERNET)
Christian Vanasse (Zapartistes)
Micheal??
Digital Thoughts
Branché sur ton iPod
Martin Lessard (3)
Martine Pagé
Burpblog
Michel Leblanc
Ptaff
Gary Lee Kenny
Avec ou sans chichi
Houblog
ClaireBu
P2PNet (1)
P2PNet (2)
Digital Copyright Canada
Le Devoir (Paul Cauchon)
La Presse (Alain Brunet)
Carnet Techno (2)
Montreal TechWatch (3)
Psssst!
Martin Lessard (4)
Patrick Lagacé

RIP CRTC

Septembre 1998. Sur le bord d’une piscine, dans un jardin, la radio virtuelle Interactif créée par René Barsalo, Bruno Guglielminetti, Robert Cassius de Linval et moi sévissait sur la toile. Cette journée là, Robert Cassius de Linval et moi avions livré aux auditeurs un brûlot intitulé «RIP CRTC» dans lequel nous anticipions l’enterrement inéluctable du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes. Malheureusement, il n’existe plus de document audio et textuel de ce texte d’opinion, que des témoins et un court extrait sur le site de Canoë. Zut!

« La réalité ne nous fait pas plaisir parce qu’elle rend la réglementation comme nous la connaissons impuissante devant les nouveaux phénomèmes technologiques. Ce qu’il faut faire, c’est commencer à préparer l’après CRTC dès maintenant. »

Blackberry: la suite

Suite à mon billet sur le Blackberry, un sympathique lecteur oeuvrant au sein de la fonction publique fédérale a voulu en savoir plus et a demandé s’il existait une politique d’utilisation des Blackberry. À moins qu’il ne se manifeste dans les commentaires, je respecte son anonymat, tout en publiant ces nouvelles directives qui ont été envoyées à tous les employés. Hop! C’est tout chaud. Merci Ô ami lecteur?. ;-)

Sécurité et gestion de l’information : appareil BlackBerry_

Afin de répondre à certaines préoccupations soulevées sur l’utilisation d’un Blackberry et de tout autre dispositif sans fil au sein du gouvernement du Canada, Monsieur Wayne G. Wouters, Secrétaire du Conseil du Trésor du Canada, demande que l’on rappelle aux employés certains principes de sécurité et de gestion saine de l’information.

Les dispositifs Blackberry et tout autre dispositif sans fil ne sont pas plus sécuritaires qu’un téléphone cellulaire normal. En conséquence, les mêmes mesures de sécurité doivent s’appliquer à leur utilisation et ils ne doivent jamais être utilisés pour communiquer ou sauvegarder des renseignements confidentiels ou de nature délicate.

Par conséquent, les employés devraient faire en sorte que les NIP (numéros d’identification personnelle) des Blackberry sont protégés de façon adéquate en n’envoyant aucun message par cette méthode et en s’assurant de ne les partager avec personne. En contournant les serveurs de courriel du ministère, ces messages contournent également les pare-feu, les systèmes de protection antivirale et les filtres de pourriels.

Gestion saine de l’information – Comme le précisent la Politique sur la gestion de l’information gouvernementale <_http://www.tbs-sct.gc.ca/pubs_pol/ciopubs/TB_GIH/mgih-grdg_f.asp_> , la Loi sur l’accès à l’information, la Loi sur la protection des renseignements personnels et la Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada, les mesures et les décisions prises par les fonctionnaires doivent être correctement documentées. Lorsque des renseignements importants sont partagés ou que des décisions sont prises au cours d’un entretien téléphonique ou d’un échange de courriels, il est sous-entendu que les parties concernées prendront les mesures nécessaires pour qu’un dossier concernant cette communication soit créé, sauvegardé et géré de façon adéquate. Dans ce contexte, les messages textuels échangés au moyen de dispositifs sans fil sont similaires à ceux transmis par voie téléphonique ou par courriel. Un dossier de cet échange peut facilement être créé en faisant parvenir une copie du message au système de dossiers du ministère.

