Bienvenue au «Conservatistan»

À lire mes deux premiers billets (1 et 2), certains m’ont fait la remarque que ma vision n’était que technologique alors qu’il n’en est rien. Croyez-moi, aussi étonnant que cela puisse paraître, l’enjeu derrière ces billets n’est aucunement techno.

Tout tourne plutôt autour des usages et du défi qu’auront à relever les écoles de journalismes et les organisations de presse à s’outiller face à cette nouvelle donne qu’est la cybersécurité et donc, de la protection des sources, des données et de ses navigations face aux nouveaux projets de loi «accès légal» qu’introduira le gouvernement Harper.

Car la véritable menace vient d’Ottawa, et non pas de Québec.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, nombre de pays de par le monde exercent une surveillance des activités des internautes sur Internet. Comme le rappelle Pierrot Péladeau dans son billet, «le Canada était, avec les États-Unis, parmi les derniers pays de la planète qui ne facilitent pas ainsi la surveillance policière des activités de leurs propres citoyens sur internet».

Était car ce lundi le 13 février, le gouvernement conservateur déposera un projet de loi intitulé « Loi édictant la Loi sur les enquêtes visant les communications électroniques criminelles et leur prévention et modifiant le Code criminel et d’autres lois ». Un projet de loi qui, au dire du juriste Pierrot Péladeau, «octroi aux services de police de nouveaux pouvoirs pour accéder aux données détenues par les fournisseurs de services Internet. Elles permettront la divulgation obligatoire des renseignements sur leurs clients sans supervision judiciaire ainsi que la surveillance en temps réel à travers les réseaux fournisseurs de services Internet. Autant de mesures jugées inutiles et dangereuses, non seulement par les défenseurs des libertés civiles, mais par bon nombre de corps policiers également».

Bref, ce lundi 13 février, on verra que ce projet de loi concerne tout autant les citoyens, les militants des droits de la personne, les intervenants politiques et aussi, les journalistes et les entreprises de presse. Et choc il y aura. Et on espère que les journalistes de partout au pays s’intéresse fortement à ce projet de loi qui représente un risque important pour la liberté de presse. D’autant plus que ce gouvernement est majoritaire, et donc, qui pourrait l’empêcher de le faire adopter à toute vapeur ? Bienvenue au «Conservatistan».

Et le quatrième billet est en route (finalement).