Les messages qui sont envoyés, reçus et sauvegardés sur un dispositif sans fil sont tous assujettis à la Loi sur l’accès à l’information et à la Loi sur la protection des renseignements personnels. Dès qu’une demande d’accès est reçue en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, quiconque efface un dossier ou incite quelqu’un à le faire dans le but d’éviter de se conformer à la demande commet un acte criminel au sens de la Loi.

Des directives additionnelles à ce sujet sont disponibles auprès des collectivités de l’Accès à l’information et à la protection de la vie privée, de même qu’auprès des Coordonnateurs régionaux de la sécurité informatique.

Réjean Gravel

Dirigeant principal de l’information

Bureau du Dirigeant principal de l’information

Marx et Lénine ne sont pas branchés

Ah tiens donc. Il semble donc que de tous les partis présents sur la scène fédérale, seul le Parti Marxiste Léniniste Canadien ne soit pas sur la Toile. Pour tout le reste, pour savoir à quelle adresse sont logés les partis politiques, leurs blogues et/ou leurs podcasts, les sections spéciales de médias consacrées aux élections et quelques blogues pertinents de commentateurs politiques, on consulte le bottin Élections Fédérales 2006 du Périscope.

Mise à jour: Merci au ptaffien Miguel pour ce lien vers le site du Parti Marxiste Léniniste Canadien. Amis du Périscope, on corrige votre bottin? ;-)

Les coulisses du pouvoir : à propos du Blackberry

Les Coulisses du Pouvoir
Excellent départ de la nouvelle émission « Les coulisses du pouvoir » diffusée sur les ondes du Réseau de l’Information (RDI). À n’en point douter, cette émission sera un rendez-vous hebdomadaire de la faune politicailleuse de la maison. Que voilà du grand Radio-Canada comme on l’aime. On salive déjà en pensant au contenu de l’émission de la semaine prochaine qui suivra le dépôt du premier rapport (?, merci Éric) du juge John Gomery. Évidemment, il eut été préférable que cette émission puisse être diffusée aussi sur les ondes publiques et non pas juste sur la chaîne câblée, mais les contenus de qualité ne semblent pas être la préoccupation de l’administration actuelle de la SRC (MàJ: c’est aussi disponible sur le réseau hertzien public de la SRC). Espérons que le nouveau vice-président saura inculquer les mêmes standards qui ont fait de la Première Chaîne radio un incontournable. Bref, une bonne émission avec un sujet qui mérite qu’on s’y attarde un peu plus : le Blackberry et son impact sur les mœurs politiques.

Le Blackberry

RIM 7280

Le Blackberry, c’est cet appareil fabriqué par la société canadienne Research in Motion qui permet, outre de faire des appels téléphoniques, d’envoyer et de recevoir du courriel et d’agir comme assistant numérique personnel. Tout comme les participants à ce reportage, j’ai un Blackberry et pour rien au monde je voudrais m’en séparer.

Comme je l’avais écrit précédemment, bien que les journalistes aient découvert l’importance du Blackberry uniquement depuis la dernière campagne électorale (2004), celle de 2000 s’est aussi jouée en partie à l’aide ce petit appareil.

Rim 950

Les précurseurs, ceux qui ont contribué à faire connaître le Blackberry sont principalement l’ancien ministre John Manley ainsi que l’actuelle ministre des relations fédérales-provinciales Lucienne Robillard. Pouvoir se transporter dans le temps, vous auriez pu voir Madame Robillard, monsieur Manley et quelque autres ministres plus branchés que les autres s’envoyer à qui mieux mieux des messages durant la période de questions à la Chambre des Communes à l’aide des premières versions de Blackberry (1, 2) qui n’intégraient pas de téléphone portable.

Aujourd’hui, comme le révèle le reportage, presque tout le personnel politique ainsi que les députés possèdent un Blackberry. Le Blackberry est aussi très populaire dans la fonction publique fédérale. À Québec, selon mes observations, on penche plutôt pour l’utilisation des appareils fabriqués par Treo (Treo 600 et 650).

Donc, dans ce reportage des Coulisses du pouvoir, on a pu entendre des journalistes déclarer ce que tous savaient, à savoir que même le secret des réunions du caucus ne tenait plus, et que des messages s’envoyaient entre députés et journalistes en même temps que les discussions se tenaient, que des députés « briefaient » les journalistes sur leurs bons coups à venir sur la plancher de la Chambre.

Ce que le reportage ne vous a pas dit

En effet, le reportage ne vous a pas tout révélé les petits secrets du Blackberry. À mon humble avis, il en est un qui risque d’avoir à terme des répercussions plus profondes sur les mœurs politiques lorsqu’il sera rendu public.

Peu de personnes le savent, mais la loi d’accès à l’information permet à tout citoyen (et donc, à tout journaliste le moindrement un peu inquisiteur ou à la vérificatrice générale ou encore au commissaire d’une commission d’enquête) de faire une demande d’accès à l’information et d’avoir une copie des courriels envoyés et reçus par les serveurs du gouvernement fédéral, y compris ceux des ministres et de leur personnel politique et évidemment ceux des employés oeuvrant dans la fonction publique fédérale.

Prenez par exemple le Journal de Montréal qui, ces jours-ci, « s’amuse » à publier plusieurs articles sur les dépenses des hauts fonctionnaires de sociétés de la Couronne. Le Journal peut compter sur les services de l’ex-colonel Michel Drapeau, expert de loi d’accès à l’information, pour appuyer les journalistes dans leurs enquêtes.

Ce qui nous ramène au Blackberry. Vous vous dites sûrement, si les messages du Blackberry sont envoyés et reçus par les serveurs courriel du gouvernement fédéral, ceux-ci sont donc logiquement accessibles si quelqu’un fait une demande d’accès à l’information. Et vous avez raison, grâce à une passerelle logicielle, les courriels envoyés à une adresse courriel du gouvernement fédéral peuvent aussi être acheminés sur un Blackberry.

Toutefois, ce que peux de personnes savent, c’est qu’il existe un moyen d’échanger par Blackberry et de ne pas être soumis aux demandes d’accès à l’information.

En effet, chaque Blackberry possède aussi un PIN (personnal identification number), un numéro d’identification unique qui ne peut être assigné à un autre appareil. Un PIN (le mien par exemple étant le 32AA1E68) est une adresse unique assignée à votre Blackberry. Si vous perdez votre Blackberry et que l’on en vous donne un autre, vous aurez à avertir vos correspondants pour les signaler votre « changement d’adresse ». Car avec un Blackberry, on peut s’envoyer des courriels de PIN à PIN.

Et tous les messages qui sont envoyés de PIN à PIN transitent par les serveurs de Research in Motion.

Tous les messages qui sont envoyés de PIN à PIN ne transitent pas par les serveurs du gouvernement fédéral.

Bref, aucun des messages qui sont envoyés de PIN à PIN ne peut faire l’objet d’une demande d’accès à l’information.

Et à Ottawa, la phrase la plus souvent utilisée lorsque tu as besoin de transmettre de l’information sensible est : tu m’envoies un PIN, surtout pas de courriel. Justement parce que le courriel peut faire l’objet d’une demande d’accès à l’information, contrairement au message PIN.

Sachant que le Blackberry fait partie de la vie politique et gouvernementale fédérale depuis des années déjà, je vous laisse imaginer ce que par exemple, le juge Gomery aurait pu découvrir s’il avait pu avoir accès aux messages PIN envoyés par les principaux acteurs du scandale des commandites.

Peut-être rien, mais peut-être aussi beaucoup de choses.

Mais la seule façon de le savoir serait qu’un juge émette un sub-poena afin d’avoir accès aux messages stockés sur les serveurs de RIM. En espérant que les messages soient archivés chez RIM.

Certains pourraient aussi se demander comment il se fait que ce petit secret du Blackberry ne soit pas encore connu, ou à tout le moins rendu public. Ignorance de nombreux journaliste sur les impacts de ces appareils, sûrement, et peut-être aussi parce que cela fait bien l’affaire de certains scribes qui apprécient ce moyen de recevoir de l’information, cette enveloppe brune virtuelle, sans que de traces ne soient laissées.

Ah! Les coulisses du pouvoir!

Vous l’aurez lu ici en premier.